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    Rénover les maisons serait plus rentable que de rénover Gentilly-2

    Hydro-Québec économiserait près de 40 % des coûts anticipés pour la réfection et l'opération de la centrale de Gentilly-2 si elle optait plutôt pour un programme de subventions destiné à changer la fenestration d'une résidence sur quatre au Québec, ce qui lui permettrait de récupérer la même quantité d'énergie annuellement. Un tel programme de rénovation des maisons offrirait en prime au Québec de faire disparaître de son territoire son unique centrale nucléaire et les risques d'accident inhérents à son opération.

    C'est ce que soutient une étude réalisée par un jeune mathématicien, Denis Boyer, pour le compte d'Écohabitation, un organisme sans but lucratif qui fait la promotion d'habitations saines, peu énergivores et abordables.

    Question d'isolation

    Selon cette étude, si Hydro-Québec accordait 500 $ sur un coût moyen de 800 $ par fenêtre, il serait possible d'isoler la quasi-totalité de la fenestration de 900 000 foyers, soit un sur quatre.

    «Suite à la nouvelle autorisation d'exploitation de la centrale, accordée le 29 juin dernier par la Commission canadienne de sûreté nucléaire, le gouvernement du Québec réfléchit actuellement à une éventuelle relance, accompagnée d'une réfection de Gentilly-2. Nous l'incitons fortement à se pencher sur les calculs effectués pour le compte d'Écohabitation [...]. Les 900 000 foyers québécois équipés de portes et fenêtres Energy Star économiseraient la même quantité d'énergie que celle produite annuellement par Gentilly-2 pendant ses 25 ans de vie utile, soit 4,5 TWh», explique la porte-parole du groupe, Emmanuelle Walter.

    Des milliards


    Selon l'étude, le coût de fonctionnement de Gentilly-2 durant les 25 prochaines années atteindrait 6,56 ¢ du kilowattheure, comparativement à 4 ¢/kWh avec un programme de rénovation des portes et fenêtres. Sur 25 ans, restaurer et opérer Gentilly-2 coûtera 7,8 milliards, comparativement à 4,5 milliards pour le programme de rénovation des portes et fenêtres.

    Selon Denis Boyer, le projet de réfection de Gentilly-2 est officiellement fixé à 2 milliards. Alors que certaines évaluations anticipent une hausse des coûts de 200 % à la lumière de la spirale des coûts encourus à Pointe-Lepreau, au Nouveau-Brunswick, il a plutôt un coût de réfection de 3 milliards.

    Si SNC-Lavalin, désormais propriétaire d'Énergie atomique du Canada, arrivait à contenir le coût de la réfection à 2 milliards, précise le jeune chercheur, le coût du kilowattheure de Gentilly serait néanmoins de 5,7 ¢, ce qui demeure supérieur à la restauration du quart du patrimoine bâti du Québec. Mais l'avantage décisif d'un programme de remplacement des portes et fenêtres réside, dit-il, dans la valeur et le confort accrus de ces résidences rénovées, dans la dispersion des emplois dans toute la province, en plus de faire disparaître au Québec les risques inhérents au nucléaire.












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