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«Conversation publique sur l'avenir minier» - La qualité et l'éthique de la démarche sont mises en doute

La coalition Québec meilleure mine! menace de se retirer de la «Conversation publique sur l'avenir minier du Québec» si l'Institut du Nouveau Monde (INM) ne modifie pas la composition du comité scientifique et de l'échéancier des travaux.

«L'INM comptait beaucoup sur notre nom pour légitimer sa démarche. Un moment donné, ça a ces limites», a déclaré le porte-parole de Québec meilleure mine!, Ugo Lapointe, au Devoir.

La coalition, formée de près de 30 organisations non gouvernementales, estime que l'«échéancier serré de la démarche» ainsi que le «déséquilibre actuel» du comité scientifique portent atteinte à la «qualité» et à la «crédibilité» de la «Conversation publique sur l'avenir minier du Québec» instituée par l'INM.

L'INM offrira une «tribune libre» au grand public pour qu'il exprime ses questionnements, ses préoccupations ainsi que ses pistes de solution concernant les grands enjeux liés à l'exploration et à l'exploitation des ressources minérales du Québec.

«Ça fait plusieurs fois qu'on leur dit: "Écoutez, ça va trop vite. On n'est pas capables de suivre", a affirmé M. Lapointe. On se sent bousculés. Ça empêche une bonne participation du comité consultatif. Ça nuit à la qualité de toute la démarche et à sa crédibilité éventuelle.»

D'autre part, la coalition dit avoir appris que six des huit membres du comité scientifique, qui est notamment responsable de réviser les documents de l'INM, sont associés «de près ou de loin» aux secteurs minier, de la gestion et des finances. «Ça nous inquiète.»

Ces préoccupations s'ajoutent aux interrogations subsistant sur le financement de la «Conversation publique sur l'avenir minier du Québec» par Minalliance, une organisation mise sur pied afin de défendre les intérêts de l'industrie minière.

Le directeur général de l'INM, Michel Venne, s'expliquait mal hier soir l'ultimatum lancé par la coalition Québec meilleure mine! à deux jours du lancement de la tournée.

«Les citoyens vont pouvoir venir s'informer, échanger, exprimer leurs préoccupations. Il n'y a rien d'orienté là-dedans», a-t-il assuré, après avoir tour à tour défendu le calendrier des activités «dévoilé en décembre» et la composition du comité scientifique.

L'INM soutient avoir réuni «des gens de tous les horizons» au sein de ses comités consultatif et scientifique. «On a réconcilié différentes contraintes et on en est arrivé à prendre ces décisions-là», a fait savoir M. Venne, tout en ajoutant qu'«il n'y a pas lieu de s'inquiéter».

Rouyn-Noranda sera ainsi l'hôte samedi de la première de neuf activités publiques où les citoyens pourront échanger sur les enjeux de nature économique, sociale et environnementale liés au développement minier du Québec.

«Je suis persuadé qu'à la fin du processus, quand on jugera l'arbre à ses fruits, on va constater que ça va avoir été intéressant et que ça va avoir contribué à l'évolution du débat sur ces questions-là, a affirmé Michel Venne. J'invite tout le monde à y participer.»
 
 
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