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Le Réseau environnement a 50 ans - En 1962, les ingénieurs et les techniciens de l'eau du Québec se regroupaient

«On doit toujours s'assurer que ce que l'on fait soit pour le bien de l'environnement et la protection des personnes»

Le Réseau environnement compte aujourd’hui quelque 2000 membres, dont 400 entreprises, 200 municipalités et une vingtaine d’organismes gouvernementaux ou parapublics. <br />
Photo : STEQ Le Réseau environnement compte aujourd’hui quelque 2000 membres, dont 400 entreprises, 200 municipalités et une vingtaine d’organismes gouvernementaux ou parapublics.
Le Réseau environnement célèbre cette année son 50e anniversaire. Et, cette année, s'ajoutera comme secteur d'activité le vaste domaine que le mot «biodiversité» recouvre. Bilan et perspectives de ce Réseau aux 2000 membres avec son président actuel, Mustapha Ouyed.

La biodiversité devrait s'ajouter comme cinquième secteur d'activité chez le Réseau environnement. Cette proposition fera l'objet d'un vote le 14 mars prochain, lors de l'assemblée générale annuelle des membres, en marge du Salon des technologies environnementales. Si la motion est entérinée, la biodiversité s'additionnerait aux secteurs de l'eau, des sols et des eaux souterraines, de l'air et des changements climatiques, et des matières résiduelles.

Pour ce nouveau volet, le Réseau environnement entrevoit un probable partenariat avec le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (CDB) des Nations unies, dont le siège se trouve à Montréal. Cet enrichissement dans son champ d'expertise constituerait une réponse à la demande des membres, mais aussi au comité Plan Nord qu'il a créé pour faire des recommandations aux gouvernements sur les possibles répercussions de ce vaste chantier sur l'environnement. «Ce qu'on met de l'avant, ce n'est pas le Plan Nord, c'est la protection de la biodiversité», explique à ce sujet Mustapha Ouyed, président du Réseau environnement.

Depuis 50 ans


L'ajout de la biodiversité met en évidence tout le chemin parcouru par le Réseau environnement depuis sa fondation, il y a 50 ans. À l'origine, l'association se dédiait exclusivement aux problèmes liés à l'eau.

Comme le rapportait récemment la revue Vecteur environnement publié par le Réseau environnement, tout a débuté en 1962, lorsque les ingénieurs et les techniciens de l'eau au Québec se sont regroupés au sein de la section canadienne de l'American Water Works Association (AWWA). Comme peu de place était accordée au traitement des eaux usées et que les services n'étaient fournis qu'en anglais, les Québécois ont présenté, la même année, une requête pour obtenir une section du Québec. L'AWWA la leur a accordée au début de l'année suivante.

Ainsi est née l'Association québécoise des techniques de l'eau (AQTE), qui, lors de sa fusion en 1998 avec l'Association des entrepreneurs vidangeurs de la province de Québec, a élargi son mandat pour devenir le Réseau environnement.

Toujours porte-étendard de l'AWWA au Québec, l'association a donc bien changé. «L'évolution est extraordinaire. On n'est pas resté une association fermée sur des carcans», dit fièrement Mustapha Ouyed, successeur, en quelque sorte, de Lucien L'Allier, président fondateur de l'AQTE. «Quand on regarde en arrière et qu'on voit tous les dossiers qui ont été traités, de la dimension des égouts à la transformation des déchets en énergie, cela démontre l'adaptation de nos activités à la réalité et aux besoins du temps.»

Municipalités, ingénieurs et avocats


Le Réseau environnement compte aujourd'hui quelque 2000 membres, dont 400 entreprises, 200 municipalités et près une vingtaine d'organismes gouvernementaux ou parapublics. Il réunit des techniciens, des scientifiques de terrain, des ingénieurs, des économistes, des avocats et des fonctionnaires. Parmi ses membres, on dénombre aussi des centres de tri, des sites d'enfouissement, tout comme des entreprises qui traitent les agents contaminants dans les sols ou dans l'atmosphère. L'association a pour mission de soutenir les échanges techniques et commerciaux, d'assurer la diffusion de connaissances techniques et scientifiques et d'organiser une pression auprès des décideurs, toujours dans l'objectif premier de préserver et de protéger l'environnement.

