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Derrière le symbole, à quoi s’attendre concrètement?

«Nous espérons que Rio + 20 relancera les négociations internationales en matière d’environnement»

Il sera énormément question d’économie verte, de développement durable et d’éradication de la pauvreté à Rio + 20. Qu’en est-il des questions écologiques pures et dures ? Tour d’horizon avec deux groupes écologistes : Greenpeace et Équiterre.

On cherchait l’optimisme dans les bureaux montréalais de Greenpeace, à moins de deux semaines de Rio + 20. « Nos attentes sont assez basses », indique d’emblée Catherine Vézina, coordonnatrice des communications chez Greenpeace.


« La conférence de Copenhague sur le climat a été un échec, ajoute-t-elle. La dernière conférence, à Durban, a aussi été un échec. Toutefois, la conférence Rio + 20 demeure intéressante à nos yeux, puisque nous croyons à son poids symbolique. Nous espérons que Rio + 20 relancera les négociations internationales en matière d’environnement. C’est l’occasion de lancer un nouveau départ. »


Un des thèmes principaux de Rio + 20 est « Une économie verte dans le contexte du développement durable et l’éradication de la pauvreté ». Le second est « Le cadre institutionnel pour le développement durable ».


Faut-il en conclure que l’environnement pur et dur est laissé pour compte ?« À l’intérieur du concept de développement durable, le volet écologique est très important », affirme Steven Guilbeault, porte-parole d’Équiterre.


« Aussi, en choisissant pour thème l’économie verte, ajoute-t-il, je crois que l’ONU veut voir comment le secteur privé peut être mis davantage à contribution. »


Il remarque un véritable engouement dans les entreprises pour différents aspects de l’économie verte. « Il y a énormément de choses qui se font, que ce soit au niveau de l’efficacité énergétique, des procédés, de la qualité de l’eau et de l’air, de la production d’aliments de meilleure qualité. C’est un secteur qui connaît un important taux de croissance », remarque-t-il.


Catherine Vézina ne croit pas à des avancées concrètes dans le domaine à Rio + 20.


« Déjà, on sait que les gens ne s’entendent pas sur la sémantique. Pour certains, l’économie verte signifie qu’il faut limiter la croissance. Pour d’autres, cela signifie une économie au service de l’environnement et de la société », remarque-t-elle.


Biodiversité en haute mer


À Rio + 20, Greenpeace portera énormément d’attention aux discussions concernant un accord sur la gouvernance de la biodiversité en haute mer.« Concrètement, c’est ce qui nous intéresse particulièrement à Rio +20, indique Catherine Vézina. Nous croyons que c’est possible que les pays en arrivent à un accord. »


Les eaux internationales sont ces eaux situées entre plusieurs pays. « Dans ces eaux, c’est le Far-West ! Il n’y a pas de législation, donc cela laisse libre cours à d’immenses navires qui vont pêcher dans ces eaux sans aucune surveillance ni comptabilisation de ce qui y est pêché. L’accord sur la gouvernance de la biodiversité en haute mer vise à mettre fin à cette situation en encadrant les pêcheries », explique Catherine Vézina.


Greenpeace profitera également de la tribune de Rio + 20 pour tenter d’attirer l’attention sur l’Arctique. « Nous pensons que c’est une zone-clé pour les années à venir. On sait qu’il y a des projets de développement pétrolier en haute mer, alors que l’Arctique est une zone extrêmement riche en matière de biodiversité », affirme la coordonnatrice des communications chez Greenpeace.


La gouvernance


Il sera donc énormément question de gouvernance à Rio + 20. « Comment apprendre à mieux travailler ensemble au niveau international ?, questionne Steven Guilbeault. On ne fera pas de bilan officiel, par exemple concernant la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques ou la Convention sur la diversité biologique. Par contre, je crois que, si on souhaite être sérieux dans le désir de faire avancer la gouvernance, il faudra parler de ce qui va et de ce qui ne va pas. Pourquoi les négociations sur les changements climatiques n’avancent-elles pas ? On devra aborder ces questions à Rio + 20. »


Greenpeace souligne pour sa part la possibilité que le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) soit transformé en agence spécialisée.


« Ce programme n’a pas accès au budget de base de l’ONU, mais à des contributions financières volontaires des États. On s’attend à ce que les pays s’entendent pour renforcer le PNUE et lui donner le statut d’agence spécialisée à Rio + 20. Cette transformation serait importante, puisqu’elle permettrait de coordonner les grands enjeux écologiques à l’échelle internationale », explique Catherine Vézina.


Commerce équitable


Steven Guilbeault a aussi bon espoir qu’il sera question de commerce équitable. « Comment avoir une économie à visage plus humain à l’échelle mondiale ? Comment faire du développement économique à la fois responsable des populations et de l’environnement ? Le commerce équitable a connu une croissance importante. On trouve maintenant des produits équitables dans les épiceries, alors qu’auparavant on devait aller dans des endroits spécialisés pour en trouver. On en est à se demander maintenant ce qu’on peut faire pour rendre le commerce équitable encore plus important », affirme Steven Guilbeault.


Équiterre organisera d’ailleurs, avec des partenaires internationaux, deux ateliers à Rio + 20 sur la question des labels.


« Il y a des labels pour les produits équitables et d’autres pour les produits biologiques, indique-t-il. Il y a aussi celui pour le bois et le papier certifiés FSC (Forest Stewardship Council). Il y a le label ISO, il y a le label pour les appareils ménagers qui ont une bonne efficacité énergétique. Nous voudrions trouver des façons d’aller vers une certaine uniformisation à l’échelle internationale. »


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