Développement minier - Pour en finir avec le cas Malartic
9 novembre 2011
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Marcel Côté, originaire de Malartic, fondateur de SECOR et administrateur d'Osisko depuis 2010
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Actualités sur l'environnement
Ville minière fondée en 1935, Malartic a atteint son apogée vers 1960, alors qu'elle comptait quelque 5000 habitants. Puis, peu à peu, les mines ont fermé. En 2005, la dernière industrie de Malartic, une scierie de Domtar, cessait ses activités. La population avait chuté à 3200 habitants. La moitié des magasins de la rue principale étaient placardés. La ville était aux prises avec une crise fiscale et un taux de taxes parmi les plus élevés au Québec. On pouvait y acheter une maison pour 50 000 $.
C'était avant l'arrivée d'Osisko.
Le fondateur d'Osisko, Robert Wares, est natif de Châteauguay. Géologue intellectuel, il soulevait le scepticisme de ses collègues géologues avec sa théorie de gisements porphyriques dans le Bouclier canadien qui pourraient contenir des réserves massives d'or à basse teneur. Il forma Osisko en 1998, dans le but de trouver de tels gisements au Québec. Cette recherche l'amena à fouiller la base de données du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec (SIGEOM), où il trouva un gisement porphyrique à Malartic, autour du site qu'avait exploité de 1935 à 1965 la mine Canadian Malartic. Même si la région de Malartic avait fait l'objet de nombreux travaux miniers, personne n'avait réalisé qu'un immense gisement porphyrique se cachait sous la partie sud de la ville.
Mais collecter les fonds pour entreprendre les forages qui vérifieront la présence du gisement s'avérera difficile. Ce n'est qu'en 2003 qu'il rencontrera fortuitement deux promoteurs miniers, Sean Roosen et John Burzinski, qui revenaient d'un séjour de plusieurs années en Afrique et cherchaient un projet au Québec. Les deux croient à la théorie de Wares et décident de s'associer à Osisko. Roosen, qui en est devenu le président, trouve en Allemagne les capitaux pour financer les travaux de forage qui confirment l'existence d'un immense gisement. En 2007, une équipe d'anciens cadres de Cambior se joint à Osisko, qui annonce des ressources de 8,4 millions d'onces — un des plus gros gisements d'or de l'histoire du Canada, et ce, sur un site déjà exploité depuis 70 ans!
Impact majeur
Le projet repose sur l'exploitation d'une mise à ciel ouvert pendant 15 ans, et la construction d'une usine qui peut traiter 50 000 tonnes de minerai par jour. La mise en oeuvre du projet se fait en étroite collaboration avec les autorités municipales, qui voient dans ce projet une nouvelle vie pour Malartic. La saga du déménagement du quartier sud de la ville a été largement médiatisée. Bien que le point de vue des opposants au projet a été largement diffusé dans les médias, la population de Malartic est solidement derrière le projet. Il y a certes eu des discussions et des opinions divergentes, mais pour la très grande majorité de la population, le projet Osisko est une manne tombée du ciel.
De 2008 à 2011, Osisko y investit plus de 1 milliard. Les dépenses ont un impact majeur: plus de 400 millions sont dépensés en Abitibi, dont 130 millions dans la seule ville de Malartic, et environ 400 millions ailleurs au Québec. Les travaux d'ingénierie ont été faits à Saint-Hilaire, et parmi les principaux entrepreneurs se trouvent des entreprises de Thetford Mines, de Rimouski, de Saguenay et évidemment de Val-d'Or et de Rouyn-Noranda. En somme, la plus importante mine d'or du Canada est l'oeuvre de Québécois.
La mine est en exploitation depuis mai dernier et quelque 540 personnes y travaillent. La moitié d'entre eux vivent à Malartic et à Rivière-Héva, une municipalité rurale aux abords de Malartic. Le salaire moyen est de 84 000 $ par année, du jamais vu à Malartic.
L'impact social et environnemental
Toute activité industrielle impose des compromis aux occupants des territoires limitrophes. Malartic n'y échappe pas. Mais les opérations d'Osisko sont soumises à la réglementation environnementale du gouvernement du Québec quant au bruit et aux poussières émanant de la mine et quant à la restauration du site après exploitation. L'expérience des premiers mois a amené la mine à élargir le périmètre de la zone inhabitée aux abords de la mine.
