Les écologistes se pincent
Les groupes écologistes québécois, du moins la plupart, se pinçaient hier pour s’assurer qu’ils ne rêvaient pas avec la nomination de deux ministres issus du milieu écologiste québécois.
Martine Ouellet, nommée aux Ressources naturelles, est une ancienne présidente du groupe Eau Secours !, qui a milité contre la privatisation des services municipaux et les faibles redevances sur l’eau. Daniel Breton, à l’Environnement, est un fondateur de la Coalition vers Kyoto, initiateur de la première grande manifestation écologiste contre le Suroît et défenseur d’une plus juste répartition des fonds gouvernementaux entre les groupes. De plus, soulignaient plusieurs leaders écologistes, le tandem Ouellet-Breton mettra fin à des années de rivalités entre les deux ministères. Enfin, Scott McKay, l’ancien chef du Parti vert, devient responsable des parcs et surtout de la faune, qui est réintégrée à l’Environnement après des années d’errance.
Certains qui ont eu des frictions notoires avec Daniel Breton, comme Équiterre ou le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement (RNCREQ), mettaient diplomatiquement l’accent sur les engagements du PQ dans les dossiers chauds. Le porte-parole d’Équiterre, Steven Guilbeault, soulignait hier la « longue feuille de route » en environnement du ministre Breton. Mais, la semaine dernière, dans une réunion du groupe Action Climat, un des représentants d’Équiterre émettait devant tous des réserves sur sa capacité de piloter un ministère. Du côté du RNCREQ, le directeur général, Philippe Bourke, reconnaissait avoir eu des différents « sur les stratégies » avec Daniel Breton, mais, disait-il, jamais sur les objectifs environnementaux.
Au Conseil patronal de l’environnement, la présidente, Hélène Lauzon, tout en louant «l’expérience et la connaissance des dossiers» des deux ministres, ajoutait : « On va devoir collaborer avec eux. On leur fera part de la réalité des entreprises. »








