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Libre opinion - Les technologies propres, voilà la clé

2 avril 2012 | Céline Bak, auteure, conférencière, consultante et cofondatrice de la Coalition canadienne des technologies propres et Ian Philp, Fellow d'Action Canada et auteur du rapport Développer le plein potentiel des cleantechs | Actualités sur l'environnement
Le XXe siècle a été une période économique marquée par une prospérité croissante et une chute graduelle des prix des aliments, des biens et de l'énergie. Mais cette époque est révolue: les années 2000 ont vu les prix des ressources et de l'énergie monter en flèche, oblitérant en une dizaine d'années seulement les gains progressifs accumulés tout au long du dernier siècle. Les deux grandes causes de ces changements sont l'émergence de nouveaux marchés, qui ajoutera quelque trois milliards de personnes à la classe moyenne mondiale d'ici 2030, et la rareté des ressources.

Qui plus est, les changements climatiques auxquels participe la consommation croissante d'énergie fossile ont un impact de plus en plus grave sur la sécurité et la prospérité collectives. Bien qu'on ne puisse mettre entièrement de côté les hydrocarbures dans les années à venir, il est nécessaire de modifier les méthodes de production et d'utilisation de l'énergie, afin d'atténuer les effets délétères de la hausse des coûts sur la population et sur l'économie, de même que ses conséquences néfastes sur l'environnement.

Le Canada regorge de ressources naturelles, mais il n'a pas de plan cohérent pour les gérer. Depuis deux ans, à travers le pays, la question d'une stratégie énergétique pancanadienne prend de l'ampleur. Les gouvernements fédéral et provinciaux, le milieu financier, les chefs de l'industrie de l'énergie et certains groupes de réflexion prennent part aux discussions.

Les différences régionales sont cependant une pierre d'achoppement en politique canadienne. Les biens énergétiques du pays sont divers, mais la plus grande partie de ses hydrocarbures proviennent de l'Ouest, avec quelques réserves dans les Provinces atlantiques. Comment, alors, tenir compte de ces réalités et mettre au point une stratégie énergétique commune? Nous proposons les technologies propres, ou, comme il est souvent convenu de les appeler, les cleantechs.

1000 milliards

Les technologies propres, ce sont tous les produits, les services et les processus au rendement supérieur et aux coûts réduits qui nuiront peu à l'environnement, tout en améliorant l'usage efficace des ressources naturelles. Les panneaux solaires, les éoliennes et toute une panoplie d'innovations y figurent. Évidemment, le monde compte toujours sur les hydrocarbures, mais toutes les capitales, de Pékin à Bruxelles en passant par Washington (D. C.), cherchent à mieux les utiliser. Les plafonds d'émissions de gaz à effet de serre n'empêchent pas, lorsqu'il y en a, de maximiser la rentabilité de chaque tonne de carbone et chaque litre d'eau.

La demande mondiale de technologies propres est en pleine explosion dans le monde. Le secteur a crû de presque 30 % en moyenne par année pendant la dernière décennie et valait 1000 milliards de dollars en 2010. Pendant la crise financière mondiale, la demande est restée forte, et le secteur devrait atteindre 3000 milliards d'ici 2020. Déjà, les technologies propres représentent le troisième secteur économique en importance sur la planète.

Il y a de fortes chances pour que la prospérité économique et sociale repose à l'avenir sur des économies productrices et exportatrices de solutions novatrices et efficaces à faible teneur en carbone. L'industrie canadienne des technologies propres vaut déjà 9 milliards de dollars et emploie quelque 10 000 travailleurs hautement qualifiés. Elle est répandue à travers tout le pays, avec une concentration plus forte en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique. Le Canada s'est classé au 7e rang dans le Global Cleantech Innovation Index 2012, qui a souligné «sa force en innovation générale», mais son besoin pressant de «politiques gouvernementales et de financement public en recherche et développement pour les innovations en technologies propres».

La stratégie énergétique canadienne doit se pencher sur les possibilités offertes en matière d'énergie et d'innovations. C'est notamment la vision d'Alison Redford, première ministre de l'Alberta, qui a réclamé une production d'hydrocarbures plus écologique et des investissements massifs dans l'innovation et les technologies de l'avenir. La recherche et le développement sont déjà bien financés dans plusieurs autres secteurs canadiens; il faut en faire autant pour les cleantechs.

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Céline Bak, auteure, conférencière, consultante et cofondatrice de la Coalition canadienne des technologies propres et Ian Philp, Fellow d'Action Canada et auteur du rapport Développer le plein potentiel des cleantechs
 
 
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