Comme la fosse est encore peu profonde, il y a de temps à autre des émanations de poussière et de bruit lorsque le vent souffle du sud. Mais mettons ce bruit en perspective. Sur mon balcon d'appartement, au centre-ville de Montréal, le bruit ambiant à toute heure du jour et de la nuit y est plus élevé de cinq décibels qu'à Malartic lorsque la mine opère. (Paradoxalement, Montréal échappe à la réglementation sur le bruit du ministère de l'Environnement.)
Sur le plan social, l'impact est majeur. Malartic a été transformé. Les infrastructures communautaires (école primaire, CPE, etc.) ont été construites à neuf. Un nouveau quartier a redéfini la ville. La municipalité affiche un surplus budgétaire et a entrepris un important programme de réfection des rues et des trottoirs. Mais ce qui a surtout changé Malartic, c'est l'arrivée d'un grand nombre de jeunes familles. Malartic est devenu une vraie ville, où on parle maintenant d'avenir.
Abitibi champêtre...
Ce qui arrivera à Malartic après l'épuisement de la mine est évidemment discuté. Les mines ne sont jamais éternelles. Mais Malartic a aujourd'hui quelque 20 ans pour se préparer à cette issue inévitable et a les ressources financières pour s'y attaquer. C'est une situation de loin plus favorable que celle d'il y a cinq ans, alors que tout tombait en ruines et qu'il n'y avait pas d'espoir. Les mines d'Abitibi s'étendent le long d'étroites failles géologiques, dont la plus connue est la faille de Cadillac, qui passe par Val-d'Or, Malartic et Rouyn-Noranda. On en découvrira d'autres, et l'expertise minière créée à Malartic y sera redéployée.
Évidemment, ceux qui rêvent d'une Abitibi champêtre n'apprécient pas ces développements miniers. Sans mines, l'Abitibi est un coin bien tranquille, une réserve faunique au service de nostalgiques retraités des grandes villes. Mais très peu de citoyens de Malartic veulent retourner à leur situation d'il y a cinq ans. L'Abitibi est une région minière où, dans le respect des lois environnementales, on exploite son riche sous-sol pour le plus grand bien des Québécois qui ont choisi d'y vivre et d'y travailler.
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Marcel Côté, originaire de Malartic, fondateur de SECOR et administrateur d'Osisko depuis 2010
C'était avant l'arrivée d'Osisko.
Le fondateur d'Osisko, Robert Wares, est natif de Châteauguay. Géologue intellectuel, il soulevait le scepticisme de ses collègues géologues avec sa théorie de gisements porphyriques dans le Bouclier canadien qui pourraient contenir des réserves massives d'or à basse teneur. Il forma Osisko en 1998, dans le but de trouver de tels gisements au Québec. Cette recherche l'amena à fouiller la base de données du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec (SIGEOM), où il trouva un gisement porphyrique à Malartic, autour du site qu'avait exploité de 1935 à 1965 la mine Canadian Malartic. Même si la région de Malartic avait fait l'objet de nombreux travaux miniers, personne n'avait réalisé qu'un immense gisement porphyrique se cachait sous la partie sud de la ville.
Mais collecter les fonds pour entreprendre les forages qui vérifieront la présence du gisement s'avérera difficile. Ce n'est qu'en 2003 qu'il rencontrera fortuitement deux promoteurs miniers, Sean Roosen et John Burzinski, qui revenaient d'un séjour de plusieurs années en Afrique et cherchaient un projet au Québec. Les deux croient à la théorie de Wares et décident de s'associer à Osisko. Roosen, qui en est devenu le président, trouve en Allemagne les capitaux pour financer les travaux de forage qui confirment l'existence d'un immense gisement. En 2007, une équipe d'anciens cadres de Cambior se joint à Osisko, qui annonce des ressources de 8,4 millions d'onces — un des plus gros gisements d'or de l'histoire du Canada, et ce, sur un site déjà exploité depuis 70 ans!
