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Le pionnier de l'écologie Pierre Dansereau est décédé

Pierre Dansereau, pris en photo en juin 2006. L'écologiste s’est éteint à Montréal à quelques jours de son 100e anniversaire.
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
Pierre Dansereau, pris en photo en juin 2006. L'écologiste s’est éteint à Montréal à quelques jours de son 100e anniversaire.
Un des grands pionniers des sciences de l’environnement, et probablement un des chercheurs québécois les plus connus à l’étranger, Pierre Dansereau, s’est éteint aujourd'hui à Montréal à quelques jours de son 100e anniversaire.

M. Dansereau s’est joint à l’UQAM en 1971, où il prendra sa retraite en 1976. L’UQAM lui décernera le titre de professeur émérite en 1989. Il amorce alors une deuxième carrière au Laboratoire pour l’étude des écosystèmes et l’aménagement des territoires de l’UQAM. Il y a dirigé recherches et étudiants jusqu’en 2005. Il avait alors 96 ans. Ceux dont il avait été un indéfectible mentor ainsi que l’UQAM s’apprêtaient à souligner son 100e anniversaire la semaine prochaine.

Pierre Dansereau a commencé sa carrière de chercheur à l’Université de Montréal, une institution qu’il quittera pour occuper de prestigieuses fonctions aux États-Unis, avant d’y revenir plus tard dans diverses fonctions.

«L'Écologiste» du Québec

Gilles Vincent, le directeur du Jardin botanique de Montréal, où Dansereau a travaillé avec le frère Marie-Victorin, dit de ce dernier qu’il est «l’Écologiste» du Québec.
Pierre Dansereau, ajoute-t-il, a mis l’accent durant toute sa vie sur l’importance des phénomènes de collaboration entre les espèces vivantes, faisant ainsi pendant à la dynamique de la concurrence interespèces valorisée par Darwin.

Déjà dans les années 40, ajoute le directeur du Jardin botanique, Pierre Dansereau flirtait avec l’idée qu’il fallait réunir dans une vision intégrée les humains et les espèces vivantes plutôt que d’y voir deux logiques, deux forces opposées.

Approche multidisciplinaire

C’est avec la publication en 1957 de Biogeography, an Ecological Perspective, que Pierre Dansereau marquera la science de l’environnement par son approche multidisciplinaire et par son approche qui intègre totalement l’action humaine comme une constituante incontournable des écosystèmes. Il sera un des premiers à analyser les sociétés humaines selon une logique d’écosystème.

Cette vision large et généreuse de la jeune science de l’environnement est alors devenue une référence internationale, ce qui explique, ajoute Gilles Vincent, que Pierre Dansereau est encore plus connu à l’extérieur du Canada que le frère Marie-Victorin, qui avait été son mentor au Jardin botanique créé au début des années 1930.

Cette reconnaissance est d’ailleurs telle que l’Encyclopédie Britannica le présente comme un des fondateurs de l’écologie contemporaine. Le Biographical Center, de Cambridge, le décrit par ailleurs comme un des 2000 chercheurs qui ont le plus marqué le 20 siècle. On lui a décerné 15 doctorats honorifique en écho des quelque 600 articles scientifiques qu’il a publié durant sa longue carrière, en plus de plusieurs autres livres.

Ce visionnaire des sciences environnementales du 21e siècle, dit Louise Vandelac, une sociologue qui dirige aujourd’hui l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM, était doté d’un «souffle scientifique incomparable, doublé d’une grande rigueur et d’une indépendance intellectuelle qui ne se démentait pas. Il aimait répéter que nos faillites sont celles de notre manque d’imagination.»

Jean-Guy Vaillancourt, un spécialiste de la sociologie environnementale, a été un ami de longue date de Pierre Dansereau. Il a rédigé plusieurs biographies de ce chercheur, dont une publiée à la fin d’une autobiographie de Dansereau (La Lancée, Éditions Multimondes 2005, volume 1).

La carrière de Dansereau se divise en trois phases, y écrit-il. D’abord les sciences naturelles (taxonomie végétale, écologie naturelle, biosystématique et biogéographie), puis l’axe des sciences sociales (écologie humaine, écodéveloppement, sociologie de l’environnement et écosociologie), et enfin la phase de l’éthique, de l’éducation, des arts, des humanités et de l’écodécision.

Dansereau s’est attaqué avec ces outils aux plus grands problèmes d’environnement de la planète, dont il retraçait les causes dans «l’accroissement vertigineux de la population, la croissance industrielle effrénée sans respect de la nature et des humains, et les pratiques d’aménagement inadéquates». À ces maux, Pierre Dansereau opposera le concept «d’austérité joyeuse» en plus d’inviter le public et les chercheurs «à l’engagement social et politique dans les luttes environnementales pour la conservation de la nature et le développement durable.»

