Fonds de solidarité FTQ - L’économique, le social et l’environnement vont de pair
Le Fonds de solidarité FTQ traite du volet du développement durable dans son rapport annuel. De la sorte, il assure une visibilité accrue à cette dimension de ses activités, laquelle est étroitement liée à sa mission même : pour cette organisation financière à caractère syndical, il existe plusieurs aspects du développement qui sont indissociables.
Mario Tremblay remplit les fonctions de vice-président affaires publiques et corporatives du Fonds et il explique la raison pour laquelle les deux rapports sont fusionnés, comme c’est encore le cas pour le troisième qui a vu le jour : « Le message qu’on veut lancer, c’est que le développement durable et l’investissement socialement responsable ne figurent pas en marge de nos opérations : c’est tellement lié qu’on trouve important d’intégrer l’ensemble de nos performances économique, sociale et environnementale pour les livrer dans un rapport global à nos membres. »
Le Fonds utilise l’outil de référence Global Reporting Initiative (GRI), auquel il adhère, pour mieux faire et pour présenter une information plus claire sur ses engagements ; il s’attarde un instant sur un point central : « Nous ne sommes pas qu’une institution financière, même si c’est d’abord la raison de notre existence ; celle-ci s’imbrique également dans la société et elle doit rendre des comptes sur ses différentes performances. » Il fait référence à Gro Harlem Brundtland : « Elle est à l’origine du concept de développement durable et des trois aspects qu’il comporte. Au fond, il s’agit de placer le développement intégral de l’économie au coeur même de l’être humain ; or, pour y arriver, si on ne tient pas compte de ces trois dimensions d’ordre économique, social et environnemental, il y a un déséquilibre. »
La portée du message
Si le Fonds considère qu’il lui appartient de sensibiliser ses partenaires au sens large dont est porteur le développement durable dans la conduite de leurs affaires, ce concept a une portée plutôt restreinte aux yeux de plusieurs : « Il y a une première difficulté qui est d’ordre terminologique : quand on emploie cette expression de développement durable, de prime abord, huit personnes sur dix pensent qu’elle relève de l’environnement tout court ; c’est un peu dommage et je ne vois pas comment on en est arrivé là parce que les trois volets de l’économie, du social et de l’environnement vont de pair, comme l’avait fait valoir Mme Brundtland. »
M. Tremblay parle par expérience : « Cette notion s’est un peu perdue, mais une fois qu’on l’explique, les gens se montrent plutôt réceptifs, mais il faut le faire. Il y a encore un gros travail d’éducation à accomplir pour que ce développement soit vu sous tous ces angles, même celui des performances économiques : on doit regarder les états financiers d’une entreprise, son rendement, les emplois qu’elle crée et tout ce genre de choses ; pour les performances sociales, on doit aussi examiner toute sa relation avec le milieu, l’endroit où elle est située dans son quartier, on doit savoir qui sont les gens qui y travaillent et qui y vivent. Quand on aborde la question de cette façon plus exhaustive, les gens comprennent que c’est plein de bon sens. » Il ajoute toutefois : « Je dirais quand même qu’il nous reste beaucoup de travail à abattre au Québec et le Fonds de solidarité veut être l’un de ceux qui met vraiment de l’avant ce concept tripartite de développement durable. »
Un rapport plus étoffé
En utilisant la méthode GRI dans la présentation de ses interventions, le Fonds en est arrivé à améliorer la qualité de ses rapports ; le troisième en fournit la preuve : « À chaque année, on se donne des objectifs. L’approche GRI vise à l’amélioration constante et elle veut que le premier et le dernier de la classe y arrivent également. Cette année, on fait le suivi auprès de nos actionnaires par rapport à ce qu’on s’était engagé à accomplir l’an passé. Ailleurs dans le document, on présente les 27 nouveaux objectifs qu’on s’est fixés pour le futur. »
Il y a de plus quelques éléments de nouveauté qui apparaissent dans la cuvée 2012: « On a adopté cette année des lignes directrices dans un secteur minier en ébullition, ce qui est important avec tout le Plan Nord qu’on vit actuellement ici. On fait des investissements dans ce domaine, et quand on s’engagera financièrement dans une entreprise minière, on va s’attendre à ce qu’elle se dote de normes de développement durable en vertu des cinq lignes directrices en cette matière qu’on s’est données avec d’autres joueurs institutionnels. » Au nombre de celles-ci, il fait ressortir les points suivants : « Ça consiste notamment à appliquer avec diligence, dans toutes les activités d’exploration, les réglementations sur le plan de la sécurité et de la santé, à respecter celles qui ont trait à l’environnement et à avoir une communication proactive et transparente avec les communautés locales, y compris avec les autochtones et les parties prenantes. »
Il considère que le Fonds a fait un bond en avant en agissant de la sorte : « On prend donc position en tant qu’investisseur au Québec en disant aux minières qui viennent cogner à notre porte : Attendez-vous que, si on investit chez vous, on exige que vous ayez un plan contenant une approche qui respecte le développement durable. »
À partir de quoi, M. Tremblay passe à une deuxième amélioration apportée au rapport cette année : « On s’est tournés du côté de SHARE, qui est un organisme à but non lucratif basé à Vancouver ; il est spécialisé dans ce qu’on appelle le dialogue actionnarial. En tant qu’investisseur minoritaire, on en arrive avec l’aide de SHARE à fédérer un groupe d’autres investisseurs minoritaires comme nous pour mutualiser ou mettre en commun nos actions ; de la sorte, on peut, par exemple, s’assurer que des minières qui font des affaires dans des pays comme le Pérou ou le Guatemala prennent au sérieux leurs engagements à l’étranger. On se donne une force en s’alliant avec d’autres pour approcher les compagnies ; on privilégie une méthode positive, corporative, et on ne veut pas taper sur celles-ci, mais plutôt, en tant qu’actionnaires, les aider à grandir et à bien gérer certains risques. »
Le vice-président laisse finalement savoir dans le rapport que le Fonds a signé une charte portant le nom de Hedge Fund Standards Board et il fournit la raison de cet engagement : « On sait qu’il y a des hedge funds qui font des affaires un peu tout croche à travers le monde ; il y en a d’autres qui veulent être transparents, et nous, on veut investir uniquement dans ceux-ci. C’est pourquoi on a signé cette charte internationale qui s’adresse à des investisseurs en quête de transparence. »
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