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    Centrale nucléaire Gentilly-2 - Un accident coûterait des milliards

    Un accident nucléaire à la centrale de Gentilly-2 (G-2), similaire à celui de Fukushima l'an dernier, ferait perdre 6,7 milliards en un an aux personnes qui habitent présentement à moins de 20 kilomètres de la centrale. Cette perte passerait à 35 milliards sur cinq ans et à 86 milliards dans le cas d'une évacuation du territoire pendant dix ans.

    C'est ce que soutient une étude réalisée par le Center for Spatial Economics pour le compte de Greenpeace-Québec, étude dévoilée hier. Québec doit décider prochainement s'il va donner le feu vert à la restauration de la centrale par la société SNC-Lavalin, qui a acquis les actifs d'Énergie atomique Canada.

    Le document de Greenpeace, qui ne se prononce pas sur la probabilité d'un accident de type Fukushima au Québec, insiste sur les coûts «occultes» d'un accident nucléaire en raison des immunités légales accordées par le fédéral à la fois au producteur d'électricité et à ses fournisseurs.

    La Loi sur la responsabilité nucléaire transfère la responsabilité financière des accidents nucléaires de l'industrie aux contribuables, rappelle Greenpeace, car cette loi «limite à 75 millions de dollars la responsabilité financière d'un opérateur de réacteur, quel qu'il soit». Le gouvernement Harper a promis, il y a quelques années, de hausser cette responsabilité financière à 650 millions, mais ce dossier n'a pas progressé aussi vite que les pénalités pour les petits criminels.

    Cependant, même un plafond porté à 650 millions, estime Greenpeace, équivaudrait à une subvention cachée de 5,4 à 11 ¢ du kilowattheure, compte tenu des réserves ou assurances, soit entre 245 et 549 millions par année qui n'ont pas à être transférés dans le coût des kilowatts vendus.

    Le groupe environnemental estime qu'une telle immunité accordée à Hydro-Québec ou à SNC-Lavalin «s'écarte des conventions internationales établies en matière de droit civil et de common law». Au Japon, la société TEPCO devrait payer autour de 60 milliards en compensations diverses au cours des prochaines années, car près de 150 000 personnes ont été évacuées et plusieurs d'entre elles ont tout perdu.

    En cas d'accident nucléaire majeur à G-2, il faudrait évacuer, selon le rapport, les 169 000 personnes qui vivent à moins de 20 kilomètres de la centrale pour une période plus ou moins longue, selon le niveau de radioactivité des émissions.

    Parmi les autres impacts, le rapport mentionne l'interruption de la Voie maritime pendant la période d'évacuation, des problèmes majeurs d'approvisionnement en eau pour les villes situées en aval jusque dans la région de Québec, sans compter que les deux autoroutes reliant Montréal et Québec se retrouveraient dans la zone contaminée.
     
     
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