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    Printemps hâtif: plus de peur que de mal pour la nature

    Avec les récentes températures très chaudes, les colibris ont accéléré leur migration vers le nord.<br />
    Photo: Agence France-Presse (photo) Avec les récentes températures très chaudes, les colibris ont accéléré leur migration vers le nord.
    Québec — Le printemps hâtif, suivi de temps froid, a suscité des réactions insoupçonnées, alors qu'un peu partout au Québec un réseau de «sentinelles» se tenait en alerte pour venir en aide... aux colibris.

    «Ils remontent rapidement; les prévoyants, installez donc un abreuvoir au cas où...», peut-on lire depuis quelques jours sur le site Internet Projet Colibris. Son créateur, Jacques Turgeon, dit pouvoir compter sur un réseau de 1750 «sentinelles» qui, chaque année, l'avisent lorsqu'ils voient leur premier colibri de la saison.

    Grâce à ces informations, M. Turgeon diffuse sur son site une carte montrant assez clairement la progression des oiseaux du sud vers le nord. Cette année, ce retraité a été estomaqué par la progression des colibris. «Ça fait une trentaine d'années que je m'intéresse aux colibris et, d'une fois à l'autre, les dates [de leur arrivée] ne varient pas tellement», nous disait-il la semaine dernière.

    Or, voilà qu'avec les récentes températures très chaudes, les petits oiseaux ont accéléré leur migration à un rythme tel qu'ils menaçaient de se présenter chez nous un mois plus tôt. S'ils sont capables de tolérer des températures assez froides, ils risquaient toutefois de mourir de faim, les fleurs et les insectes se faisant plutôt rares sur le territoire.

    L'écrivain Jean Provencher, lui aussi passionné d'ornithologie, a mobilisé tout son réseau pour venir en aide aux colibris la semaine dernière. Sur son blogue, il donnait avec force détails le bon mélange d'eau qu'il faut leur fournir. «En préparant votre mélange de sucre blanc et d'eau, soyez généreux. Allez-y d'un mélange très sucré.»

    Sur son site, les réactions se sont multipliées, chacun promettant de bien préparer son petit lunch à oiseaux-mouches. Or il semble que la menace se soit dissipée. «On voyait une progression constante, mais, depuis quelques jours, il n'y a que quelques points sur la carte», a fait remarquer M. Turgeon. Bref, les colibris se sont arrêtés aux frontières des États-Unis et du Canada.

    Selon le biologiste Yanick Charette, qui les a longtemps étudiés, la menace est bel et bien dernière nous. «S'ils étaient [déjà] rentrés au Québec, ce serait plus inquiétant», dit-il, mais ils se sont arrêtés à temps. À son avis, on pourrait voir les premiers colibris de l'année dès cette semaine au Québec, mais il n'y a rien à craindre. «Si ça tombait à moins 10, jour et nuit, pendant une semaine, ce serait inquiétant, mais on n'en est pas là et on ne s'en va pas vers ça.»

    Ce petit oiseau est plus résistant qu'il n'y paraît, ajoute-t-il. «Il est capable de tolérer des températures très froides. La nuit, il peut tomber en torpeur. Il va baisser son métabolisme au maximum. C'est un peu comme une hibernation temporaire.»

    D'autres oiseaux, comme les hirondelles, sont plus «à risque», selon Yves Aubry, biologiste au Service canadien de la faune. «On a eu une belle bordée de neige à Québec la semaine dernière et elles ont dû trouver ça difficile.» Contrairement aux colibris dont le bec très fin peut puiser de la nourriture à l'intérieur des bourgeons, les hirondelles sont moins agiles, explique-t-il.

    Par ailleurs, le printemps hâtif ne devrait pas trop nuire non plus aux plantes, selon la chroniqueuse du Devoir Lise Gobeille: «Il aurait pu y avoir des gels de feuilles» s'il avait fait chaud plus longtemps et que les feuilles avaient eu le temps de se développer avant le retour du froid. Or ça n'a pas été le cas. «Les pointes de feuilles ne sont pas brûlées. Il y a eu de la neige, mais ça n'a rien changé.»

    De toute façon, même si cela s'était produit, les arbres ont la capacité de produire des feuilles deux fois «en puisant dans leurs réserves», et la nature, dit-elle, «a une très grande capacité d'adaptation».
     
     
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