Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Le pionnier de l'écologie Pierre Dansereau est décédé

    Pierre Dansereau, pris en photo en juin 2006. L'écologiste s’est éteint à Montréal à quelques jours de son 100e anniversaire.
    Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Pierre Dansereau, pris en photo en juin 2006. L'écologiste s’est éteint à Montréal à quelques jours de son 100e anniversaire.
    - 12 juin 2006: Pierre Dansereau dénonce la privatisation au Mont-Orford

    - 26 novembre 2005: Pierre Dansereau - La conscience de notre environnement

    - 31 août 2002: Un texte signé Pierre Dansereau: Raisons d'espérer, volonté d'agir
    Un des grands pionniers des sciences de l’environnement, et probablement un des chercheurs québécois les plus connus à l’étranger, Pierre Dansereau, s’est éteint aujourd'hui à Montréal à quelques jours de son 100e anniversaire.

    M. Dansereau s’est joint à l’UQAM en 1971, où il prendra sa retraite en 1976. L’UQAM lui décernera le titre de professeur émérite en 1989. Il amorce alors une deuxième carrière au Laboratoire pour l’étude des écosystèmes et l’aménagement des territoires de l’UQAM. Il y a dirigé recherches et étudiants jusqu’en 2005. Il avait alors 96 ans. Ceux dont il avait été un indéfectible mentor ainsi que l’UQAM s’apprêtaient à souligner son 100e anniversaire la semaine prochaine.

    Pierre Dansereau a commencé sa carrière de chercheur à l’Université de Montréal, une institution qu’il quittera pour occuper de prestigieuses fonctions aux États-Unis, avant d’y revenir plus tard dans diverses fonctions.

    «L'Écologiste» du Québec

    Gilles Vincent, le directeur du Jardin botanique de Montréal, où Dansereau a travaillé avec le frère Marie-Victorin, dit de ce dernier qu’il est «l’Écologiste» du Québec.
    Pierre Dansereau, ajoute-t-il, a mis l’accent durant toute sa vie sur l’importance des phénomènes de collaboration entre les espèces vivantes, faisant ainsi pendant à la dynamique de la concurrence interespèces valorisée par Darwin.

    Déjà dans les années 40, ajoute le directeur du Jardin botanique, Pierre Dansereau flirtait avec l’idée qu’il fallait réunir dans une vision intégrée les humains et les espèces vivantes plutôt que d’y voir deux logiques, deux forces opposées.

    Approche multidisciplinaire

    C’est avec la publication en 1957 de Biogeography, an Ecological Perspective, que Pierre Dansereau marquera la science de l’environnement par son approche multidisciplinaire et par son approche qui intègre totalement l’action humaine comme une constituante incontournable des écosystèmes. Il sera un des premiers à analyser les sociétés humaines selon une logique d’écosystème.

    Cette vision large et généreuse de la jeune science de l’environnement est alors devenue une référence internationale, ce qui explique, ajoute Gilles Vincent, que Pierre Dansereau est encore plus connu à l’extérieur du Canada que le frère Marie-Victorin, qui avait été son mentor au Jardin botanique créé au début des années 1930.

    Cette reconnaissance est d’ailleurs telle que l’Encyclopédie Britannica le présente comme un des fondateurs de l’écologie contemporaine. Le Biographical Center, de Cambridge, le décrit par ailleurs comme un des 2000 chercheurs qui ont le plus marqué le 20 siècle. On lui a décerné 15 doctorats honorifique en écho des quelque 600 articles scientifiques qu’il a publié durant sa longue carrière, en plus de plusieurs autres livres.

    Ce visionnaire des sciences environnementales du 21e siècle, dit Louise Vandelac, une sociologue qui dirige aujourd’hui l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM, était doté d’un «souffle scientifique incomparable, doublé d’une grande rigueur et d’une indépendance intellectuelle qui ne se démentait pas. Il aimait répéter que nos faillites sont celles de notre manque d’imagination.»

    Jean-Guy Vaillancourt, un spécialiste de la sociologie environnementale, a été un ami de longue date de Pierre Dansereau. Il a rédigé plusieurs biographies de ce chercheur, dont une publiée à la fin d’une autobiographie de Dansereau (La Lancée, Éditions Multimondes 2005, volume 1).

    La carrière de Dansereau se divise en trois phases, y écrit-il. D’abord les sciences naturelles (taxonomie végétale, écologie naturelle, biosystématique et biogéographie), puis l’axe des sciences sociales (écologie humaine, écodéveloppement, sociologie de l’environnement et écosociologie), et enfin la phase de l’éthique, de l’éducation, des arts, des humanités et de l’écodécision.

    Dansereau s’est attaqué avec ces outils aux plus grands problèmes d’environnement de la planète, dont il retraçait les causes dans «l’accroissement vertigineux de la population, la croissance industrielle effrénée sans respect de la nature et des humains, et les pratiques d’aménagement inadéquates». À ces maux, Pierre Dansereau opposera le concept «d’austérité joyeuse» en plus d’inviter le public et les chercheurs «à l’engagement social et politique dans les luttes environnementales pour la conservation de la nature et le développement durable.»

    Militant

    Pierre Dansereau a également fait l’objet du documentaire «Quelques raisons d’espérer», un portrait réalisé en 2001 à l’Office national du film. Lui-même, dans des entrevues, se décrivait comme un incorrigible optimiste.

    Encore militant actif, on l’a vu en 2006 monter aux barricades pour dénoncer la privatisation alors envisagée du mont Orford par le gouvernement Charest. Il dénonçait le «manque de planification du paysage à long terme».
     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel