Québec - Et la Vieille Capitale aura son tramway avant Montréal !
Pointe-d’Estimauville et Pointe-aux-Lièvres seront des écoquartiers
Les écoquartiers ont certainement la cote à Québec. En plus de tous les projets privés qui ont déjà commencé à se développer, la Ville s’apprête à lancer la construction de deux écoquartiers qui totalisent près de 3000 logements, le premier à Pointe-d’Estimauville, près des chutes Montmorency, à l’est de la ville, et le deuxième à Pointe-aux-Lièvres, au nord du quartier Saint-Roch. Et elle envisage déjà de nouveaux projets à la hauteur de ses ambitions.
« Pour Québec, c’est très porteur, soutient Marie-Christine Magnan. Ça n’exclut pas d’autres types de construction, mais nous visons beaucoup à tendre vers les écoquartiers. » La conception des écoquartiers prend en compte un certain nombre de principes qui assurent une mixité des usages - commerces, résidences et lieux publics - de même qu’une mixité sociale. Le but est d’offrir aux résidants un milieu de vie où ils peuvent avoir accès à tout, à distance de marche. Un quartier où l’on peut pratiquement vivre en autarcie, avec des commerces, des bureaux, des écoles et de nombreux espaces verts. On pense aux déplacements en voiture, mais surtout aux piétons et aux vélos.
En ce qui a trait à la construction des bâtiments, rien n’est laissé au hasard. Tout est pensé pour maximiser l’ensoleillement, l’économie d’eau, la réduction des gaz à effet de serre, la gestion des matières résiduelles et tout ce qui peut réduire l’empreinte écologique.
« C’est un milieu de vie qui se veut très agréable et nous croyons que c’est la voie de l’avenir, affirme Marie-Christine Magnan. C’est une solution de rechange intéressante aux quartiers où l’on a toujours besoin d’être dans sa voiture pour aller d’un commerce à l’autre et où l’on passe des heures et des heures à se promener en voiture plutôt qu’à profiter de la vie. »
Un tramway pour 2017
L’autre moteur de développement urbain pour Québec, c’est le tramway, pour lequel la Ville vient tout juste d’aller en appel d’offres pour les études de faisabilité.
« Nous en avons pour quatre ou cinq années d’études, menant à des choix en matière de tramway et à une mise en place en 2017 », précise la conseillère en communication.
Le réseau de 26,8 km sillonnera la ville d’est en ouest, de même que sur un axe nord-sud. Cela permettra notamment de réduire la congestion sur les ponts, qui sont de plus en plus fréquentés en raison du développement périphérique. « En mettant en place le tramway, on vient évidemment transporter plus de gens qu’avec nos réseaux d’autobus. Et en revoyant l’ensemble du réseau de transport en commun par autobus, nous venons faire les connexions nécessaires pour rabattre le trafic vers le tramway dans les secteurs plus centraux », ajoute Marie-Christine Magnan.
Ces deux mesures - les écoquartiers et le tramway - font partie intégrante du Plan de mobilité durable de la Ville de Québec, adopté en 2011. « Dès 2009, un groupe de travail a été mis en place pour travailler sur la question du transport. Mais, rapidement, ce groupe s’est aperçu qu’on ne pouvait pas traiter du transport sans parler d’urbanisation. Ces deux questions ont donc été élaborées en parallèle pour mener à des orientations claires pour les vingt prochaines années. »
Selon Marie-Christine Magnan, il s’agit d’une démarche avant-gardiste. « Nous avons beaucoup de demandes de l’extérieur, nous faisons beaucoup de présentations sur des tribunes externes, notamment à l’étranger, comme à Lyon, où nous nous sommes rendus pour présenter notre plan de mobilité durable. Il y a un intérêt qui démontre que nous sommes en avance sur cet aspect. »
En avance sur le gouvernement
Pour elle comme pour sa collègue Marjorie Potvin, il ne fait aucun doute que la ville de Québec est résolument verte, et ce, depuis longtemps, mê-me si la tendance s’accélère depuis quelques années.
« Souvent, lorsque le gouvernement demande aux municipalités de mettre en place des mesures écologiques, elles le sont déjà chez nous. Ce qui nous fait dire que nous sommes en avance », affirme Marjorie Potvin, également conseillère aux communications à la Ville de Québec.
Elle donne l’exemple du plan d’adaptation aux changements climatiques, qui sera exigé sous peu par le gouvernement. « Chez nous, ça fait déjà depuis 2010 que ce plan a été mis en branle », se targue Marjorie Potvin. Idem pour la stratégie d’économie d’eau, que la Ville a adoptée à travers sa réglementation, bien avant que le gouvernement ne l’exige.
« Nous nous préoccupons des bassins versants, des bandes riveraines, de l’utilisation des pesticides. Nous avons un programme de compteurs d’eau et nous faisons beaucoup de sensibilisation sur l’économie d’eau avec, notamment, la patrouille de l’eau qui sillonne la ville depuis 2005. Par ailleurs, dès 2006, nous avons entamé un programme de réparation des fuites dans le réseau et nous déployons beaucoup d’efforts pour récupérer les eaux non traitées. »
Les exemples d’efforts sont nombreux, notamment en matière de réduction des matières résiduelles, avec la collecte du compostage présentement à l’essai dans différents quartiers et la construction d’une usine de biométhanisation.
Pour Marie-Christine Magnan et Marjorie Potvin, les municipalités ont un rôle direct à jouer dans ce monde où les notions écologiques deviennent de plus en plus importantes. « Je pense que les gouvernements municipaux ont plus d’impacts au quotidien sur l’environnement en raison de leur proximité, estime Marie-Christine Magnan. Les gouvernements instaurent des politiques et les grands plans, mais ce sont les municipalités qui mettent en oeuvrent ces plans. Nous sommes dans la collecte des matières résiduelles, nous fournissons l’eau potable, bref, nous sommes vraiment dans le concret auprès des citoyens. »
Et il ne faut pas oublier que la qualité de l’environnement a un lien direct avec la qualité de vie des citoyens, rappelle sa collègue Marjorie Potvin : « À Québec, nous avons un capital vert dont nous sommes très fiers. Les espaces verts ont toujours été valorisés et cela a un impact sur la qualité de vie des gens. À Québec, les gens nous disent qu’ils ont une belle qualité de vie, et c’est notamment en raison des mesures prises pour l’environnement. »









