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Libre opinion - Pour une gestion des pêches durable

13 février 2012 | Scott Vaughan - Commissaire à l'environnement et au développement durable du Canada | Actualités sur l'environnement
La semaine dernière, le groupe d'experts de la Société royale du Canada a publié son rapport intitulé Le maintien de la biodiversité marine au Canada. Le rapport formule plusieurs constatations, notamment:

l'abondance des poissons marins dans les océans du Canada a diminué d'environ 52 %, en moyenne, de 1970 jusqu'au milieu des années 1990;

en 2009, les prises de la pêche au Canada correspondaient à la moitié des prises vers la fin des années 1980; la valeur au débarquement de toutes les pêches en 2009 était presque la plus faible depuis 1977;

les changements climatiques pourraient aggraver les pressions actuelles, compte tenu du changement de la température moyenne de l'eau qui pourrait avoir une incidence sur la survie des espèces marines, en augmentant l'acidité des océans du Canada.

Lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, un groupe de délégués a discuté de l'importance des océans de la planète pour l'économie. Près de 90 % de tous les biens échangés, en volume, dépendent des océans. Les délégués ont ainsi appris que la contribution annuelle des écosystèmes marins à l'économie mondiale représentait, selon les estimations, des billions de dollars, que ce soit en constituant la source principale de protéines de 1,5 milliard de personnes ou en étant la principale route commerciale mondiale de la majorité des biens commerciaux.

Compte tenu de l'importance des océans, les participants à la réunion à Davos ont débattu de la nécessité de s'attaquer à un nombre croissant de menaces pour les océans, notamment la surpêche, la pollution, les changements climatiques, la destruction des récifs coralliens et la perte d'autres habitats vitaux, ainsi que l'énorme quantité de matières plastiques flottantes et de déchets qui, pris ensemble, forment une «catastrophe environnementale», selon les délégués.

Bordé par trois océans, le Canada a un rôle fondamental à jouer dans la gestion durable des océans et des pêches sur la planète. En décembre dernier, notre rapport intitulé Une étude de la gestion des pêches pour en assurer la durabilité a été déposé au Parlement. L'étude a décrit certaines pratiques au Canada et ailleurs dans le monde qui nous permettent d'espérer que nous disposons des outils nécessaires pour inverser la spirale du déclin d'une pêche qui n'est plus durable à long terme.

Au cours des dernières années, certains stocks importants de poisson ont connu une baisse considérable au Canada, ce qui a eu des conséquences graves sur le plan économique et social. Pendant les années 1990, la plupart des pêches commerciales de poisson de fond du Canada atlantique se sont effondrées et ne sont pas encore rétablies. En 2010, les quatre populations de morue de l'Atlantique ont été inscrites sur la liste des espèces désignées en voie de disparition.

Au moment de l'effondrement des stocks de poisson de fond, le Canada a consacré plus de 3 milliards de dollars sur plusieurs années au titre de programmes d'aide aux revenus et d'adaptation. Or, les quatre populations de morue ne représentent qu'une fraction des espèces de poisson menacées: 96 % des espèces aquatiques d'eau douce et marines sont officiellement désignées «en voie de disparition» aux termes de la Loi sur les espèces en péril.

De nombreux facteurs menacent les stocks de poisson, que ce soit la variation cyclique des populations, la surpêche, l'acidification des océans ou le changement de la température moyenne de l'eau lié aux changements climatiques.

Néanmoins, comme l'indique notre étude, des stratégies existent pour s'attaquer à ces questions et à d'autres problèmes. Au Canada et ailleurs dans le monde, les marchés proposent un début de solution, notamment avec la croissance des produits de la pêche certifiés par des tiers qui respectent des seuils de durabilité précis. À l'international, de nouvelles stratégies sont adoptées pour améliorer la gouvernance. Des lois internationales et des mesures ont notamment été adoptées pour renforcer la coordination entre les organismes relevant de différents paliers d'administration qui sont chargés des divers volets de la gestion des océans.

La science est au coeur de ces stratégies de gestion et bien d'autres encore, car elle fournit les données et les indications nécessaires pour assurer la durabilité à long terme des pêches dans le respect des limites des écosystèmes marins. Dans le rapport au Parlement de décembre, nous avons recensé divers systèmes de surveillance environnementale du gouvernement fédéral qui permettent de suivre l'évolution des stocks de poisson afin de mieux comprendre les changements qui surviennent.

Dès la reprise de ses travaux importants, le Parlement pourrait souhaiter examiner les principes fondamentaux qui favorisent une pêche durable et la mesure dans laquelle les dispositions législatives actuelles — énoncées dans la Loi sur les pêches, il y a 145 ans, et dans la Loi sur les océans, il y a 15 ans — sont adaptées aux nouvelles possibilités qu'il faut saisir et aux difficultés qu'il faut surmonter pour assurer la durabilité des pêches au Canada.

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Scott Vaughan - Commissaire à l'environnement et au développement durable du Canada
 
 
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