Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Les scientifiques se questionnent sur les liens entre Sandy et le réchauffement climatique

    Paris — La super-tempête qui touche le nord-est des États-Unis est-elle un phénomène lié au réchauffement climatique mondial? Est-elle annonciatrice des changements à venir? Ces questions ont surgi ces derniers jours aux États-Unis, alors que s'achève une campagne présidentielle qui a fait l'impasse sur l'enjeu climatique. Du côté scientifique, le lien entre le réchauffement et l'évolution des ouragans fait débat.

    «Depuis quelques années, des études suggèrent que les ouragans de forte intensité sont en augmentation», explique Fabrice Chauvin, du Centre national de recherches météorologiques de Toulouse, en France.

    Des chercheurs américains, comme Kerry Emanuel, du Massachusetts Institute of Technology (MIT), ou Kevin Trenberth, du Centre national de recherches atmosphériques (NCAR), estiment que le réchauffement de la planète, en particulier la hausse des températures à la surface des océans, est responsable d'une augmentation des ouragans meurtriers, comme Katrina en 2005.

    «Pour savoir s'il y a eu un changement ces dernières décennies, il faut pouvoir comparer les chiffres avec les observations du passé», explique Fabrice Chauvin. «Or il y a un débat sur l'utilisation de ces données: les ouragans sont recensés depuis les années 1870, mais au cours du temps, les méthodes d'observation se sont améliorées.»

    Les avions ont été utilisés à partir des années 1940 aux États-Unis, et les satellites permettent de recenser avec certitude toutes les tempêtes tropicales en formation depuis les années 1970. «Le risque est de constater une augmentation entre 1930 et 2012 qui soit en partie attribuable au fait qu'en 1930, toutes les tempêtes n'ont pas été enregistrées», explique le chercheur.

    «Nous n'avons pas assez de données quantifiées pour faire la différence entre une variabilité naturelle du climat et un effet du réchauffement lié aux activités humaines», estime de son côté Anne Leclerc, du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement à Gif-sur-Yvette, dans la région parisienne. «Nous manquons de recul pour dire qu'un phénomène comme Sandy est lié au réchauffement climatique.»

    S'il est difficile de tirer des conclusions sur les événements en cours, les modèles des climatologues permettent d'envisager des tendances pour l'avenir.

    «Il y a un consensus, d'après les modélisations, sur le fait que le réchauffement global entraînerait plutôt une baisse du nombre de cyclones, mais que ces phénomènes risquent d'être plus forts avec davantage de précipitations», explique Fabrice Chauvin. C'est en effet la différence de température entre la surface de l'océan et le haut de la troposphère qui est décisive pour leur fréquence, tandis qu'une eau plus chaude leur fournit plus d'énergie.

    «On peut dire que les événements extrêmes vont être plus fréquents et on s'arrête là!», lance Anne Leclerc. «Il faut rester prudent.»
     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel