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    Les parcs nationaux en péril

    La Société pour la nature et les parcs redoute les conséquences des coupes budgétaires

    Au parc Forillon, une trentaine de postes liés à l’interprétation et à la mise en valeur sont touchés par les compressions.
    Photo: Parcs Canada Au parc Forillon, une trentaine de postes liés à l’interprétation et à la mise en valeur sont touchés par les compressions.
    L’avenir des parcs nationaux canadiens est en péril en raison notamment des importantes coupes budgétaires, estime la Société pour la nature et les parcs (SNAP) dans son dernier rapport dont Le Devoir a obtenu copie.

    « Avec les coupes annoncées dans les suivis scientifiques et la surveillance, ça devient très épeurant [pour l’avenir de nos parcs nationaux] », dénonce Sylvain Archambault, responsable des aires protégées et de l’utilisation du territoire pour la SNAP Québec.


    Selon les chiffres obtenus par l’organisme, Parcs Canada est en voie d’éliminer 638 postes à l’échelle du pays. « Cela signifie que près de 30 % des scientifiques et des techniciens qui travaillent à restaurer et à surveiller la santé écologique des parcs nationaux fédéraux perdront leur emploi », précise l’écologiste.


    Ces compressions budgétaires fédérales causeront, selon la SNAP, une baisse significative des activités de recherche scientifique et de surveillance essentielles à la protection des parcs. « Il faut parler d’intégrité écologique, car les parcs nationaux ne sont pas une bulle de verre. Chaque parc a des problèmes avec des espèces envahissantes et la pollution provenant de l’extérieur. Il faut absolument faire un suivi, sans quoi nous allons perdre le contrôle. »


    Le militant donne l’exemple du wapiti, qui a envahi la ville de Banff en Alberta ces dernières années. « Avec les suivis, nous avons découvert que les corridors d’accès pour les prédateurs avaient été bloqués. Nous avons restauré ces corridors de migration et le problème s’est réglé. »


    Les coupes budgétaires représentent, selon lui, le principal problème. Mais ce n’est pas le seul. Et les menaces qui planent sur les parcs vont en grandissant avec le développement de projets pétroliers dans le golfe du Saint-Laurent. « De nombreux parcs nationaux fédéraux ou québécois se trouvent en bordure du golfe et risquent d’être affectés par l’industrie pétrolière », peut-on lire dans le rapport qui compte une dizaine de pages.


    La SNAP déplore qu’un permis d’exploration ait été accordé à une compagnie pétrolière juste en face du parc national de Gros-Morne, à Terre-Neuve. Même chose pour le site Old Harry, où des forages pourraient avoir lieu d’ici 2015.


    Ici, au Québec, la SNAP critique le projet de mine aurifère Matoush, à proximité du parc national Albanel-Témiscamie-Otish. « Toutes ces activités peuvent avoir des impacts importants sur nos parcs », déplore Sylvain Archambault.


    Il dénonce également les centres de ski qui se développent en plein coeur de certains parcs canadiens, de même que les frontières mal définies qui ne tiennent pas compte des écosystèmes. « Sur la côte de la baie d’Hudson, on a oublié d’intégrer dans le projet la rivière Nastapoka, où l’on retrouve les seuls phoques communs d’eau douce au monde ! »


    Pour Sylvain Archambault, les problèmes sont connus depuis longtemps, mais chacun gardait espoir de les régler un jour. Or, force est de constater que les erreurs se répètent année après année, déplore-t-il. « C’est comme si on n’apprenait jamais… »













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