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Exploitation minière - Le statu quo a assez duré, dit Québec meilleure mine

L’industrie veut mettre en place une table de concertation pour favoriser le dialogue

Après deux projets de loi qui n’ont pas abouti, deux commissions parlementaires et deux rapports du Vérificateur général sur le dossier des mines, ce n’est plus le temps de mettre sur pied une nouvelle « table de concertation » en vue de nouveaux « dialogues » et « échanges d’information » destinés à générer de nouveaux « consensus » sur un hypothétique « développement minier durable », un oxymore puisque, par définition, les mines, ça s’épuise irréversiblement !

« C’est plutôt le temps d’agir et de poser des gestes concrets », poursuit avec verdeur Ugo Lapointe, le porte-parole de Québec meilleure mine, en réaction à la position énoncée en fin de semaine par l’industrie minière à la suite du rapport de l’Institut du Nouveau Monde.


« En proposant une table de discussion, on a surtout l’impression que l’industrie cherche à nouveau à faire durer le statu quo et à retarder encore une fois toute forme de changements dans les lois actuelles, comme la vieille Loi sur les mines, qui a déjà fait l’objet de deux projets de loi avortés. L’industrie a-t-elle des changements concrets à proposer pour resserrer les lois actuelles ou souhaite-t-elle gagner du temps ? Le public doit savoir où elle loge sur cette question. Après cela, on verra s’il est toujours pertinent de parler d’une table de discussion », poursuit Ugo Lapointe.


Pourtant, ajoute ce dernier, le bilan de l’INM est clair et on doit se demander si la dernière proposition des industriels n’est pas une tentative de le diluer par une nouvelle démarche. Avant d’aller plus loin, dit-il, l’industrie devrait dire clairement si elle reconnaît, comme le bilan de l’INM, qu’on doit revoir les « pouvoirs indus » dont elle bénéficie avec la vieille loi ; si elle accepte l’idée d’un plus grand contrôle environnemental de ses activités et la nécessité d’accorder la priorité à l’acceptabilité sociale plutôt qu’au free mining ; ou encore si elle accepte l’idée qu’il y ait plus de transparence dans les redevances payées par chaque mine et qu’on mette en place un Fonds souverain pour les générations futures.


De son côté, la directrice générale de l’Association de l’exploration minière du Québec, Valérie Fillion, a dit regretter cette position « intransigeante » de Québec meilleure mine. C’est leur choix, dit-elle, d’adopter une « vision négative » sur les conclusions de la tournée de l’INM alors qu’il serait possible de mettre la table pour un bon débat avec les élus, puisque ce sont eux qui devront trancher en dernière analyse après avoir procédé aux arbitrages nécessaires. Elle impute à des « mythes » et à des « perceptions » plutôt qu’à des faits avérés certains éléments du bilan de l’INM, ce qui laisse de la place, dit-elle, pour un exercice plus serré.

 
 
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