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    Accurso planifie la construction d’une cimenterie sur la frontière Ontario-Québec

    Rien n’empêcherait la société Simard-Beaudry, deuxième actionnaire de Colacem et de Bertrand Construction L’Orignal, de s’établir en Ontario même si Simard-Beaudry et Louisbourg Construction, deux sociétés de Tony Accurso, ont vu leurs licences suspendues par la Régie du bâtiment du Québec pour cause de fraude fiscale.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Rien n’empêcherait la société Simard-Beaudry, deuxième actionnaire de Colacem et de Bertrand Construction L’Orignal, de s’établir en Ontario même si Simard-Beaudry et Louisbourg Construction, deux sociétés de Tony Accurso, ont vu leurs licences suspendues par la Régie du bâtiment du Québec pour cause de fraude fiscale.
    L’homme d’affaires québécois Tony Accurso planifie avec des bailleurs de fonds italiens et la multinationale Simest SPA, tous réunis dans la société Colacem Canada Inc. dont il est le vice-président, la construction d’une cimenterie d’une capacité de 3000 tonnes par jour à L’Orignal, une petite municipalité rurale située du côté ontarien de la rivière des Outaouais en face de Pointe-aux-Chênes du côté québécois.

    La cimenterie, qui alimenterait son four au charbon - un combustible riche en mercure -, évacuerait ses émissions par une cheminée de 287 pieds, qui les dirigerait la plupart du temps du côté québécois, vers Lachute, en raison des vents dominants. Elle serait vraisemblablement construite par la société Bertrand Construction L’Orignal, qui a aussi pour vice-président Tony Accurso, à la suite d’une fusion de cette société avec Colacem Canada Inc.


    Rien n’empêcherait en effet la société Simard-Beaudry, deuxième actionnaire de Colacem et de Bertrand Construction L’Orignal, de s’établir en Ontario même si Simard-Beaudry et Louisbourg Construction, deux sociétés d’Accurso, ont vu leurs licences suspendues par la Régie du bâtiment du Québec pour cause de fraude fiscale. Tony Accurso a récemment été accusé en vertu du Code criminel à la suite d’une opération de l’Unité permanente anticorruption.


    C’est l’automne dernier que les citoyens de L’Orignal ont appris l’existence de ce projet. Colacem avait alors planifié une réunion d’information à la salle des Chevaliers de Colomb locale, convoquée par carte postale, deux ou trois jours avant sa tenue, le 13 octobre.


    Ils ont ainsi appris que la cimenterie de Colacem s’alimenterait à la carrière Bertrand Construction, située dans la même localité. Elle a été acquise récemment par Colacem pour alimenter notamment son autre cimenterie située à Grenville-sur-la-Rouge, du côté québécois.


    Cette cimenterie a des problèmes chroniques avec ses émissions polluantes. L’importance des nuisances a incité plusieurs citoyens de Grenville à réclamer en Cour supérieure du Québec l’autorisation d’un recours collectif en leur faveur. Le quotidien Le Droit d’Ottawa rapportait en novembre dernier que Colacem avait aussi déposé au bureau régional du ministère des Ressources naturelles de l’Ontario, à Kemptville, une demande pour exploiter une carrière de 10,44 ha dans la municipalité d’Alfred-Plantagenet. Elle pourrait fournir 500 000 tonnes de matériaux par année, probablement destinée à la future cimenterie de L’Orignal, située tout près de là.

     

    Une opposition naissante


    La rencontre d’octobre a inquiété beaucoup de gens dans la région, explique au Devoir Hélène Bertrand, porte-parole d’un groupe de citoyens, Action Champlain, qui a lancé une pétition réunissant plusieurs centaines de contribuables jusqu’ici et qui a amorcé différentes démarches auprès de la municipalité et du ministère ontarien de l’Environnement.


    À ces deux niveaux, personne n’a voulu réagir officiellement sous prétexte qu’aucun avis de projet n’avait encore été déposé. La municipalité serait plutôt favorable au projet en raison des taxes foncières. Elle pourrait donc modifier le zonage actuel qui prévoit pour le secteur convoité des activités agricoles ou industrielles « légères ». Mais en Ontario, un changement de zonage ne fait pas l’objet d’un référendum. Et si jamais la municipalité refusait de dézoner le secteur, Colacem pourrait contester cette décision devant l’Ontario Municipal Board (OMB), créé précisément pour faciliter les projets contrecarrés par un zonage trop limitatif, soutient Mme Bertrand.


    Quant au Québec, la cimenterie n’étant pas située sur son territoire, il risque de se faire refaire le coup de l’incinérateur de BPC de Cornwall, construit sans la moindre consultation avec les populations limitrophes du Québec, même si l’essentiel de ses émissions filent ici.

     

    Des craintes multiples


    Les citoyens craignent tout particulièrement de voir leur milieu envahi par les centaines de camions qui transporteraient chaque jour la pierre, le charbon et le ciment vers les marchés de Montréal et d’Ottawa. Ils vivent déjà à côté de l’aciérie IVACO, située non loin de leur village. Cette entreprise est considérée comme le huitième émetteur de mercure en Ontario en raison de son utilisation massive de charbon.


    L’utilisation du même combustible par la cimenterie projetée fait craindre aux citoyens une augmentation des émissions de mercure dans leur région ainsi que du côté québécois, où ils ont commencé à tisser des liens avec les deux conseils régionaux de l’environnement (CRE) des Laurentides et de la région de Gatineau.


    Au cours de l’assemblée d’information de Colacem, on leur a affirmé, raconte Mme Bertrand, que la future cimenterie incorporerait les meilleures technologies qui ont cours en Europe, où les normes sont sensiblement plus sévères qu’aux États-Unis. Mais, dit-elle, un rapport publié à la mi-novembre 2011 par l’Agence européenne de l’énergie révèle que 6 % de tous les sites polluants industriels de ce continent, soit 622, sont responsables de 75 % des dommages causés à l’environnement et à la santé publique. De ce nombre, 59 sont des cimenteries, dont deux du groupe Colacem d’Italie.


    Le Devoir a tenté de joindre un porte-parole de Colacem en s’adressant à la société Simard-Beaudry, mais personne ne nous a rappelé.

     
     
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