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    Climat - Échec lamentable

    Le retrait du Canada du protocole de Kyoto avant le début de la période de prolongation qui s'étendra de 2013 à 2017 ne surprend personne. Pas plus que l'échec de la conférence de l'ONU qui s'est terminée dimanche à Durban par l'adoption d'un texte vague, sans autre engagement que celui de négocier un nouvel accord d'ici 2015. Entre-temps, même la promesse floue prise sur une base volontaire à Copenhague de contenir le réchauffement en deçà de 2 °C risque de ne pas être respectée. Surtout pas par le Canada!

    L'analogie du verre à moitié vide ou à moitié plein illustre mal l'entente intervenue après deux semaines de négociations à la conférence de Durban, en Afrique du Sud. L'entente concoctée par les 190 pays présents stipule qu'à partir de 2020, tous seront contraints d'appliquer les règles de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) qui auront été adoptées d'ici 2015. Quelles seront ces règles et, surtout, suffiront-elles à contrer la hausse de la température moyenne sur la terre? On n'en sait rien!

    Ce qui n'empêche pas les États-Unis de crier victoire puisqu'il y aura enfin réciprocité dans les engagements, c'est-à-dire que des pays comme la Chine et l'Inde seront aussi soumis à des plafonds d'émissions contraignants.

    De son côté, la Chine crie aussi victoire parce que le texte reconnaît que le Sud ne sera pas soumis à des exigences aussi sévères que le Nord. Une nuance que le ministre canadien de l'Environnement, Peter Kent, promet de combattre avec la dernière énergie, même si les émissions canadiennes par habitant sont dix-sept fois supérieures à celles de l'Inde, trois fois supérieures à celles du Mexique et de la Chine, et qu'elles ont grimpé de 30 % depuis 1990 au lieu de diminuer de 6 %, comme le Canada s'y était engagé en signant le protocole de Kyoto.

    Pour dire les choses directement, il n'y a rien d'autre dans l'entente intervenue dimanche que la promesse de poursuivre le dialogue. Entre-temps, c'est Kyoto qui se poursuit... Le problème, c'est que les États-Unis n'en font pas partie et que le Canada, la Russie et le Japon viennent d'annoncer qu'ils ne participeront pas à cette période de prolongation. Car, comme l'a répété notre ministre de l'Environnement, Kyoto est «une mauvaise entente pour notre pays», synonyme de mauvaise entente pour l'industrie des sables bitumineux.

    Le Canada s'en tient donc à la promesse faite à Copenhague de réduire ses GES de 17 % d'ici 2020 par rapport à 2005. Mission impossible, répliquent les environnementalistes qui constatent que la situation continue ne cesse d'empirer au lieu de s'améliorer au pays du «pétrole éthique» de Stephen Harper.

    Que les pays se soient entendus pour négocier un nouvel accord contraignant d'ici 2015, tous s'en réjouissent. Malheureusement, à l'exception de l'Union européenne, la plupart des grandes puissances refusent toujours de s'astreindre à des mesures pourtant essentielles pour stopper la croissance des émissions de GES, encore moins les réduire sous les niveaux calculés à Kyoto il y a quatorze ans.

    Or, si les experts disent vrai, il sera déjà trop tard en 2020 pour empêcher le processus de réchauffement d'atteindre le seuil catastrophique de +4 °C sur un horizon centenaire.

    Si tel est le scénario qui nous attend, il ne reste plus qu'à souhaiter que ces experts aient tout faux!
     
     
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