Militant

Pierre Dansereau a également fait l’objet du documentaire «Quelques raisons d’espérer», un portrait réalisé en 2001 à l’Office national du film. Lui-même, dans des entrevues, se décrivait comme un incorrigible optimiste.

Encore militant actif, on l’a vu en 2006 monter aux barricades pour dénoncer la privatisation alors envisagée du mont Orford par le gouvernement Charest. Il dénonçait le «manque de planification du paysage à long terme».
 
 
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  • arabe - Inscrit
    29 septembre 2011 13 h 07
    Une vie honorable, mais une jeunesse empreinte d'antisémitisme (nul n'est parfait en ce bas monde)
    Sans rien enlever à la mémoire et à la contribution de Pierre Dansereau, il n'est pas vain de rappeler que le jeune Danserea a malheureusement vécu une courte période antisémite pendant sa jeunesse:

    http://books.google.com/books?id=1ZRPv8WET68C
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  • Paul Lalande - Inscrit
    29 septembre 2011 13 h 36
    100 ans d'une vie active
    Il faut être empreint d'une superbe "écologie personnelle" pour vivre ainsi jusqu'à 100 ans! Superviser des étudiants à plus de 90 ans! Mon chapeau à ce grand bonhomme qui a apporté beaucoup à notre société par son dynamisme et son intelligence.
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  • arabe - Inscrit
    29 septembre 2011 13 h 47
    Suite de mon commentaire, qui a été amputé pour des raisons inconnues
    L’esprit de meute avait alors infecté Pierre Dansereau, tout comme l'esprit de meute antisioniste (la forme moderne de l’antisémitisme) infecte malheureusement de nombreux Québécois irréfléchis de nos jours.

    Quelques extraits d’un discours de Pierre Dansereau le 20 avril 1933:
    “Nous (NDLR: les Canadiens-Français) avons tout ce qu’il faut pour devenir une race supérieure.”

    Il réplique ensuite à Raoul Dandurand et Fernand Rinfret, qui avaient “osé” s’associer à une protestation juive contre les persécutions nazies (1):

    ” C’est donc que l’élément juif représente, au Canada, une puissance plus forte que la voix du sang. Tolérance! Tolérance! ont-ils crié. Mais ce mot, mesdames et messieurs, ne fait pas partie du vocabulaire chrétien. (…) Si ce n’était encore que l’argent juif qui nous asservissait, nous aurions moins à nous plaindre. Mais chaque jour, l’internationalisme juif fait des progrès, même chez les nôtres.” Dansereau termine son discours en regrettant “le temps jadis où c’était l’amabilité française qui vous répondait derrière les comptoirs et non (…) le hideux empressement des juifs.”

    Source: p. 267-268 dans “Les intellectuels québécois: formation et engagements 1919-1939″ (Catherine Pomeyrols, l’Harmattan, 1996, 537 pages)

    (1) Raoul Dandurand (sénateur libéral) et Fernand Rinfret (maire de Montréal) s’étaient associés à une protestation tenue par une assemblée de la communauté juive à l’aréna Mont-Royal le 6 avril 1933. Le but de cet assemblée qui a suscité l’ire et le fiel de Dansereau: protester contre les persécutions nazies en Allemagne!
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  • Jacques Gagnon - Abonné
    29 septembre 2011 13 h 48
    Quelle saloperie !
    Chose Arabe, car on ne sait de quelle bibitte exactement il s'agit, ne peut s'empêcher d'exercer ce qui nous répugne chez les obtus de son genre. Votre période demeurée s'éternise à ce que l'on voit.

    Vous n'auriez pas pu avoir une réserve devant ce monument québécois qu'a été Pierre Dansereau ? Ne vous demandez pas plus pourquoi le monde entier est contre vous sauf quelques républiques de babanes et votre maison-mère aux USA. Pourquoi insulter tout le temps et revenir sur des époques révolues ?

    Vous êtes répugnant et cessez donc de vous affubler de ce nom ridicule derrière lequel vous vous cachez.
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  • arabe - Inscrit
    29 septembre 2011 13 h 52
    L'hyperlien de mon commentaire de 13h07 a également été tronqué.
    Veuillez aller à la page 17 de l'hyperlien tronqué pour voir la page que je voulais citer.
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  • Pierre Samuel - Inscrit
    29 septembre 2011 14 h 25
    Un autre chêne qui s'abat...
    Un grand Monsieur s'est éteint. Chercheur, professeur, écologiste avant l'heure à une période où ce n'était pas évident.

