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    Transformation et aménagement des bâtiments - L'efficacité énergétique est devenue une réalité

    «Notre objectif est de faire de l'Université de Sherbrooke une université carboneutre»

    Le pavillon de Longueuil comprend 37 puits géothermiques, des récupérateurs de chaleur ont été installés dans les unités de ventilation et une attention toute particulière a été apportée à la fenestration afin de profiter pleinement de la chaleur du Soleil.<br />
    Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Le pavillon de Longueuil comprend 37 puits géothermiques, des récupérateurs de chaleur ont été installés dans les unités de ventilation et une attention toute particulière a été apportée à la fenestration afin de profiter pleinement de la chaleur du Soleil.
    L'Université de Sherbrooke a fait le pari de prendre l'efficacité énergétique au sérieux. Dès 2006, elle s'est dotée d'un premier plan triennal en efficacité énergétique, reconduit pour la période allant de 2009 à 2012, aux objectifs ambitieux. Pari audacieux? Oui, mais pari gagné.

    «En adoptant un plan en efficacité énergétique, explique Alain Webster, vice-recteur au développement durable et aux relations gouvernementales, l'Université de Sherbrooke se donnait un plan structuré, avec des objectifs à atteindre et des moyens pour y arriver, et soutenu par un budget pour sa mise en application.»

    Les objectifs fixés par le plan en efficacité énergétique étaient plutôt ambitieux. D'une part, on cherchait à réduire d'ici 2012 la consommation d'énergie, mesurée en gigajoule par mètre carré, de 15 % à partir de l'année de référence 2002-2003 pour l'ensemble de ses bâtiments, neufs et existants. D'autre part, cette réduction de la consommation d'énergie devait se traduire par une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) qui favoriserait l'atteinte de l'objectif du Protocole de Kyoto, soit une réduction de 6 % des GES par rapport à l'année 1990. «On a même devancé notre plan, puisque ces deux objectifs ont été atteints en 2011.»

    Les moyens mis en place

    Pour y arriver, l'Université de Sherbrooke a utilisé tout un éventail de moyens. Prenons le cas des nombreuses chaudières qui servent à produire la vapeur et qui étaient chauffées uniquement au gaz naturel. «Nous avons doublé le système d'alimentation au gaz naturel avec un système d'alimentation à l'électricité, ce qui nous permet de profiter des tarifs plus bas consentis par Hydro-Québec lors d'une consommation hors des heures de pointe. Par exemple, la nuit, les chaudières sont chauffées par l'électricité, ce qui nous a permis de réduire de 40 % notre consommation de gaz naturel.»

    La géothermie a été aussi largement mise à contribution, à la fois dans les pavillons neufs comme dans les pavillons existants, puisque toutes les rénovations de ces derniers donnent l'occasion de mettre en place des mesures d'efficacité énergétique. «En 2009, lors de la rénovation du centre sportif, nous avons enlevé les chaudières à vapeur pour les remplacer par quatre puits géothermiques et un système de chauffage électrique en appoint. Aujourd'hui, ce bâtiment n'émet aucun gaz à effet de serre.»

    Les nouveaux pavillons ont évidemment bénéficié des plus récentes avancées en matière d'efficacité énergétique. Par exemple, le pavillon de Longueuil comprend 37 puits géothermiques, des récupérateurs de chaleur ont été installés dans les unités de ventilation et une attention toute particulière a été apportée à la fenestration afin de profiter pleinement de la chaleur du Soleil. Toutes ces mesures ont permis de réduire de 46 % la consommation d'énergie du bâtiment, en comparaison avec un bâtiment traditionnel, ce qui a valu à l'édifice un prix de l'American Society of Heating, Refrigeration and Air-Conditionning Engineers.

    La même approche a été utilisée lors de la construction en 2005 du pavillon des sciences de la vie, qui est chauffé et refroidi par 14 puits géothermiques. «De plus, nous avons installé un tunnel de récupération relié à des thermopompes afin de récupérer la chaleur perdue par les hottes de laboratoire, ce qui rend le bâtiment autosuffisant en matière de chauffage.»

    D'ailleurs, plusieurs autres bâtiments ont pris le virage de la récupération de chaleur et de sa redistribution par des thermopompes. Il en est ainsi du Centre de calcul numérique, qui maintenant récupère la chaleur émise par les ordinateurs.

    Un laboratoire en développement durable

    Le plus récent bâtiment, le pavillon des sciences humaines, certifié LEED argent, a non seulement tiré parti des mêmes avancées technologiques que les autres, mais il a aussi donné l'occasion d'introduire de nouvelles technologies. La structure du bâtiment de trois étages a été érigée entièrement avec des poutres de bois et le bâtiment comprend un mur solaire qui utilise les rayons du Soleil pour préchauffer l'air de ventilation puisé à l'extérieur.

    «Lorsqu'on investit en développement durable, surtout dans un établissement public comme une université, il faut faire la démonstration que l'argent n'est pas gaspillé et que l'investissement est rentable. Il est donc préférable d'y aller par étapes et ainsi se donner la marge de manoeuvre nécessaire afin de prouver que cette nouvelle technologie fonctionne. La décision de construire le pavillon des sciences humaines en bois découle de cette démarche. C'est la raison pour laquelle je considère le campus de l'Université de Sherbrooke comme un véritable laboratoire en développement durable.»

    Prochaine technologie dans la mire de ce laboratoire: l'énergie solaire. «Nous avons fait un premier pas en énergie solaire, avec le mur solaire du pavillon des sciences humaines. La prochaine étape, qui est déjà entreprise, consiste à faire l'analyse de l'ensemble de nos bâtiments afin de déterminer à quelles fins on pourrait utiliser l'énergie solaire. Peut-elle servir à autre chose que de préchauffer l'air de ventilation? Peut-elle chauffer l'eau des douches, par exemple? Doit-on se tourner vers l'énergie photovoltaïque et installer des panneaux solaires? Cette analyse devrait être complétée ce printemps et on verra alors quel geste poser.»

    Évidemment, Alain Webster se réjouit du progrès accompli depuis la mise en place du premier plan en efficacité énergétique, qui a permis à l'Université de Sherbrooke non seulement de réduire considérablement sa consommation d'énergie, mais aussi de respecter le Protocole de Kyoto, «même si, depuis 1990, le campus de l'université a doublé en superficie». Aujourd'hui, il vise une nouvelle cible. «Notre objectif en développement durable, c'est de faire de l'Université de Sherbrooke une université carboneutre.»

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