Évaluation de l'industrie du gaz de schiste - Le comité promet «objectivité et transparence»
Son président se défend d'avoir le mandat de produire un rapport favorable à l'exploitation
Le dossier du Devoir sur le gaz de schiste
Cinq mois après la formation du comité qui dirige l'évaluation environnementale stratégique (EES) de l'industrie du gaz de schiste, son président a promis hier que les travaux seraient menés dans la plus grande «transparence» et que plusieurs consultations publiques seront réalisées d'ici le dépôt du rapport final, prévu au plus tard en novembre 2013.
«Notre démarche en est une d'acquisition de connaissances. Elle se veut rigoureuse, objective, indépendante et transparente», a assuré Robert Joly, qui présentait le «plan de réalisation» de l'EES en compagnie des dix autres membres du comité. Puisque le rapport du Bureau d'audiences publiques a mis en lumière une longue liste de lacunes dans les connaissances au sujet de cette industrie, tous les travaux seront menés dans l'optique de «combler le déficit de connaissances et [de] dissiper des incertitudes».
Mais il est impossible de savoir combien d'opérations de fracturation hydraulique seront autorisées par le comité. Pour l'instant, a souligné M. Joly, le comité n'a pas reçu de demande de la part des industries gazières. Le plan présenté hier fait également peu de cas de l'industrie pétrolière, bien que celle-ci envisage des opérations de fracturation hydraulique, un procédé jamais employé au Québec.
Essentiellement, le comité entend commander plusieurs études qui permettront d'évaluer les enjeux environnementaux et sociaux liés à l'implantation de cette filière fossile dans la vallée du Saint-Laurent. Il sera aussi beaucoup question de la «pertinence socioéconomique» de cette industrie, de la réglementation qui devrait être mise en place pour l'encadrer et des mécanismes de suivi d'éventuels projets d'exploitation.
Une lobbyiste contestée
Mais le comité n'a pas le mandat de produire un rapport qui se voudra favorable à l'exploitation du gaz de schiste, s'est défendu M. Joly. «Il n'y a pas de restrictions aux recommandations qu'on pourra faire au ministre. À la lumière des études qu'on aura commandées, on pourra recommander de mettre en place des mesures d'atténuation. Si on considère que ces mesures ne sont pas suffisantes pour réduire les risques et pour assurer une protection suffisante de l'environnement et du milieu social, le comité pourra recommander de ne pas aller de l'avant.»
Reste que le plan de réalisation — qui sera l'objet d'une consultation publique de 45 jours — fait plusieurs fois mention de la nécessité de «mesures» pour atténuer les impacts et ainsi favoriser l'«acceptabilité sociale».
Robert Joly a aussi assuré que Marianne Molgat, employée de la multinationale albertaine Talisman Energy, avait sa place au comité. «C'est une contribution absolument essentielle pour la compréhension des opérations du comité.» Mme Molgat est inscrite comme lobbyiste dans le but de représenter les intérêts de Talisman auprès de plusieurs ministères concernés par l'EES.
Le président du comité a du même coup rejeté les critiques qui ont dénoncé l'absence d'un représentant «citoyen» parmi les membres. «Le comité est un comité d'experts qui a un mandat de développement des connaissances avec des méthodes scientifiques. Les gens qui font partie du comité ont toute la crédibilité pour faire ça. Ce n'est pas un lieu de débat. On n'est pas à l'étape où on débat ou discute d'opinions par rapport au développement de l'industrie.»
«Plusieurs consultations publiques» sont prévues, mais elles ne sont pas encore toutes définies. Les études commandées devraient aussi être rendues publiques. Mais pas question de révéler les «recettes» des liquides utilisés pour effectuer la fracturation hydraulique. Il s'agit de «secrets industriels», bien que ceux-ci renferment des substances toxiques.
«Notre démarche en est une d'acquisition de connaissances. Elle se veut rigoureuse, objective, indépendante et transparente», a assuré Robert Joly, qui présentait le «plan de réalisation» de l'EES en compagnie des dix autres membres du comité. Puisque le rapport du Bureau d'audiences publiques a mis en lumière une longue liste de lacunes dans les connaissances au sujet de cette industrie, tous les travaux seront menés dans l'optique de «combler le déficit de connaissances et [de] dissiper des incertitudes».
Mais il est impossible de savoir combien d'opérations de fracturation hydraulique seront autorisées par le comité. Pour l'instant, a souligné M. Joly, le comité n'a pas reçu de demande de la part des industries gazières. Le plan présenté hier fait également peu de cas de l'industrie pétrolière, bien que celle-ci envisage des opérations de fracturation hydraulique, un procédé jamais employé au Québec.
Essentiellement, le comité entend commander plusieurs études qui permettront d'évaluer les enjeux environnementaux et sociaux liés à l'implantation de cette filière fossile dans la vallée du Saint-Laurent. Il sera aussi beaucoup question de la «pertinence socioéconomique» de cette industrie, de la réglementation qui devrait être mise en place pour l'encadrer et des mécanismes de suivi d'éventuels projets d'exploitation.
Une lobbyiste contestée
Mais le comité n'a pas le mandat de produire un rapport qui se voudra favorable à l'exploitation du gaz de schiste, s'est défendu M. Joly. «Il n'y a pas de restrictions aux recommandations qu'on pourra faire au ministre. À la lumière des études qu'on aura commandées, on pourra recommander de mettre en place des mesures d'atténuation. Si on considère que ces mesures ne sont pas suffisantes pour réduire les risques et pour assurer une protection suffisante de l'environnement et du milieu social, le comité pourra recommander de ne pas aller de l'avant.»
Reste que le plan de réalisation — qui sera l'objet d'une consultation publique de 45 jours — fait plusieurs fois mention de la nécessité de «mesures» pour atténuer les impacts et ainsi favoriser l'«acceptabilité sociale».
Robert Joly a aussi assuré que Marianne Molgat, employée de la multinationale albertaine Talisman Energy, avait sa place au comité. «C'est une contribution absolument essentielle pour la compréhension des opérations du comité.» Mme Molgat est inscrite comme lobbyiste dans le but de représenter les intérêts de Talisman auprès de plusieurs ministères concernés par l'EES.
Le président du comité a du même coup rejeté les critiques qui ont dénoncé l'absence d'un représentant «citoyen» parmi les membres. «Le comité est un comité d'experts qui a un mandat de développement des connaissances avec des méthodes scientifiques. Les gens qui font partie du comité ont toute la crédibilité pour faire ça. Ce n'est pas un lieu de débat. On n'est pas à l'étape où on débat ou discute d'opinions par rapport au développement de l'industrie.»
«Plusieurs consultations publiques» sont prévues, mais elles ne sont pas encore toutes définies. Les études commandées devraient aussi être rendues publiques. Mais pas question de révéler les «recettes» des liquides utilisés pour effectuer la fracturation hydraulique. Il s'agit de «secrets industriels», bien que ceux-ci renferment des substances toxiques.







