Salon Plan Nord - «La métropole peut profiter du Plan Nord, si elle se prépare bien»
Une centaine d'entreprises seront présentes pour recruter plus de 500 travailleurs
Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain
Le Plan Nord, qui se déploiera durant les vingt-cinq prochaines années, aura des retombées économiques pour toute la province et jusque dans la région de Montréal. C'est l'avis de Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), organisatrice du Salon Plan Nord.
Pourquoi organiser un Salon Plan Nord ici, à Montréal?
La Chambre de commerce du Montréal métropolitain organise quatre fois par an des forums stratégiques sur des thématiques données et nous avons pensé que c'était le bon moment d'en proposer un sur les ressources naturelles. Étant donné que le Plan Nord a été annoncé, nous avons décidé de franchir une étape supplémentaire en documentant les forces, les défis et les enjeux du point de vue de l'économie métropolitaine dans le domaine des ressources naturelles. Nous avons donc commandé une étude sur le sujet. Lorsque le gouvernement a su cela, il s'est rapproché de nous, car il est intéressé à faire connaître les possibilités du Plan Nord. Comme ça s'inscrivait déjà dans ce que nous voulions faire, à savoir éveiller la communauté des affaires aux défis consistant à profiter du Plan Nord pour renforcer nos entreprises, on a accepté la main tendue et on organise, en plus du forum stratégique, qui s'est tenu hier, ce Salon Plan Nord, qui est probablement une première étape d'une série de rencontres au fil des mois et des ans, au fur et à mesure que le Plan va se déployer, et qui permettra de mettre en relation les entreprises donneuses d'ordres avec les fournisseurs potentiels et les employeurs avec les citoyens qui peuvent se chercher un emploi.
Est-ce que ça signifie qu'on attend des retombées économiques du Plan Nord sur la région métropolitaine?
La région métropolitaine, c'est 50 % de l'économie du Québec. Si on pense aux entreprises qui sont ici, les grandes entreprises comme Rio Tinto Alcan, qui investissent dans des mines ou dans des usines de transformation, le Canadien National, puisqu'il va y avoir des déplacements du minerai par chemin de fer, les entreprises de transport par bateau, parce qu'il va aussi être transporté par bateau. Il va y avoir des fournisseurs d'équipement, des fournisseurs de liaisons aériennes, etc. C'est facile de comprendre que, si on déploie une économie sur un territoire où les entreprises sont peu présentes, on peut penser que, là où elles sont déjà situées et là où est la base économique, il va y avoir des retombées si on s'organise bien. Il était donc normal pour la Chambre de commerce, qui est l'organisation faisant en sorte que la communauté des affaires se déploie, d'essayer de mettre tous ces gens en relation et de voir comment on peut mieux travailler ensemble.
Quels types d'entreprises sont présents au salon?
Il y aura bien entendu les grandes minières ayant des projets qui ont déjà démarré ou qui sont annoncés. De petites entreprises dans le domaine de la construction, des services, d'autres qui sont liées au développement des collectivités. Il va également y avoir des maires et des mairesses, les collectivités elles-mêmes qui sont là pour exposer leurs besoins. Un des grands défis du déploiement du Plan Nord va être de répondre à la question de savoir si on installe des camps saisonniers, temporaires, ou si on renforce les collectivités permanentes existantes. Dans ce cas, il va falloir construire des logements pour accueillir les travailleurs et tous les services: école, centre de santé, centre de loisirs et de divertissement, Wi-Fi, etc. Tout ce qui fera en sorte que les jeunes familles vont accepter de venir s'y installer. On en est encore aux balbutiements, il y a encore un peu de cynisme dans l'air, parce que certains se demandent à quel rythme tout ça va se réaliser. Mais c'est clair que, si on n'essaie pas de bien planifier et de bien comprendre les implications du Plan Nord, on sera mal préparé pour y répondre. Il n'y a qu'à voir que, déjà aujourd'hui, certaines municipalités ont de la difficulté à loger tous les gens qui affluent...
Se préparer, ça signifie quoi?
On peut regarder comment se sont développées d'autres villes dans le monde qui desservent des territoires de ressources naturelles. Si on pense à Perth, en Australie, ou à Oslo, en Norvège, ce sont des exemples qui peuvent nous inspirer. Ils démontrent que des métropoles peuvent profiter, au sens positif, au sens de «s'organiser pour tirer des bénéfices pour la collectivité, les entreprises», du déploiement de territoires de ressources naturelles, avec des entreprises qui vont se développer sur place, mais aussi avoir des sièges sociaux, des bureaux en ville. Pour s'assurer qu'on tire vraiment le maximum du Plan Nord, il y aura quatre mesures à prendre: d'abord, les entreprises ont besoin d'avoir un environnement d'affaires prévisible, propre à les rassurer elles-mêmes, mais également le gouvernement et la population, sur le fait que les bénéfices seront répartis de façon juste. Deuxième point, il faut s'assurer qu'on forme bien les ressources humaines dont on va avoir besoin, que des talents seront disponibles. Ensuite, il va se construire des ports, des voies de chemin de fer, des installations minières, etc., et, dans un monde idéal, on aurait des entreprises qui en profiteraient ici, en tant que fournisseurs. Ce serait bien qu'on ait des entreprises qui se développent, qui gagnent en expertise et qui puissent ensuite se déployer dans le monde. Enfin, comme on va vouloir tenir compte des effets écologiques de ce qu'on fait, il est fondamental que nos ressources naturelles soient identifiées comme produites avec une source d'énergie propre, à savoir l'hydroélectricité. Il va y avoir une étiquette planétaire dont on pourrait vraiment tirer parti.
