Feu vert aux compteurs intelligents
À la lumière des audiences publiques qui ont pris fin en juillet, la Régie conclut dans un imposant rapport déposé vendredi que le projet d’Hydro-Québec est raisonnable.
Dans la phase 1, la société d’État prévoit déployer 1,7 million de compteurs dans la région de Montréal d’ici la fin de 2014. Une opération de 440,5 millions de dollars. Le remplacement de tous les compteurs du Québec, jusqu’en 2017, est évalué à près d’un milliard de dollars.
La Régie entérine les projections économiques de la société d’État, qui affirme que des économies de 201,9 millions sur 20 ans seront au rendez-vous. Elle estime également suffisantes les garanties d’Hydro-Québec voulant que le budget soit respecté. Mais « le projet est complexe et certainement pas sans risques, particulièrement sur le plan économique », ajoute-t-elle.
La Régie exige par contre une reddition de comptes plus serrée. Hydro-Québec devra, quatre fois l’an, fournir un rapport détaillant l’avancement du projet et ses coûts. La société d’État devra y expliquer tout écart à l’échéancier et au budget initiaux et prouver que les gains d’efficience sont au rendez-vous. La Régie souhaite également recevoir, d’ici un an, un bilan du plan de communication avec les clients et des statistiques sur les clients qui ont refusé l’installation de compteurs intelligents.
Aussi, la Régie suggère de laisser les clients choisir un compteur sans émission de radiofréquences, moyennant 137 $ à l’installation et des frais de 17 $ par mois.
Hydro-Québec est restée muette, vendredi. « On va prendre le temps nécessaire pour analyser la décision de la Régie de l’énergie », a simplement dit son porte-parole, Patrice Lavoie.
Santé : « sans danger »
Devant la preuve scientifique disponible, la Régie conclut que les radiofréquences émises par les compteurs intelligents ne présentent aucun danger pour la santé et que le niveau de risque « ne justifie pas l’application du principe de précaution ».
Par contre, on apprend que « la Régie a reçu une avalanche de courriels d’opposants au projet » à la suite de campagne de publicité orchestrée par le syndicat des employés d’Hydro-Québec qui le dénonçait.
Le syndicat, déçu, consultait vendredi ses avocats et dévoilera ses intentions la semaine prochaine. « Nous sommes déçus, dit son porte-parole David Labrosse, car on maintient que ce projet n’est pas rentable. On remplace des employés par une machine qui coûte plus cher qu’eux, c’est ce qui est dégoûtant. »
Option consommateur maintient également qu’Hydro-Québec a minimisé certains coûts et s’inquiète d’un possible dérapage financier.
Toujours aussi préoccupées pour la santé de la population, l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique et Stratégies énergétiques demandent que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement s’en mêle.