Impact majeur
Le projet repose sur l'exploitation d'une mise à ciel ouvert pendant 15 ans, et la construction d'une usine qui peut traiter 50 000 tonnes de minerai par jour. La mise en oeuvre du projet se fait en étroite collaboration avec les autorités municipales, qui voient dans ce projet une nouvelle vie pour Malartic. La saga du déménagement du quartier sud de la ville a été largement médiatisée. Bien que le point de vue des opposants au projet a été largement diffusé dans les médias, la population de Malartic est solidement derrière le projet. Il y a certes eu des discussions et des opinions divergentes, mais pour la très grande majorité de la population, le projet Osisko est une manne tombée du ciel.
De 2008 à 2011, Osisko y investit plus de 1 milliard. Les dépenses ont un impact majeur: plus de 400 millions sont dépensés en Abitibi, dont 130 millions dans la seule ville de Malartic, et environ 400 millions ailleurs au Québec. Les travaux d'ingénierie ont été faits à Saint-Hilaire, et parmi les principaux entrepreneurs se trouvent des entreprises de Thetford Mines, de Rimouski, de Saguenay et évidemment de Val-d'Or et de Rouyn-Noranda. En somme, la plus importante mine d'or du Canada est l'oeuvre de Québécois.
La mine est en exploitation depuis mai dernier et quelque 540 personnes y travaillent. La moitié d'entre eux vivent à Malartic et à Rivière-Héva, une municipalité rurale aux abords de Malartic. Le salaire moyen est de 84 000 $ par année, du jamais vu à Malartic.
L'impact social et environnemental
Toute activité industrielle impose des compromis aux occupants des territoires limitrophes. Malartic n'y échappe pas. Mais les opérations d'Osisko sont soumises à la réglementation environnementale du gouvernement du Québec quant au bruit et aux poussières émanant de la mine et quant à la restauration du site après exploitation. L'expérience des premiers mois a amené la mine à élargir le périmètre de la zone inhabitée aux abords de la mine.
Comme la fosse est encore peu profonde, il y a de temps à autre des émanations de poussière et de bruit lorsque le vent souffle du sud. Mais mettons ce bruit en perspective. Sur mon balcon d'appartement, au centre-ville de Montréal, le bruit ambiant à toute heure du jour et de la nuit y est plus élevé de cinq décibels qu'à Malartic lorsque la mine opère. (Paradoxalement, Montréal échappe à la réglementation sur le bruit du ministère de l'Environnement.)
Sur le plan social, l'impact est majeur. Malartic a été transformé. Les infrastructures communautaires (école primaire, CPE, etc.) ont été construites à neuf. Un nouveau quartier a redéfini la ville. La municipalité affiche un surplus budgétaire et a entrepris un important programme de réfection des rues et des trottoirs. Mais ce qui a surtout changé Malartic, c'est l'arrivée d'un grand nombre de jeunes familles. Malartic est devenu une vraie ville, où on parle maintenant d'avenir.
Abitibi champêtre...
Ce qui arrivera à Malartic après l'épuisement de la mine est évidemment discuté. Les mines ne sont jamais éternelles. Mais Malartic a aujourd'hui quelque 20 ans pour se préparer à cette issue inévitable et a les ressources financières pour s'y attaquer. C'est une situation de loin plus favorable que celle d'il y a cinq ans, alors que tout tombait en ruines et qu'il n'y avait pas d'espoir. Les mines d'Abitibi s'étendent le long d'étroites failles géologiques, dont la plus connue est la faille de Cadillac, qui passe par Val-d'Or, Malartic et Rouyn-Noranda. On en découvrira d'autres, et l'expertise minière créée à Malartic y sera redéployée.
Évidemment, ceux qui rêvent d'une Abitibi champêtre n'apprécient pas ces développements miniers. Sans mines, l'Abitibi est un coin bien tranquille, une réserve faunique au service de nostalgiques retraités des grandes villes. Mais très peu de citoyens de Malartic veulent retourner à leur situation d'il y a cinq ans. L'Abitibi est une région minière où, dans le respect des lois environnementales, on exploite son riche sous-sol pour le plus grand bien des Québécois qui ont choisi d'y vivre et d'y travailler.
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Marcel Côté, originaire de Malartic, fondateur de SECOR et administrateur d'Osisko depuis 2010








