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    Corinne Gendron et l'économie verte - L'hypothèse Porter, vous connaissez?

    «On oppose désormais l'économie brune à l'économie verte»

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    Photo: UQAM Corinne Gendron, titulaire de la Chaire de res-ponsabilité sociale et de développement durable à l’UQAM
    Pour plus d'informations sur RIO+20: www.uncsd2012.org

    Sur l'économie verte vue par le Programme des Nations unies pour l'environnement: www.unep.org.
    L'économie verte? «C'est une façon d'arrêter de poser l'économie contre l'environnement. Il peut exister une économie qui soit écologique», explique Corinne Gendron, titulaire de la Chaire de responsabilité sociale et de développement durable à l'UQÀM. La professeure revient de Lyon, où elle parlait de la gouvernance du développement durable au début de février, lors du Forum francophone préparatoire de RIO+20. Car c'est d'économie verte, justement, que discuteront les politiques en juin prochain, à cette conférence RIO+20 des Nations unies. Zoom sur une économie où le vert n'est pas seulement la couleur de l'argent.

    L'économie verte, rappelle Corinne Gendron, est une théorie apportée en 1995 par l'Américain Michael Porter. «L'hypothèse Porter suppose qu'une réglementation sévère en environnement entraînerait plus d'innovations, donc plus de compétitivité. Porter va à l'encontre des discours qui disent que les contraintes étouffent l'innovation et la compétitivité. Pour moi, c'est un beau clin d'oeil. Il dit: "Voici les subventions données aux combustibles fossiles. En les octroyant, on encourage actuellement la détérioration de l'environnement." Les politiques publiques favorisent une économie brune. Selon le rapport Green Economy, du Programme des Nations unies pour l'environnement, les politiques publiques doivent favoriser une économie verte.»

    La participation des gouvernements est donc essentielle pour la mise en oeuvre de cette économie verte.

    15 ans déjà

    L'hypothèse Porter a plus de quinze ans. «La nouveauté, c'est de mettre ça à l'ordre du jour international et de venir préciser ce qu'on entend par "pôle économique pour le développement durable", poursuit Mme Gendron. On opposait souvent économie et environnement, économie et social, parce qu'on prenait l'économie au sens traditionnel. Alors qu'on parle d'une nouvelle économie, différente. On oppose désormais l'économie brune (brown economy) à l'économie verte.»

    Si le discours a recours aux mêmes mots, ceux-ci ont toutefois une autre portée. «La nouveauté, c'est de se demander si le développement économique qu'on poursuit est d'une faible intensité écologique et s'il maximise les retombées sociales. Il faut redistribuer la richesse, oui. Si on le fait par des emplois, on est dans une économie productiviste. L'économie verte vient nous dire comment concilier ces concepts. Les entreprises sont incluses et l'hypothèse Porter leur dit: "Dès demain, votre innovation doit avoir pour premier objectif non pas seulement de vendre plus, mais de consommer moins de ressources, dans tout ce que vous produisez." L'analyse du cycle de vie et l'écoconception sont donc des concepts extrêmement importants. Comme chercheure, je crois que ça va être une grosse avancée.»

    Absurde croissance

    Corinne Gendron aime la précision des idées apportée par l'économie verte. Elle émet toutefois un bémol. «On n'y remet pas en question la croissance. Personne ne peut me convaincre que, avec un modèle où on consomme au rythme où on consomme maintenant, on va pouvoir dématérialiser assez l'économie pour conserver le même niveau de vie. Est-ce qu'on peut vraiment croire que toutes les personnes du monde peuvent atteindre le même niveau de vie que les Américains et que la planète pourrait en même temps vivre éternellement?»

    Une telle approche est lourde de conséquences. Elle serait même suicidaire: «Il faudrait prendre toutes les ressources de la planète depuis le début des temps et se demander combien nous devons consommer chaque année pour que l'humanité continue à exister. On fonctionne présentement avec des horizons de cent ou deux cents ans. C'est archi-inéquitable! C'est absurde! C'est incroyable de dilapider ainsi les ressources. On prend du retard, alors qu'on n'a déjà plus de temps. Je trouve indécent qu'un pays aussi riche que le Canada ne fasse pas son effort. On a déjà été des leaders écologiques, on était cité en exemple, et maintenant on est vraiment en fin de queue. Le Québec continue à faire relativement bonne figure à l'échelle internationale.»

    De l'espoir, quand même? «Je pense qu'il y a une élite économique éclairée qui, je l'espère, pourra participer, notamment au niveau canadien, au réveil des politiques.» Ceux-ci seront-ils toutes oreilles à la conférence RIO+20 en juin?
     
     
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