Gaspésie - Le premier ministre Jean Charest fait la promotion du Plan Nord dans les régions
Les élus locaux souhaitent qu'il y ait un suivi pour cette rencontre
Jean Charest a parcouru les régions du Québec pour y faire la promotion du Plan Nord, s’adressant autant au monde des affaires qu’aux élus.
Ces derniers mois, le premier ministre Jean Charest a passé une bonne partie de son temps à faire la promotion du Plan Nord à travers les régions. Bilan et perspectives de cette tournée appelée «Cap Nord», qui s'est notamment arrêtée à Gaspé, où Le Devoir était présent.
Le 15 décembre dernier, à Sherbrooke, le premier ministre Jean Charest a donné le coup d'envoi à la tournée Cap Nord, qui s'est arrêtée dans plusieurs régions du Québec. Un premier arrêt a eu lieu en Estrie, auquel ont participé plus de 250 personnes issues du milieu des affaires de la région. Cap Nord s'est par la suite rendue en Abitibi-Témiscamingue (plus de 200 entreprises participantes), en Chaudière-Appalaches (plus de 250 entreprises et organismes), au Saguenay Lac-Saint-Jean (plus de 230 entreprises), en Mauricie (plus de 500 gens d'affaires), au Bas-Saint-Laurent (plus de 600 représentants du secteur des affaires), en Outaouais, sur la Côte-Nord, à Gaspé et à Laval. Cap Nord se rendra dans les autres régions du Québec d'ici la fin de la session parlementaire.
La tournée Cap Nord «constitue une première étape vers un accompagnement plus soutenu» du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation (MDEIE) pour les entreprises québécoises qui souhaitent faire des affaires dans le Nord, note-t-on dans la documentation. En entrevue au Devoir, le sous-ministre adjoint du MDEIE, Jean-Marc Sauvé, précise que cette tournée suscite un «éveil de la plupart des entreprises» quant à leur participation éventuelle au Plan Nord. «Les entreprises qui participent à Cap Nord constatent qu'elles peuvent, à un moment donné de leur développement, devenir un fournisseur des donneurs d'ordres ou des entreprises qui oeuvrent dans le Nord du Québec. Vu sous cet angle-là, [Cap Nord] donne les résultats escomptés, dont l'objectif est de brancher le Sud sur le Nord.»
L'événement gaspésien
À titre d'exemple, le premier ministre Jean Charest était de passage dans un hôtel de Gaspé le 30 mars dernier. Cette journée a été pour lui l'occasion de vanter les mérites du Plan Nord auprès d'une centaine de personnes issues du monde des affaires (éolien, transport, tourisme et technologies de l'information) ainsi que des élus. Les participants ont, par la même occasion, fait part de leurs attentes tant sur le plan des retombées économiques pour la région qu'en matière de formation de la main-d'oeuvre.
Rappelons par ailleurs que, à l'extérieur de l'hôtel, quelque 200 personnes issues du monde étudiant, communautaire et syndical ont tenu une manifestation pour décrier l'esprit et la lettre du Plan Nord. «On n'a jamais été consulté sur le Plan Nord!», s'était alors indigné Laurent Juneau, porte-parole du regroupement écologiste Ensemble pour un avenir durable du Grand Gaspé, qui tenait une affiche sur laquelle on pouvait lire «Non à la fracturation».
Confronté en point de presse au mécontentement des citoyens qui manifestaient à l'extérieur, Jean Charest avait rétorqué «qu'ils ont le droit de trouver [que le Plan Nord] est une mauvaise idée. Sauf que le Plan Nord, c'est un projet qui a été soigneusement préparé par le gouvernement, c'est un magnifique projet. L'objectif est d'avoir un développement qui soit au bénéfice de tous les Québécois et en particulier des 120 000 personnes qui habitent ce territoire, incluant les Premières Nations et les Inuits.»
Bilan et perspectives
Joints cette semaine par Le Devoir, le président de la Conférence régionale des élus de la Gaspésie Îles-de-la-Madeleine, Bertrand Berger, et le maire de Gaspé, François Roussy, également préfet de la MRC de la Côte-de-Gaspé, ont, avec le recul, accepté de dresser un bilan de leur rencontre avec Jean Charest. «J'espère qu'il y aura un suivi pour cette rencontre, souligne le maire Roussy. Écoutez, le premier ministre a dit quelque chose de majeur en confirmant vouloir lancer un appel d'offres de 700 mégawatts d'énergie éolienne. D'autant qu'il souhaite le lancer le plus rapidement possible. De plus, il a confirmé qu'il y aurait un contenu [de 30 %] obligatoire pour la Gaspésie. Il a aussi été question de transport et de main-d'oeuvre pour notre région. Par ailleurs, je pense qu'il faut éviter de faire les erreurs du passé en donnant nos ressources naturelles aux étrangers, excusez l'expression. C'est plutôt en nous appropriant nos ressources naturelles et en les développant nous-mêmes que nous allons créer de la vraie richesse au Québec.»
Bertrand Berger note de son côté que la présentation de Jean Charest « nous a permis d'avoir une meilleure idée de l'ensemble de l'opération liée au Plan Nord. Ça nous a permis de mieux jauger les perspectives qui s'ouvrent à nous. On a aussi profité de l'occasion pour faire mousser nos dossiers locaux, comme la sauvegarde du train [lire Le Devoir du 22 mars 2012: «Des millions de dollars pour sauver le train en Gaspésie»]. Écoutez, si le train était abandonné, on mettrait en péril d'une certaine manière la contribution de la Gaspésie au Plan Nord; je pense ici à des entreprises comme Gaspésie Diesel, Fabrication Delta ou CFI Métal. Il y a des entreprises qui comptent faire affaire avec le Plan Nord. Plus largement, ç'a été un exercice utile. Je vous dirais, par ailleurs, que c'est à nous aussi de faire preuve de créativité et à nous de nous relever les manches.»
