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    Environnement - L’Europe ressent déjà les effets du changement climatique

    À quelques jours de l’ouverture de la conférence de Doha sur le climat, l’Agence européenne pour l’environnement a publié mercredi un rapport qui insiste sur les impacts déjà tangibles des changements climatiques pour l’Europe. Une situation qui devrait amplifier les inégalités sociales sur le continent.

    Le document, intitulé Changement climatique, impacts et vulnérabilité en Europe, indique que le continent connaît de plus en plus des températures moyennes plus élevées. En fait, la dernière décennie a été la plus chaude jamais enregistrée, avec des températures du sol supérieures de 1,3 °C à la moyenne de l’ère préindustrielle. Et la croissance se poursuit, alors que la communauté internationale s’est donnée comme objectif de limiter à 2 °C la hausse au cours du présent siècle. Passé ce seuil, le système climatique risquerait de s’emballer avec des effets qui accéléreraient encore fortement le réchauffement.


    Les vagues de chaleur, constate l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), plus fréquentes et plus longues, ont causé des dizaines de milliers de décès au cours de la dernière décennie. Le rapport souligne que l’augmentation prévue de ces vagues de chaleur pourrait accroître le nombre de décès qui en découlent dans les prochaines décennies. Le changement climatique intervient aussi dans la propagation de certaines maladies, qui pourraient éventuellement mieux s’adapter à certaines régions.


    L’Europe vit également une diminution des précipitations dans les régions méridionales et une augmentation de ces dernières en Europe du Nord. Élément inquiétant, l’assèchement des cours d’eau et rivières semble être devenu plus sévère et fréquent en Europe méridionale. Le débit minimal devrait diminuer notablement en été en Europe du Sud, mais aussi dans d’autres régions, à divers degrés. La fonte de la calotte glaciaire du Groenland a doublé depuis les années 1990 et plusieurs glaciers européens disparaissent de plus en plus rapidement. Ceux des Alpes, par exemple, ont perdu environ les deux tiers de leur volume depuis 1850.


    Les bouleversements du climat ont des conséquences économiques, souligne aussi l’AEE. « Ces dernières années, des événements climatiques extrêmes tels que des vagues de chaleur, des inondations et des sécheresses ont entraîné des dommages de plus en plus coûteux en Europe. L’évolution future du climat devrait augmenter cette vulnérabilité, car les événements extrêmes devraient devenir plus intenses et plus fréquents. Si les sociétés européennes ne s’adaptent pas, le coût des dommages devrait s’accentuer. »


    Le rapport souligne d’ailleurs que certaines régions seront moins à même de pouvoir s’adapter au changement climatique que d’autres, en partie à cause des disparités économiques en Europe. Les effets du changement climatique pourraient renforcer ces inégalités.


    La directrice exécutive de l’AEE a donc lancé un appel à l’action mercredi. « Le changement climatique est une réalité à l’échelle mondiale, son étendue et sa rapidité deviennent sans cesse plus évidentes. Ceci signifie que tous les acteurs de l’économie, y compris les ménages, doivent s’adapter ainsi que réduire leurs émissions. »


    Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a lui aussi sonné l’alarme mercredi en rappelant que les efforts de la communauté internationale sont encore plus loin du compte qu’on ne le pensait pour contenir le réchauffement à 2 °C et éviter un scénario catastrophe. « C’est un message de grande inquiétude que nous lançons », a déclaré le secrétaire exécutif du PNUE, Achim Steiner, lors d’une conférence de presse à Londres pour la présentation du rapport 2012 de l’organe onusien.


    Selon le PNUE, si aucune mesure d’urgence n’est prise, la hausse de la température moyenne de la planète au cours du siècle sera de 3 à 5 °C. Or, il ne faudrait pas rejeter plus de 44 gigatonnes (Gt) équivalent CO2 en 2020 dans l’atmosphère, contre environ 50 Gt par an aujourd’hui, pour espérer parvenir à l’objectif du 2 °C, a expliqué le PNUE. Mais même si les promesses les plus ambitieuses formulées par les différents États sont tenues, il y aura huit gigatonnes de trop, soit deux gigatonnes de plus qu’estimé dans le précédent rapport.


    Pour l’heure, le seul accord légalement contraignant est le Protocole de Kyoto, traité qui n’engage que les pays industrialisés à réduire leurs émissions de GES et dont l’acte II, devant s’appliquer dès 2013, doit être finalisé à Doha. Ce traité ne concerne qu’un tiers des émissions globales de GES : les États-Unis ne l’ont jamais ratifié, des pays comme le Japon et le Canada ont décidé de ne pas s’engager pour une seconde période, et enfin, il ne s’applique pas aux grands émergents, dont la Chine, qui est devenue le premier émetteur de CO2 au monde.


    Avec l’Agence France-Presse

     
     
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