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Transport maritime - Sur la seule 138, 140 000 camions passent annuellement

«On n’utilise pas la Voie maritime du Saint-Laurent à son plein potentiel»

Avec un réseau routier de plus en plus congestionné et des travaux d’infrastructures importants prévus dans les prochaines années, le transport maritime pourrait s’avérer une solution plus populaire.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Avec un réseau routier de plus en plus congestionné et des travaux d’infrastructures importants prévus dans les prochaines années, le transport maritime pourrait s’avérer une solution plus populaire.

Le transport maritime est le mode de transport le plus durable pour les marchandises. Pourtant, au Québec, il est sous-utilisé. Des préjugés tenaces et des habitudes difficiles à changer l’empêchent d’être utilisé à son plein potentiel. Des obstacles qu’il faut surmonter, soutiennent à l’unanimité les intervenants de l’industrie.


À poids égal, avec un litre de carburant, un navire peut parcourir 312 km. Pour la même quantité, un train en parcourt 181 et un camion, 75, selon les chiffres publiés par le Réseau de la Voie maritime du Saint-Laurent, citant une étude réalisée aux États-Unis. C’est également le navire qui émet le moins de gaz à effet de serre (GES), soit près de deux fois moins que le train et trois fois moins que le camion. Il permet de transporter de très grandes quantités de marchandises sur de très grandes distances : un navire de taille moyenne équivaut à environ 870 camions ou 225 wagons ferroviaires.

 

Avantages


Dans une perspective de développement durable, le navire comporte aussi des avantages socioéconomiques.


« Le recours au transport maritime permet de diminuer la congestion routière et les coûts d’entretien des routes », souligne Catherine Houle, chargée de communications à la Société de développement économique du Saint-Laurent (Sodes).


« Il y a des économies à réaliser pour la population et le gouvernement, ajoute Mélissa Laliberté, Directrice, projets et affaires gouvernementales à la Sodes. C’est un choix de société que l’on a à faire. Quand on entend les gouvernements parler de transport, on constate qu’ils misent sur la neutralité modale, c’est-à-dire qu’ils ne veulent pas favoriser un mode de transport par rapport à un autre. Dans le contexte actuel, on est rendus au-delà de ce stade. Les gouvernements doivent investir dans des solutions durables mieux adaptées à la réalité géographique du Québec, un territoire immense fondé grâce au transport maritime. »


Mais pour diverses raisons, notamment parce que la gestion des opérations de production fonctionne maintenant de plus en plus selon la méthode du flux tendu (livraison « juste-à-temps »), le camionnage est favorisé en raison de sa souplesse.


« Au cours des 20 dernières années, le camionnage a profité des échanges nord-sud occasionnés par le libre-échange avec les États-Unis et le secteur routier a connu une croissance beaucoup plus rapide que le maritime, dit Emmanuel Guy, professeur au département des sciences de la gestion et titulaire de la Chaire de recherche en transport maritime de l’UQAR. La plupart des observateurs s’entendent pour dire qu’avec les infrastructures actuelles, on pourrait mieux exploiter le transport maritime qu’on ne le fait. Dans les années 1970, les pics historiques avoisinaient les 70 millions de tonnes de marchandises par an, alors qu’aujourd’hui, on transporte environ 40 à 50 millions de tonnes annuellement par bateau. Si l’on considère toute l’expansion économique qui a eu lieu depuis cette époque, on n’utilise pas la Voie maritime du Saint-Laurent à son plein potentiel, c’est certain. »

 

Méconnaissance de l’industrie


« Les expéditeurs sont habitués à travailler avec le camion, qui est relativement simple et rapide, explique Martin Fournier, directeur général des Armateurs du Saint-Laurent. Quand la production est terminée, ils n’ont qu’à passer un appel, et quelques heures plus tard, un camion est dans la cour. La gestion du transport maritime est plus complexe, car les navires ne sont pas disponibles immédiatement sur demande. Il faut planifier davantage, une habitude que les entreprises ont perdue avec le “ juste-à-temps ”, une façon de faire qu’elles ont poussée à l’extrême. Le recours au transport maritime peut difficilement se faire dans ce cadre. »


Mais avec un réseau routier de plus en plus congestionné et des travaux d’infrastructures importants prévus dans les prochaines années, le transport maritime pourrait s’avérer une solution plus populaire, selon lui.


« L’autre problématique est que le maritime est perçu comme compliqué parce qu’il faut faire affaire avec davantage d’intermédiaires. Cela nécessite plus de contrats et plus de facturation. Mais les transporteurs maritimes ont développé des solutions de service porte-à-porte, clés en main, où ils s’occupent des intermédiaires, ce qui simplifie beaucoup les choses. Il y a un gros travail à faire en matière de communications pour faire connaître ces solutions aux entreprises, les convaincre des avantages et changer leur perception. Nous développons des outils d’information et de sensibilisation pour les différents secteurs industriels afin de les familiariser avec le fonctionnement du maritime, et nous mènerons une campagne à cet égard au cours des prochains mois. »


Les armateurs travaillent également à mettre sur pied un service hebdomadaire entre la côte nord du Québec et les grands centres. Selon une étude qu’ils ont fait effectuer, les travaux réalisés dans le cadre du développement du Nord et de la Romaine représentent un potentiel intéressant pour le transport maritime.


« Cela aiderait à désengorger la 138, où passent annuellement 140 000 camions, dit M. Fournier. Mais on se bute à une méconnaissance du transport maritime qu’il faut contrer. »


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