Gaz de schiste: l’exemple québécois
Le Québec a ouvert la voie à la mobilisation mondiale contre l’exploitation de la ressource, selon l’AQLPA
« Il y a beaucoup de pays, dont la France, qui se sont inspirés de ce qui s’est passé au Québec », affirme l’environnementaliste qui a été le tout premier au Québec à lever le voile sur les dangers liés à l’industrie du gaz de schiste et à réclamer un moratoire. « Ils ont vu la résistance qui se faisait ici, au Québec, et ça s’est répandu comme une traînée de poudre. »
Le Québec - et plus particulièrement l’AQLPA - a également été un acteur de premier plan dans la concrétisation d’un réseau de résistance mondiale aux gaz de schiste. C’est à Rio, pendant le Sommet des peuples qui se déroulait en parallèle à la conférence Rio + 20 des Nations unies au mois de juin, que se sont rencontrés une poignée de groupes québécois, européens et américains pour faire du 22 septembre la journée internationale contre la fracturation hydraulique. Grâce au Web, ils ont été chercher des appuis un peu partout sur la planète et quelque 40 pays ont participé samedi à cette journée de lutte mondiale.
« La communauté internationale se réveille suite à la stratégie internationale des gazières et pétrolières de prendre tout le monde de vitesse, incluant les gouvernements et les citoyens, au mépris même de leur sécurité », affirme André Bélisle.
Au Québec, l’événement coïncidait avec l’assemblée annuelle du Regroupement des comités de citoyens opposés au gaz de schiste qui avait lieu à Drummondville. Près d’une centaine de comités de citoyens et une dizaine d’organisations, y compris des gens de la Gaspésie qui s’opposent à l’exploitation du pétrole de schiste, se sont donc réunis à Drummondville pour une « manifestation symbolique », selon André Bélisle. Il a profité de l’occasion pour féliciter le gouvernement de Pauline Marois qui a « respecté son engagement » en réaffirmant sa volonté d’imposer un véritable moratoire sur l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste. « Nous accueillons cette annonce avec beaucoup de satisfaction, mais nous ne serons satisfaits que lorsqu’il y aura un décret officiel attestant du moratoire », affirme-t-il, prudent.
Quant à la déclaration de Lucien Bouchard, président de l’Association pétrolière et gazière du Québec, qui affirmait vendredi que le PQ « sème la confusion » en voulant imposer un moratoire, André Bélisle ne mâche pas ses mots : « Lucien Bouchard manque de classe de façon gênante. Il ne peut pas prétendre défendre les intérêts du Québec, il est payé par l’industrie et travaille pour les intérêts des compagnies. Il défend l’intérêt de l’industrie, pas celui des Québécois. »
De son côté, Serge Fortier, coordonnateur du Regroupement interrégional gaz de schiste de la Vallée du Saint-Laurent, dit avoir hâte, pour une fois, de « travailler avec, et non pas contre, le gouvernement », ce qui représente un changement majeur pour les comités de citoyens qui concentreront désormais leurs efforts à discréditer le travail du lobby de l’industrie. « Les militants ont l’impression que leurs efforts mènent à quelque chose de positif, mais nous allons rester vigilants, parce qu’il y a une différence entre vouloir faire quelque chose et être capable de le faire ». Il espère que, pour cette fois, tous les parlementaires vont unir leur voix pour mettre un terme définitif à l’exploration et à l’exploitation des gaz de schiste.