***
Collaboratrice du Devoir
Pourquoi organiser un Salon Plan Nord ici, à Montréal?
La Chambre de commerce du Montréal métropolitain organise quatre fois par an des forums stratégiques sur des thématiques données et nous avons pensé que c'était le bon moment d'en proposer un sur les ressources naturelles. Étant donné que le Plan Nord a été annoncé, nous avons décidé de franchir une étape supplémentaire en documentant les forces, les défis et les enjeux du point de vue de l'économie métropolitaine dans le domaine des ressources naturelles. Nous avons donc commandé une étude sur le sujet. Lorsque le gouvernement a su cela, il s'est rapproché de nous, car il est intéressé à faire connaître les possibilités du Plan Nord. Comme ça s'inscrivait déjà dans ce que nous voulions faire, à savoir éveiller la communauté des affaires aux défis consistant à profiter du Plan Nord pour renforcer nos entreprises, on a accepté la main tendue et on organise, en plus du forum stratégique, qui s'est tenu hier, ce Salon Plan Nord, qui est probablement une première étape d'une série de rencontres au fil des mois et des ans, au fur et à mesure que le Plan va se déployer, et qui permettra de mettre en relation les entreprises donneuses d'ordres avec les fournisseurs potentiels et les employeurs avec les citoyens qui peuvent se chercher un emploi.
Est-ce que ça signifie qu'on attend des retombées économiques du Plan Nord sur la région métropolitaine?
La région métropolitaine, c'est 50 % de l'économie du Québec. Si on pense aux entreprises qui sont ici, les grandes entreprises comme Rio Tinto Alcan, qui investissent dans des mines ou dans des usines de transformation, le Canadien National, puisqu'il va y avoir des déplacements du minerai par chemin de fer, les entreprises de transport par bateau, parce qu'il va aussi être transporté par bateau. Il va y avoir des fournisseurs d'équipement, des fournisseurs de liaisons aériennes, etc. C'est facile de comprendre que, si on déploie une économie sur un territoire où les entreprises sont peu présentes, on peut penser que, là où elles sont déjà situées et là où est la base économique, il va y avoir des retombées si on s'organise bien. Il était donc normal pour la Chambre de commerce, qui est l'organisation faisant en sorte que la communauté des affaires se déploie, d'essayer de mettre tous ces gens en relation et de voir comment on peut mieux travailler ensemble.
Quels types d'entreprises sont présents au salon?
Il y aura bien entendu les grandes minières ayant des projets qui ont déjà démarré ou qui sont annoncés. De petites entreprises dans le domaine de la construction, des services, d'autres qui sont liées au développement des collectivités. Il va également y avoir des maires et des mairesses, les collectivités elles-mêmes qui sont là pour exposer leurs besoins. Un des grands défis du déploiement du Plan Nord va être de répondre à la question de savoir si on installe des camps saisonniers, temporaires, ou si on renforce les collectivités permanentes existantes. Dans ce cas, il va falloir construire des logements pour accueillir les travailleurs et tous les services: école, centre de santé, centre de loisirs et de divertissement, Wi-Fi, etc. Tout ce qui fera en sorte que les jeunes familles vont accepter de venir s'y installer. On en est encore aux balbutiements, il y a encore un peu de cynisme dans l'air, parce que certains se demandent à quel rythme tout ça va se réaliser. Mais c'est clair que, si on n'essaie pas de bien planifier et de bien comprendre les implications du Plan Nord, on sera mal préparé pour y répondre. Il n'y a qu'à voir que, déjà aujourd'hui, certaines municipalités ont de la difficulté à loger tous les gens qui affluent...
Se préparer, ça signifie quoi?
On peut regarder comment se sont développées d'autres villes dans le monde qui desservent des territoires de ressources naturelles. Si on pense à Perth, en Australie, ou à Oslo, en Norvège, ce sont des exemples qui peuvent nous inspirer. Ils démontrent que des métropoles peuvent profiter, au sens positif, au sens de «s'organiser pour tirer des bénéfices pour la collectivité, les entreprises», du déploiement de territoires de ressources naturelles, avec des entreprises qui vont se développer sur place, mais aussi avoir des sièges sociaux, des bureaux en ville. Pour s'assurer qu'on tire vraiment le maximum du Plan Nord, il y aura quatre mesures à prendre: d'abord, les entreprises ont besoin d'avoir un environnement d'affaires prévisible, propre à les rassurer elles-mêmes, mais également le gouvernement et la population, sur le fait que les bénéfices seront répartis de façon juste. Deuxième point, il faut s'assurer qu'on forme bien les ressources humaines dont on va avoir besoin, que des talents seront disponibles. Ensuite, il va se construire des ports, des voies de chemin de fer, des installations minières, etc., et, dans un monde idéal, on aurait des entreprises qui en profiteraient ici, en tant que fournisseurs. Ce serait bien qu'on ait des entreprises qui se développent, qui gagnent en expertise et qui puissent ensuite se déployer dans le monde. Enfin, comme on va vouloir tenir compte des effets écologiques de ce qu'on fait, il est fondamental que nos ressources naturelles soient identifiées comme produites avec une source d'énergie propre, à savoir l'hydroélectricité. Il va y avoir une étiquette planétaire dont on pourrait vraiment tirer parti.
***
Collaboratrice du Devoir







