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    Recyclage - La (petite) révolution du 14 juillet prochain

    Les équipements électroniques n'iront plus à la casse

    21 avril 2012 |Claude Lafleur | Actualités sur l'environnement
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	La récupération des vieux ordinateurs se fera à compter du 14 juillet prochain.</div>
    Photo: Agence Reuters Enrique Marcarian
    La récupération des vieux ordinateurs se fera à compter du 14 juillet prochain.
    Vous avez de vieux ordinateurs à jeter, de vieilles ampoules fluocompactes ou des piles usées dont vous ne savez que faire? Ne les jetez pas! Gardez-les jusqu'au 14 juillet.

    Le 14 juillet prochain entrera en fonction le Règlement sur la récupération et la valorisation des produits par les entreprises. Ce règlement impute aux entreprises la responsabilité de veiller au traitement final des produits qu'elles mettent en marché. On parle en conséquence de la Responsabilité élargie des producteurs, la REP en abrégé. «En fait, la responsabilité élargie des producteurs existe depuis dix ans au Québec», déclare Mario Laquerre, directeur des programmes qui régissent la RRP à Recyq-Québec. Cet organisme surveille la mise en oeuvre et l'application du règlement par les entreprises et veille aussi à ce que les objectifs en fin de compte soient atteints.

    En attendant le 14 juillet

    «La première REP a été mise en place à propos des peintures, puis, en 2004, on l'a étendue aux huiles», poursuit M. Laquerre. Autrement dit, même si ce sont les entreprises qui ont la responsabilité d'éliminer leurs produits usés, il revient néanmoins à nous, consommateurs, d'aller les porter en des endroits appropriés. De même qu'on ne met plus nos huiles usées et nos vieux pots de peinture aux ordures, il faudra bientôt aller porter nos équipements électroniques, nos vieilles ampoules et nos piles usées.

    «Ce sont donc les mêmes principes qui seront en vigueur à partir du 14 juillet prochain concernant les équipements électroniques — donc, les ordinateurs et leurs périphériques, les téléviseurs et les téléphones cellulaires, sans fil et traditionnels — de même que les ampoules au mercure et les piles domestiques», indique M. Laquerre. Notons cependant que l'élimination des appareils audio et vidéo, des caméras et d'autres accessoires se fera à partir d'une date ultérieure, dans le cadre d'une phase 2 de l'implantation de la REP concernant l'électronique.

    Comme on nous l'annoncera sous peu, il y aura des points de dépôt réservés où nous devrons porter ces produits. «C'est ainsi que, à partir du 14 juillet, l'industrie des piles mettra en place un système pour récupérer gratuitement ces matières auprès des consommateurs», illustre Mario Laquerre. D'ici là, suggère-t-il, attendons! On devra faire de même avec nos vieux ordinateurs, bien que, com-me on le rappelle, les magasins Bureau en gros et certaines municipalités les acceptent déjà. Autrement, dans la mesure du possible, on devrait les conserver encore quelques mois.

    Du coup, Mario Laquerre souligne que ce n'est pas une bonne idée que de jeter ses petits appareils, piles ou ampoules par l'entremise du bac vert, car «le bac vert est fait uniquement pour récupérer les contenants et les emballages. On a donc des problèmes avec des équipements qui peuvent se casser dans le transport ou lorsqu'ils sont manipulés par des travailleurs qui ne sont pas équipés pour ce faire. Voilà d'ailleurs pourquoi ça prend des circuits dédiés à la récupération des matières dangereuses.»

    On est les meilleurs!

    M. Laquerre rapporte que l'industrie accueille bien ce règlement, puisque la plupart des entreprises sont heureuses qu'un cadre s'applique à tout le monde. «Certaines le faisaient déjà — on pense à Sony — dit-il, et toutes sont heureuses qu'il y ait un système égal pour tout le monde. Les entreprises participent donc aux négociations pour appliquer des ententes et ça va assez rondement. Nous avons donc bon espoir que, le 14 juillet, tout démarrera sans problème.»

    «Présentement, l'industrie est en train de finaliser ses plans, indique le directeur de la REP, c'est-à-dire ses stratégies pour mettre en place 200 points de dépôt — et c'est un minimum — qui vont être prêts à accueillir gratuitement les matières des citoyens. Des campagnes d'information sont prévues pour renseigner tout le monde à propos de ces récupérations.»

    L'une des obligations de la REP que doivent assumer les entreprises consiste à assurer la gratuité de la récupération pour les consommateurs, indique-t-il encore. Le règlement stipule en effet que la récupération ne doit rien coûter au consommateur. «On ne peut donc pas imposer des frais pour la récupération, insiste Mario Laquerre. Toutefois, comme il n'y a pas grand-chose de gratuit dans la vie, les coûts seront ajoutés dans le prix du produit; il y aura donc quelques sous mis de côté lors de l'achat d'un produit en prévision de la récupération.»

    Le règlement prévoit également que, tous les deux ans, deux nouvelles REP seront ajoutées. «Le prochain produit pour lequel le règlement va s'appliquer, ce sera les pneus», annonce M. Laquerre. Soulignant qu'il y a déjà un programme de récupération des pneus, il précise que celui-ci est toutefois géré par Recyq-Québec. «On va transférer ce programme à l'industrie afin d'être équitable envers tout le monde, explique-t-il. On ne peut en effet pas dire que, pour certains produits, ce sont les producteurs qui en assument la REP, alors que, pour d'autres, c'est Recyq-Québec. Il faut être juste envers chaque secteur industriel.»

    Par la suite, on peut penser que les bardeaux d'asphalte feront l'objet d'une REP, puis les appareils de réfrigération, peut-être les matelas, etc. Mario Laquerre souligne qu'en France il y a ainsi 22 REP différentes!

    Il rapporte enfin que, en Amérique du Nord, le Québec est à l'avant-garde. «En ce qui concerne la récupération des peintures et des huiles — les deux domaines où on a implanté une responsabilité au niveau des producteurs — on atteint des taux de récupération qui frôlent les 98 %!, dit-il fièrement. Et lorsqu'on se compare aux autres administrations en ce qui concerne les frais exigés et les taux de récupération — les deux éléments importants — on figure vraiment dans les meilleurs au Canada!»

    De plus, il estime que le fait que Recyq-Québec travaille en partenariat avec l'industrie — plutôt qu'en confrontation — devrait faire en sorte qu'on demeurera «encore les meilleurs pour les années à venir »!

    ***

    Collaborateur du Devoir












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