***
Collaborateur du Devoir
Le 15 décembre dernier, à Sherbrooke, le premier ministre Jean Charest a donné le coup d'envoi à la tournée Cap Nord, qui s'est arrêtée dans plusieurs régions du Québec. Un premier arrêt a eu lieu en Estrie, auquel ont participé plus de 250 personnes issues du milieu des affaires de la région. Cap Nord s'est par la suite rendue en Abitibi-Témiscamingue (plus de 200 entreprises participantes), en Chaudière-Appalaches (plus de 250 entreprises et organismes), au Saguenay Lac-Saint-Jean (plus de 230 entreprises), en Mauricie (plus de 500 gens d'affaires), au Bas-Saint-Laurent (plus de 600 représentants du secteur des affaires), en Outaouais, sur la Côte-Nord, à Gaspé et à Laval. Cap Nord se rendra dans les autres régions du Québec d'ici la fin de la session parlementaire.
La tournée Cap Nord «constitue une première étape vers un accompagnement plus soutenu» du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation (MDEIE) pour les entreprises québécoises qui souhaitent faire des affaires dans le Nord, note-t-on dans la documentation. En entrevue au Devoir, le sous-ministre adjoint du MDEIE, Jean-Marc Sauvé, précise que cette tournée suscite un «éveil de la plupart des entreprises» quant à leur participation éventuelle au Plan Nord. «Les entreprises qui participent à Cap Nord constatent qu'elles peuvent, à un moment donné de leur développement, devenir un fournisseur des donneurs d'ordres ou des entreprises qui oeuvrent dans le Nord du Québec. Vu sous cet angle-là, [Cap Nord] donne les résultats escomptés, dont l'objectif est de brancher le Sud sur le Nord.»
L'événement gaspésien
À titre d'exemple, le premier ministre Jean Charest était de passage dans un hôtel de Gaspé le 30 mars dernier. Cette journée a été pour lui l'occasion de vanter les mérites du Plan Nord auprès d'une centaine de personnes issues du monde des affaires (éolien, transport, tourisme et technologies de l'information) ainsi que des élus. Les participants ont, par la même occasion, fait part de leurs attentes tant sur le plan des retombées économiques pour la région qu'en matière de formation de la main-d'oeuvre.
Rappelons par ailleurs que, à l'extérieur de l'hôtel, quelque 200 personnes issues du monde étudiant, communautaire et syndical ont tenu une manifestation pour décrier l'esprit et la lettre du Plan Nord. «On n'a jamais été consulté sur le Plan Nord!», s'était alors indigné Laurent Juneau, porte-parole du regroupement écologiste Ensemble pour un avenir durable du Grand Gaspé, qui tenait une affiche sur laquelle on pouvait lire «Non à la fracturation».
Confronté en point de presse au mécontentement des citoyens qui manifestaient à l'extérieur, Jean Charest avait rétorqué «qu'ils ont le droit de trouver [que le Plan Nord] est une mauvaise idée. Sauf que le Plan Nord, c'est un projet qui a été soigneusement préparé par le gouvernement, c'est un magnifique projet. L'objectif est d'avoir un développement qui soit au bénéfice de tous les Québécois et en particulier des 120 000 personnes qui habitent ce territoire, incluant les Premières Nations et les Inuits.»
Bilan et perspectives
Joints cette semaine par Le Devoir, le président de la Conférence régionale des élus de la Gaspésie Îles-de-la-Madeleine, Bertrand Berger, et le maire de Gaspé, François Roussy, également préfet de la MRC de la Côte-de-Gaspé, ont, avec le recul, accepté de dresser un bilan de leur rencontre avec Jean Charest. «J'espère qu'il y aura un suivi pour cette rencontre, souligne le maire Roussy. Écoutez, le premier ministre a dit quelque chose de majeur en confirmant vouloir lancer un appel d'offres de 700 mégawatts d'énergie éolienne. D'autant qu'il souhaite le lancer le plus rapidement possible. De plus, il a confirmé qu'il y aurait un contenu [de 30 %] obligatoire pour la Gaspésie. Il a aussi été question de transport et de main-d'oeuvre pour notre région. Par ailleurs, je pense qu'il faut éviter de faire les erreurs du passé en donnant nos ressources naturelles aux étrangers, excusez l'expression. C'est plutôt en nous appropriant nos ressources naturelles et en les développant nous-mêmes que nous allons créer de la vraie richesse au Québec.»
Bertrand Berger note de son côté que la présentation de Jean Charest « nous a permis d'avoir une meilleure idée de l'ensemble de l'opération liée au Plan Nord. Ça nous a permis de mieux jauger les perspectives qui s'ouvrent à nous. On a aussi profité de l'occasion pour faire mousser nos dossiers locaux, comme la sauvegarde du train [lire Le Devoir du 22 mars 2012: «Des millions de dollars pour sauver le train en Gaspésie»]. Écoutez, si le train était abandonné, on mettrait en péril d'une certaine manière la contribution de la Gaspésie au Plan Nord; je pense ici à des entreprises comme Gaspésie Diesel, Fabrication Delta ou CFI Métal. Il y a des entreprises qui comptent faire affaire avec le Plan Nord. Plus largement, ç'a été un exercice utile. Je vous dirais, par ailleurs, que c'est à nous aussi de faire preuve de créativité et à nous de nous relever les manches.»
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Collaborateur du Devoir







