D’ici 2030, l’UE pourrait doubler son objectif de réduction d’émissions de gaz à effet de serre
La Commission européenne a en effet annoncé mercredi qu’elle tentera de convaincre les États membres de l’UE de doubler leurs efforts pour réduire de 40 % leurs émissions de CO2 en 2030, afin de montrer l’exemple au reste du monde dans la lutte contre le réchauffement du climat.
«Il est temps de définir nos objectifs pour 2030», a affirmé la commissaire chargée du Climat, Connie Hedegaard, au cours d’une conférence de presse avec le commissaire à l’Énergie Gunther Oettinger. Les objectifs devront «être contraignants parce que c’est la seule manière pour qu’ils soient efficaces», a d’ailleurs insisté M. Oettinger. Une consultation ouverte jusqu’au 2 juillet doit permettre de recueillir les avis et les positions des États, des entreprises et des ONG en vue de la rédaction d’un livre vert avec des propositions.
L’UE devrait s’engager à réduire ses émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre de 40 % en 2030 et porter la part des renouvelables à 25 %, selon les experts de la Commission. L’objectif pour l’efficacité énergétique doit encore être défini.
Pour le moment, l’Union européenne s’est imposé trois objectifs pour 2020 : réduire les émissions de CO2 de 20 % par rapport à leur niveau de 1990, porter à 20 % la part des renouvelables dans la consommation d’énergie et réaliser 20 % d’économies avec l’efficacité énergétique. Le plan d’actions a été vulgarisé sous le sigle «20-20-20».
Mme Hedegaard n’est jamais parvenue à pousser à 30 % l’effort de réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2020. Ses demandes se sont à chaque fois heurtées au refus d’un groupe de pays mené par la Pologne, dont l’électricité est à 95 % produite par des centrales fonctionnant au charbon, donc très polluantes.
L’Europe fait cavalier seul
L’UE est le seul bloc a s’être imposé des objectifs contraignants, font valoir ces pays. L’Europe et l’Australie constituent l’essentiel des participants de « Kyoto 2 ». Cela représente à peine 15 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le Canada a jeté tout le plan à la poubelle, tout comme le Japon et la Russie. Mais le maintien en vie du seul accord légalement contraignant doit au moins permettre d’éviter un vide avant l’entrée en vigueur d’un éventuel accord qui inclurait cette fois de gros émetteurs comme la Chine.
Les États-Unis s’en tiennent pour le moment à un objectif de réduction de 17 % par rapport à 2005. Le Canada, qui a reçu en décembre à Doha un sixième prix Fossile de l’année parce qu’il représenterait une nuisance pour les négociations en cours, a théoriquement le même objectif. Deux organismes fédéraux, dont un qui a été aboli par les conservateurs, ont toutefois souligné que la cible ne pourra être atteinte sans une approche plus musclée.
Quoi qu’il en soit, le gouvernement Harper n’entend pas s’engager davantage sans une implication de tous les gros pollueurs. «Un grand nombre de pays, depuis la signature du protocole de Kyoto, sont devenus des économies très différentes basées sur des industries différentes, a expliqué en décembre le ministre de l’Environnement Peter Kent. Et pourtant, ils s’accrochent toujours au statut de pays en développement. Je pense à des pays comme le Brésil, l’Inde et la Chine.»
En plus de se montrer réticents quant à leurs engagements de réduction des émissions, les pays développés tardent à injecter les fonds promis aux pays du Sud pour leur permettre de lutter contre les changements climatiques et de s’adapter aux effets de ceux-ci.
À Copenhague, fin 2009, la communauté internationale s’était engagée à débloquer 60 milliards de dollars d’ici 2015 et 100 milliards par an d’ici 2020. Mais les grands bailleurs de fonds que sont les États-Unis et l’Union européenne ont invoqué cette semaine leurs propres problèmes financiers pour expliquer que les coffres sont toujours pratiquement vides.
Avec l’Agence France-Presse








