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GES : vers une hausse critique des températures

L’écart qui sépare l’humanité de son objectif officiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2020 s’agrandit au point qu’il est désormais plausible que la hausse de la température terrestre augmente de 3,5 degrés en moyenne, selon trois organismes scientifiques qui ont passé en revue le bilan des différents pays inscrits cette semaine à la conférence sur le climat de Bonn.

Ces trois organismes, regroupés au sein de la coalition Climate Action Tracker, sont Climate Analytics, Ecofys et l’Institut de Potsdam sur la recherche climatique.


Ils estimaient hier que « plusieurs gouvernements ne semblent pas appliquer les politiques censées leur permettre d’atteindre leurs objectifs de réduction de GES, ce qui pourrait augmenter, plutôt que resserrer, l’écart entre les émissions réelles et les objectifs de réduction qui permettraient de contenir l’augmentation de la température terrestre entre 1,5 et 2 degrés Celsius ».


Selon le Groupe international d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), le seuil d’augmentation critique de la température moyenne du globe se situe à 2 degrés. Au-delà, il y a un risque sérieux que le phénomène s’amplifie de lui-même et que la communauté internationale en perde le contrôle.


Selon l’analyse des politiques nationales présentées cette semaine à Bonn, « il est clair qu’il y a un écart important entre les émissions réelles et ce que la science suggère » pour contrôler la hausse du climat, poursuivent les trois organismes. L’écart croissant qu’ils prévoient pourrait être d’ailleurs plus important que celui prévu dans un récent rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Selon le PNUE, les engagements volontaires des différents pays de la planète dans l’entente de Copenhague hausseraient les émissions d’origine anthropique annuelles à 53 milliards de tonnes de GES (Gt), alors qu’il ne faut pas dépasser 44 gigatonnes pour stabiliser la hausse à 2 degrés.


Seuil de sécurité


Selon le Climate Action Tracker, les retards qu’accusent présentement certains pays pourraient plutôt faire en sorte que les émissions anthropiques atteindront 55 Gt par an en 2020, soit 11 Gt de plus que le seuil sécuritaire.


Parmi les facteurs qui expliquent cette hausse supplémentaire, le groupe note que si les États-Unis ont une bonne performance en raison de la récession économique, leurs normes sur les émissions des grands émetteurs, en particulier les centrales thermiques, sont relativement inefficaces, de l’aveu même de l’Agence de protection de l’Environnement (EPA) des États-Unis. Le Brésil pourrait aussi déroger de ses objectifs si sa présidente approuve aujourd’hui le nouveau code forestier qui pourrait relancer la déforestation. Quant au Mexique, il semble en voie d’atteindre seulement 12 % de ses objectifs et personne ne sait si le Japon va remplacer son parc nucléaire par de nouvelles centrales au gaz ou par des énergies renouvelables.

 
 
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