Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Évaluation environnementale: le pétrole sera pris en compte

    Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir
    Le comité mandaté par Québec pour étudier le gaz de schiste aura beaucoup plus de travail que prévu puisqu’il devra aussi se pencher sur l’industrie pétrolière qui se développe actuellement au Québec, et ce, avec les mêmes ressources et le même échéancier. Et même si on ignore les impacts de cette filière, le comité ne peut restreindre les activités des entreprises qui forent présentement des puits à la recherche d’or noir.

    En avril dernier, Le Devoir révélait que le comité qui dirige l’évaluation environnementale stratégique (EES) sur le gaz de schiste n’avait pas prévu d’étudier la question pétrolière dans le cadre de ses travaux, à moins que les entreprises utilisent la fracturation hydraulique. Une porte-parole du ministre Pierre Arcand avait alors répliqué que le gouvernement tenait pour acquis que le comité se pencherait aussi sur l’exploitation de l’or noir québécois.


    Trois mois plus tard, le président du comité qui dirige l’évaluation environnementale stratégique (EES), Robert Joly, a finalement expliqué hier au Devoir comment il entendait inclure la filière pétrolière dans les travaux. « On s’est dit, a priori, que probablement qu’une partie des études prévues pour le gaz de schiste pourrait s’appliquer aussi au pétrole, dans la mesure où on parle d’hydrocarbures. Il y a des équipements et des méthodes qui sont semblables », a-t-il indiqué.


    Une fois que le comité aura en main les études déjà commandées, il décidera s’il a besoin de davantage d’information. Est-ce que les entreprises actives au Québec devront fournir systématiquement des détails sur leurs activités ? « On a la possibilité de poser des questions aux compagnies pour obtenir des réponses, si on en a besoin », a soutenu M. Joly. Pétrolia a dit cette semaine que les opérations menées par l’entreprise ne sont pas soumises aux travaux de l’EES.


    Le comité abordera surtout la fracturation hydraulique, une technique à laquelle les pétrolières Junex et Pétrolia pourraient bien recourir, notamment en Gaspésie et sur l’île d’Anticosti. Comme cette méthode d’extraction n’a jamais été utilisée au Québec, M. Joly a précisé que son équipe se basera sur ce qui a déjà été fait ailleurs. « Ce sont des techniques assez bien connues et décrites ailleurs. On a de l’information sur la façon dont ça se passe, sur la technique. Nous, notre défi, c’est de mettre ça dans le contexte du Québec. Même si ça ne s’est pas fait chez nous, il faut essayer de transposer ça dans notre contexte. » Qui plus est, le comité devrait étudier les impacts sociaux de l’implantation de cette industrie lourde.


    Même si le dossier pétrolier vient alourdir considérablement le mandat accordé au départ au comité de l’EES, son président a expliqué que les ressources et l’échéancier demeuraient les mêmes. « On va travailler en fonction de l’échéancier actuel et des ressources qu’on a en ce moment. On va tout faire pour respecter cet échéancier. » Le rapport final doit être terminé en novembre 2013.


    Entre-temps, les pétrolières qui font des forages exploratoires traditionnels pourront continuer leurs opérations librement. Pétrolia entend forer trois nouveaux puits uniquement cette année, dont un horizontal. Junex mène présentement un nouveau forage dans le secteur de Gaspé et envisage d’utiliser la fracturation au cours des prochaines années.


    Le gouvernement Charest a déjà décidé d’investir des fonds publics dans Junex et dans Pétrolia. M. Joly estime néanmoins que le comité aura la possibilité de recommander l’interdiction de l’exploitation pétrolière si les risques sont trop élevés.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.