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Maison du développement durable - Un pôle de développement durable à Montréal

Seul le souci du détail permet d’obtenir une certification LEED platine

La Maison du développement durable a été érigée au coût de 27 millions de dollars et financée par plus de 45 partenaires et bailleurs de fonds privés.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir La Maison du développement durable a été érigée au coût de 27 millions de dollars et financée par plus de 45 partenaires et bailleurs de fonds privés.

Inaugurée à l’automne 2011, la Maison du développement durable (MDD) est le premier bâtiment commercial du Québéc visant la certification LEED platine. Associant des performances architecturales et écologiques garantissant une qualité de vie unique à ses usagers tout en protégeant l’environnement, sur le plan du développement durable, l’édifice montréalais est l’un des plus exemplaires au monde.


Érigé au coût de 27 millions de dollars et financé par plus de 45 partenaires et bailleurs de fonds privés, le bâtiment de cinq étages qu’est la Maison du développement durable sert d’abord de siège social à ses huit organisations membres. Ayant vu le jour après une dizaine d’années de conception et de dur labeur, la MDD a pour mission d’inspirer tant les décideurs du secteur immobilier que le public.


« Le projet est né chez Équiterre, parce que nous devions déménager nos bureaux, raconte Normand Roy, chargé de projet chez Équiterre et responsable de la MDD. Nous nous sommes dit que ce serait une bonne idée de faire de ce déménagement-là un projet de vitrine écologique. Mais dès le départ, pour nous, il était important de ne pas créer un vaisseau spatial, c’est-à-dire de ne pas faire quelque chose que personne ne pourrait reproduire. Notre idée, c’était de créer le meilleur bâtiment possible en utilisant les meilleurs matériaux et technologies qui soient. »


Géothermie


Une fois l’idée lancée, pendant de longs mois, M. Roy et ses collègues se sont mis à la recherche du site idéal pour construire la MDD. Après quelques négociations qui n’ont pas porté fruit, c’est finalement Hydro-Québec qui a accepté de leur louer par emphytéose le site dont ils avaient besoin pour aménager le tout. Toutefois, parce que la société d’État a refusé de céder plus de terrain qu’il n’en fallait pour ériger le bâtiment, les concepteurs du projet ont dû faire preuve de créativité pour développer leur stratégie énergétique. « Le centre de gravité de notre stratégie énergétique, c’est la géothermie. Mais généralement, pour utiliser la géothermie, il faut du terrain, ce que nous n’avions pas. Nous avons donc décidé d’aménager notre système sous le bâtiment, ce qui est très rare », explique M. Roy.


Malheureusement pour les créateurs de la MDD, ceux-ci ont été forcés de constater que rareté rime souvent avec complexité. Installer 28 puits de géothermie de 152 mètres de profondeur sur lesquels reposerait un bâtiment de cinq étages n’a pas été une mince tâche, indique le chargé de projet.


« Puisque tout est enfoui sous le bâtiment, notre marge de manoeuvre n’était pas très grande. Nous avons investi 300 000 dollars dans ces puits-là. Il fallait que nous soyons certains de notre affaire ! Ce que nous avons fait, c’est qu’à toutes les étapes de manutention des tuyaux, et il y en a une dizaine, nous avons testé la pression en injectant de l’air. Ça a été long et laborieux, mais ça nous a permis de nous assurer que tous les tuyaux étaient fonctionnels lorsque nous avons inauguré la Maison. »


En plus de miser sur un vaste système de géothermie pour diminuer la consommation énergétique du bâtiment, les concepteurs de la MDD ont veillé à choisir une enveloppe extérieure ultraperformante.


« L’idée, c’était de réduire au maximum toutes les pertes possibles. D’abord, toutes les vitres du bâtiment sont en verre triple. À l’épo-que de la construction, c’était probablement les meilleures vitres qui se faisaient. Ensuite, l’isolation thermique est supérieure à la norme. Mais ce qui fait que l’enveloppe est vraiment hyperperformante, c’est que nous avons fait attention aux moindres détails. Par exemple, chaque vis de l’enveloppe a été traitée pour ne pas que l’air passe », souligne M. Roy.

 

Électricité et eau


Outre son système de géothermie et son enveloppe ultraperformante, la MDD compte, pour réduire sa facture énergétique, sur des planchers surélevés, lesquels permettent de diminuer la consommation d’énergie nécessaire à la ventilation du bâtiment.


« Il y a des économies d’énergie substantielles à réaliser en faisant circuler l’air climatisé par le bas. Quand on y pense, c’est logique. Pourquoi envoyer l’air neuf à partir du plafond alors que la plupart des usagers du bâtiment sont assis pratiquement toute la journée et respirent à environ un mètre du sol ? Ça n’a pas de sens. En plus, comme l’air chaud est plus léger que l’air froid, si on climatise par le haut, ça prend davantage de froid parce que l’air entre en contact avec une masse chaude et va ainsi gagner cinq degrés. En climatisant par le bas, on estime qu’on peut réduire notre facture énergétique d’environ 15 % », précise M. Roy.


À cela s’ajoute une vaste stratégie d’éclairage efficace. En utilisant des outils de gestion automatisés et en implantant des appareils avec ampoules à faible taux de mercure, les créateurs du projet ont permis de réduire de façon marquée la consommation en électricité du bâtiment.

 

Rien n’est parfait


Au chapitre de la gestion de l’eau, les concepteurs de la MDD n’ont pas ménagé leurs efforts. Doté d’un bassin servant à collecter l’eau de pluie en vue de son utilisation dans les toilettes, le bâtiment permettrait d’économiser jusqu’à 300 000 litres par an. Dans le même esprit, tous les lavabos de l’immeuble ont été équipés de systèmes d’arrêt automatique et de réducteurs de débits. Les toilettes, elles, comportent toutes des doubles chasses et les urinoirs n’utilisent aucune eau.


Malgré toutes ces technologies, le bâtiment ne fonctionne pas tout à fait comme il le devrait. Par exemple, bien que le système de géothermie ait été conçu pour combler 80 % des besoins de chauffage, il se trouve présentement en état de surchauffe. Cela pourrait s’expliquer par plusieurs facteurs, notamment une mauvaise estimation des capacités du récupérateur d’énergie à cassettes ou des performances de l’enveloppe de l’édifice, particulièrement au chapitre de l’imperméabilité et de l’impact sur les ponts thermiques. M. Roy étudie présentement les solutions possibles pour régler la situation.


Le système de récupération d’eau de pluie n’est également pas encore au point et ne permet pas d’utiliser le liquide recueilli pour alimenter les toilettes. Ce problème devrait toutefois être réglé d’ici peu.


Bref, si certains ajustements doivent toujours être apportés à la MDD, M. Roy dit tout de même mission accomplie. « Le bâtiment est devenu un pôle de développement durable à Montréal. Depuis son ouverture, on y a tenu 350 événements. C’est un lieu de rassemblement, de discussion, de catalyse du futur du Québec. Et finalement, c’est ça, le plus important. »


Fait intéressant, le centre d’interprétation de la MDD est ouvert au public. Il est donc possible de visiter les installations et d’y obtenir davantage d’informations sur les technologies utilisées.


Pour plus d’informations : www.maisondeveloppementdurable.org



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