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Environnement - Laval préconise une démarche globale

« Plutôt que de suivre le courant, nous avons préféré ouvrir la marche »

La Ville de Laval a développé des politiques pour pallier les problèmes de surverse des eaux et de conservation des milieux humides.
Photo : Louis-Gilles Francœur - Le Devoir La Ville de Laval a développé des politiques pour pallier les problèmes de surverse des eaux et de conservation des milieux humides.
Souvent primée pour ses efforts en matière de protection de l’environnement - elle vient d’ailleurs de recevoir le prix Lucien-L’Allier, du Réseau Environnement, pour son approche novatrice quant aux économies d’eau potable - la ville de Laval est l’une des agglomérations québécoises dont les politiques écologiques et les façons de faire sont les plus saluées à travers la province. La clé de ce succès ? Une approche globale axée sur la participation collective et la sensibilisation.

À l’emploi du Service de l’environnement de la Ville de Laval depuis 1989, l’ingénieur Gilles Benoît connaît fort bien l’engagement de sa municipalité en matière d’environnement. Désormais directeur de ce service, il explique qu’à son avis, si Laval fait aujourd’hui figure de modèle, c’est qu’elle a su dès le départ adopter une approche novatrice.


«Nous avons toujours été très actifs en matière d’environnement à la Ville de Laval. Dès le départ, nous nous sommes positionnés comme des précurseurs en la matière. Plutôt que de suivre le courant, nous avons préféré ouvrir la marche», affirme l’expert.


Par exemple, en 2005, la Ville de Laval a été l’une des premières à réaliser un inventaire des émissions de gaz à effet de serre (GES), provenant tant des entreprises que de la collectivité, le tout en collaboration avec la Fédération canadienne des municipalités.


Aujourd’hui, Laval peut encore se targuer d’être l’une des pionnières en matière de gestion des GES ; elle est la première municipalité québécoise à avoir développé un programme de compensation des GES par l’achat de crédits de carbone.


« Le principe est simple, explique M. Benoît. Lorsqu’un promoteur fait une demande à la Ville pour l’obtention d’un permis de raccordement lié à la construction d’un projet résidentiel, commercial ou institutionnel, il doit payer un certain montant à la Ville en guise de compensation, parce qu’il crée une perte au niveau des émissions de GES. La compensation monétaire est établie en fonction de la surface à développer. L’argent est versé dans un fonds et, par la suite, la Ville fait l’acquisition de crédits de carbone pour compenser la perte.»

 

Milieux humides et eau


Dans le même ordre d’idées, la Ville de Laval a développé des politiques similaires pour pallier les problèmes de surverse des eaux et de conservation des milieux humides. «Comme dans toutes les municipalités, à Laval, nous sommes confrontés à la problématique de surverse des eaux. Nous avons décidé de tarifer les nouveaux développements, les nouvelles constructions, pour nous permettre d’accumuler des fonds qui serviront à effectuer des travaux d’infrastructure majeurs qui réduiront les surverses », confie M. Benoît.


Dans le cas des milieux humides, le système de tarification se veut pratiquement identique. Lorsque la destruction d’un milieu humide est autorisée par le gouvernement, Laval exige tout de même une compensation monétaire de la part du constructeur, laquelle est investie dans un fonds vert en vue d’éventuels achats ou de la mise en valeur de milieux naturels.


Autre mesure innovatrice : l’adoption d’Évolucité, un plan de réaménagement du territoire comprenant une vingtaine de mesures qui visent la réduction des gaz à effet de serre produits par le transport des personnes. S’inscrivant dans la démarche d’urbanisme durable annoncée par la Ville de Laval, Évolucité devrait notamment permettre à la municipalité de réduire considérablement ses émissions de gaz à effet de serre et de mieux protéger ses milieux naturels.


« Nous travaillons sur plusieurs plans à la fois. Pour nous, c’est important d’agir autant sur le développement du territoire que sur l’économie d’eau potable, la réduction des GES, la gestion des matières résiduelles, etc. En travaillant globalement, on a beaucoup plus d’impact », résume M. Benoît.


Informer et sensibiliser


Outre le fait de miser sur l’adoption de politiques novatrices, la Ville de Laval compte également largement sur la sensibilisation des citoyens aux enjeux écologiques. Selon M. Benoît, cela se traduit aujourd’hui par une conscience écologique collective bien développée.


« Par exemple, il y a plusieurs années, nous avions élaboré un programme qui s’intitulait Le chemin de l’eau. À cette époque-là, tous les élèves de cinquième année du primaire étaient sensibilisés au chemin de l’eau, du pompage de l’eau brute en rivière à l’épuration des eaux, en passant par le processus de filtration et l’usage dans les résidences. Ces gens-là, aujourd’hui, ce sont de jeunes adultes et ils sont beaucoup plus sensibilisés que leurs aînés à la problématique de l’eau. Nous pouvons le constater assez concrètement, puisque leur consommation et leur utilisation de l’eau sont différentes de celles des autres générations », indique l’expert.


Bien que le programme Le chemin de l’eau n’existe plus, les jeunes Lavallois sont toujours sensibilisés à l’environnement. Aujourd’hui, par le biais du programme Éco-logis, ils découvrent toutes sortes d’enjeux écologiques en s’intéressant aux différentes pièces de la maison, qu’il s’agisse de recyclage, d’utilisation de l’électricité, de consommation de l’eau, etc.


Dans le même esprit, Laval adopte toutes sortes de stratégies pour informer la population adulte et la sensibiliser aux enjeux écologiques. Notamment, elle a développé plusieurs guides à l’intention de la population, lesquels sont remis aux citoyens lors de campagnes de sensibilisation ou de journées portes ouvertes, en plus d’être disponibles dans le portail Internet de la Ville.


Finalement, dans le cadre de son programme Action environnement, lequel a pour objectif d’introduire et de développer des méthodes et des procédures qui visent à modifier d’une manière durable les habitudes et les comportements écologiques des citoyens lavallois par des actions concrètes ou des activités de sensibilisation, le Service de l’environnement offre ponctuellement des conférences en entreprise, lesquelles ont pour objectif de mieux outiller les gens d’affaires pour faire face aux défis écologiques qui se présentent à eux.


Un 311 pour s’informer


De plus, la Ville a développé un service téléphonique 311, lequel permet aux résidants d’obtenir rapidement des réponses à leurs questions, de jour comme de soir.


« Notre Service de l’environnement et la Ville de Laval croient en la sensibilisation, souligne M. Benoît. Nous avons vite constaté que, dès que nous appuyons les citoyens, nous obtenons de bons résultats. Nous continuons à nous investir davantage chaque année et les Lavallois emboîtent le pas. C’est fantastique. »

***

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