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Libre opinion - Défendre le messager, mais occulter la vérité

25 septembre 2012 | Patsy Thompson - Directrice générale de l’évaluation et de la protection environnementales et radiologiques de la Commission canadienne de sûreté nucléaire | Actualités sur l'environnement

Immédiatement après la diffusion du documentaire Gentilly or Not To Be, David Suzuki a livré dans les pages du Devoir un plaidoyer passionné à l’appui des efforts du Dr Notebaert pour lever le voile sur les « véritables » répercussions de la centrale nucléaire de Gentilly-2 sur la santé des résidants de la communauté.


M. Suzuki défend le Dr Notebaert, car celui-ci fait partie de son « cercle scientifique », groupe dont la mission est de renforcer la place de la science dans nos débats publics sur les questions d’environnement. Il s’agit là d’une noble mission, et je suis entièrement d’accord avec le fait qu’il faut prendre des décisions fondées sur la science, à condition que celle-ci soit solide.


Les critiques formulées à l’endroit des arguments du Dr Notebaert ne découlent pas de l’importance statistique ou de l’insuffisance de celle-ci. Elles sont plutôt basées sur le fait qu’il choisit de n’utiliser que quelques études (la plupart discréditées à l’échelle internationale en raison d’anomalies d’ordre méthodologique) pour justifier ses propos. Il ignore sciemment les nombreuses autres études épidémiologiques et les centaines d’études expérimentales bien contrôlées qui vont à l’encontre des conclusions qu’il a retenues.


Une approche axée sur le poids de la preuve, qui repose sur des critères reconnus et bien établis, constitue le fondement de bons travaux scientifiques lorsqu’il s’agit d’étudier les effets de tous les contaminants environnementaux, pas seulement ceux de la radiation. Au cours des dernières décennies, les scientifiques qui suivent cette approche rigoureuse ont participé à des débats publics et à l’élaboration des politiques publiques sur toutes les grandes questions environnementales. La population a le droit de s’attendre à la même rigueur lorsqu’il est question des effets de la radiation sur la santé.

 

Deux autres précisions


La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) ne prend pas position quant aux activités commerciales d’Hydro-Québec et des politiques énergétiques de la province du Québec. Elle a pour unique mandat de réglementer l’utilisation de l’énergie et des matières nucléaires afin de préserver la santé et la sûreté des personnes et de l’environnement.


Elle assure la réglementation à l’aide du principe de précaution en s’appuyant sur la science pour déterminer les limites de dose et de rejet afin de protéger les personnes et l’environnement. Grâce à sa réglementation rigoureuse des émissions radioactives des installations nucléaires, les concentrations de tritium dans l’eau potable en périphérie de Gentilly-2 sont inférieures au critère de 15 Bq/l de la Californie.


Je tiens à rassurer vos lecteurs : le personnel de la CCSN joue un rôle de premier plan dans la réalisation d’études scientifiques relatives aux effets sur la santé et le comportement de la radiation dans l’environnement, y compris ceux du tritium.


J’invite vos lecteurs à consulter les publications scientifiques évaluées par des pairs, les documents d’information publics ainsi que les fiches d’information qui sont affichés sur notre site Web (suretenucleaire.gc.ca).

 
 
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