Climat : la Banque mondiale redoute le pire
« Un monde à +4 °C […] déclencherait une cascade de changements cataclysmiques, dont des vagues de chaleur extrême, une chute des stocks alimentaires et une montée du niveau de la mer frappant des centaines de millions de personnes », résume la Banque mondiale, ajoutant qu’il n’y a « aucune certitude » que le globe pourra s’adapter à une telle situation.
Ce scénario, le plus sombre envisagé dans le rapport, tranche avec l’engagement pris par la communauté internationale de contenir le réchauffement du globe à +2 °C par rapport à l’ère pré-industrielle. Le niveau actuel d’émissions de CO2 « devrait porter le réchauffement climatique bien au-delà de ce seuil », assure la Banque mondiale, qui prédit une hausse de 4 °C « au cours du siècle » et « dès 2060 » en cas d’inertie politique.
« Ce monde serait tellement différent de celui dans lequel nous vivons qu’il est difficile de le décrire », déclare le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, soulignant que la responsabilité de l’homme dans le réchauffement du globe est « sans équivoque ».
Listant les dangers qui menaceraient alors la planète (inondations, sécheresses, malnutrition…), l’institution prédit une aggravation des pénuries d’eau en Afrique de l’Est, au Moyen-Orient, ou en Asie du Sud et un « rebond significatif » de la mortalité infantile en Afrique subsaharienne.
« L’intensification prévue des événements climatiques extrêmes pourrait inverser les efforts pour réduire la pauvreté, particulièrement dans les pays en développement », résume le rapport, assurant que la planète serait encore « plus inégalitaire » qu’à l’heure actuelle.
Aucune région ne sera épargnée, prévient toutefois le rapport. Les récentes sécheresses ayant frappé les États-Unis ou l’Europe de l’Est pourraient se reproduire, et l’Occident serait aussi confronté à l’afflux de populations fuyant les bouleversements climatiques.
« Il faut faire baisser la température, et seule une action internationale concertée et rapide peut y contribuer », clame la Banque mondiale, appelant à une utilisation plus « intelligente » de l’énergie et des ressources naturelles.