Bref, cette association met de l'avant l'expertise écologique des professionnels qui «vivent du terrain». Une voix qui mérite d'être davantage écoutée, selon M. Ouyed, qui juge que l'oreille prêtée par les décideurs «est à géométrie variable». Si la collaboration s'avère fructueuse dans le cadre de la Stratégie québécoise d'économie d'eau potable, elle ne se déroule pas aussi rondement dans le dossier de la réduction des gaz à effet de serre (GES).

«Oui, c'est super de se fixer un objectif. C'est super de promouvoir telle ou telle chose. Il faut prendre conscience du fait que, sur le terrain, pour que ça se réalise, il y a des conditions opérationnelles», dit-il en appuyant ses mots. Si le Réseau environnement a salué l'adoption d'un règlement sur le système de plafonnement et d'échange de droits d'émission de GES, il affiche sa déception de ne pas avoir été invité au comité consultatif qu'a mis sur pied le ministre Pierre Arcand. «Les gens qui sont autour de la table ont leur place, mais c'est aussi important d'avoir le point de vue des gens du terrain [...]. Nos membres, ce sont eux qui sont en train de travailler avec les entreprises pour réduire leurs gaz à effet de serre», argumente-t-il.

Représentation et industrie


Mais la consolidation d'une expertise active sur le terrain présente aussi des risques de conflit d'intérêts, vu la présence de certains des membres au sein de l'industrie. «C'est un enjeu énorme pour nous. On doit toujours s'assurer que ce qu'on fait est pour le bien de l'environnement et la protection des personnes», reconnaît M. Ouyed. «Le cadre déontologique où nous sommes inscrits est énorme» et «les règles de gouvernance sont très strictes», précise le président, froissé par les récentes attaques de groupes écologistes, dont l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA).

Car son président, André Bélisle, avait contesté la nomination de Michel Lamontagne, administrateur du Réseau environnement, au sein du comité d'évaluation stratégique (EES) sur l'exploitation des gaz de schiste. Bien que M. Lamontagne fût le candidat proposé par le Réseau environnement, «il ne nous représente absolument pas et ne nous rend pas de comptes» au sein de l'EES, se défend M. Ouyed.

Dans Le Devoir du 29 juin dernier, M. Bélisle avait désigné le Réseau environnement comme «un groupe d'affaires qui espère sa part du gâteau».

«Plutôt que de taper sur la table pour qu'ils aient leur place autour de la table — et probablement qu'on les aurait appuyés — [certains groupes écologistes] tirent sur le Réseau environnement, déplore M. Ouyed. En théorie, vous pourriez penser que, pour nous, plus c'est pollué, mieux c'est. Non. On est beaucoup plus heureux d'être appelé pour prévenir la pollution, parce que, malheureusement, on a vu ce que ça donnait comme saccage», assure l'ingénieur en environnement, d'origine algérienne.

Recherche de consensus

Au Réseau environnement, l'essentiel des prises de position se basent sur des consensus. M. Ouyed voit dans cette démarche un autre moyen de prévenir l'influence de personnes en situation de conflit d'intérêts.

Un comité technique, par exemple, doit concilier les intérêts des industries en concurrence, mais aussi des municipalités, des organismes gouvernementaux, des firmes d'avocats, etc. Atteindre un consensus avec une telle diversité d'intervenants «n'est pas toujours facile, reconnaît M. Ouyed. On a des discussions assez franches, assez ouvertes, assez directes pendant qu'on est autour de la table. Parfois, ça chauffe beaucoup.»

Selon lui, la règle imposant que seul le consensus sorte engendre un dialogue plus enrichissant pour toutes les parties prenantes. À son avis, cette méthode possède aussi l'avantage, lorsqu'il y a un rare consensus fort, de déterminer des balises très nettes pour faire des recommandations aux décideurs.

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