    A la fois homme de son époque et du futur, il s'assumait pleinement et portait en lui la nature humaine dans sa grandeur et ses défaillances, nonobstant des erreurs de jeunesse comme plusieurs autres intellectuels québécois de l'avant Révolution tranquille...

    Homme libre, fier et debout pendant près d'un siècle, à mille lieux de la couardise de l'anonymat. Mes respects, M. Dansereau.
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  • christinel - Inscrit
    29 septembre 2011 14 h 33
    100 ans d'une vie active...oui
    Je salue ce grand scientifique souscieux des problèmes de l'environnement.
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  • France Marcotte - Abonnée
    29 septembre 2011 15 h 44
    Pas une mort, une fin
    "Il aimait répéter que nos faillites sont celles de notre manque d’imagination", dit Louise Vandelac.
    "À ces maux (environnementaux), Pierre Dansereau opposera le concept «d’austérité joyeuse» en plus d’inviter le public et les chercheurs «à l’engagement social et politique dans les luttes environnementales pour la conservation de la nature et le développement durable."

    Après une vie aussi bien remplie, aussi fertile, aussi longue, cette mort ne suscite pas les mêmes émotions qu'une vie brusquement, bêtement interrompue. C'est une vie qui est allée jusqu'au bout.

    "Ceux dont il avait été un indéfectible mentor ainsi que l’UQAM s’apprêtaient à souligner son 100e anniversaire la semaine prochaine."

    Il me semble que si on ne réussit pas à accepter sereinement cette mort en le manifestant d'une façon ou une autre, aucune autre mort ne pourra l'être.
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  • - Abonné
    29 septembre 2011 16 h 48
    A celui qui se fait passer pour un arabe!
    La bonté manifestée par un salaud déçoit autant que la bassesse commise par un homme de grand idéal.
    [M. Aguéev- Mark Levi (1898 - 1973), écrivain russe.] Extrait de Roman avec cocaïne .

    Pierre Dansereau était l'une des lumières de cette société. Ce rappel misérable d'une autre époque par un anonyme est obscène dans un Québec contemporain ouvert aux autres. Visiblement, vous n'avez pas eu la chance de rencontrer Pierre Dansereau et de connaître son oeuvre.

    Gérard Côté
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  • Rodrigue Tremblay - Inscrit
    29 septembre 2011 19 h 10
    @gagnon et coté
    Commencez donc par apprendre votre histoire. Dans l'Union Soviétique de Staline on refaisait aussi les CV

    Dansereau -comme Chartrand- dans sa jeunesse a flirté très fort avec l'antisémitisme. Pourquoi le cacher? Leur pensée reflétait l'air du temps. Rien de honteux là-dedans, c'est notre histoire.
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  • Jacques Thibault - Abonné
    29 septembre 2011 22 h 04
    JUIF
    Que cela vous servent de leçon femmes et hommes libres en votre temps comme aujourd'hui! Vous devez comprendre que la liberté n'existe pas, pas plus que la faculté de penser la société et l'époque dans laquelle vous respirez. Il vous est et sera préjudiciable pour l'éternité de vous exprimer selon vos convictions sociales, politiques, économiques ou humaines dès que celles-ci critiqueront de près ou de loin le communautarisme économico-juif. Vous recevrez la condamnation d'ANTISÉMITISTE! Voilà le message de peur que tente d'alimenter en vous sur ce blog du Devoir l'inscrit ou plutôt le conscrit sous l'insolent pseudonyme Arabe. Cet individu probablement payé par l'état d'Israël pour faire contre-poids à l'opinion planétairement défavorable aux politiques israéliennes (http://www.lepost.fr/article/2009/09/10/1690365_le a parfaitement le droit de s'exprimer ainsi, notre société est ainsi faite. Cependant cet APPELÉ de la Torat comprendra, malheureusement après avoir fait beaucoup de tord à son peuple, que la lumière émerge des ténèbres. Pour ceux qui ne l'avait pas encore réalisé, nous sommes dans une période insidieusement ténébreuse qui aura une fin, car même si l'on perd de grands hommes et de grandes femmes, la civilisation demeure dans le cœur et dans l'esprit des peuples. Une condition est cependant nécessaire pour conserver la lumière de votre compréhension de votre époque, N'AYEZ PAS PEUR. M. Dansereau n'avait pas peur. Il a dit et fait ce qu'il croyait juste et il assumait ses opinions. Juste pour ça c'était un grand homme.
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