Dans un lac près de chez vous
Les algues bleu-vert sont toujours aussi présentes au Québec
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
En 2009 et en 2010, un total de 150 cours d’eau ont été envahis chaque année à différents niveaux par des cyanobactéries. Il s’agit presque exclusivement de lacs, dont plusieurs sont utilisés pour des activités de villégiature ou comme source d’eau potable.
Le gouvernement Charest ne divulgue plus systématiquement la liste des cours d'eau affectés par des cyanobactéries depuis 2008. Mais le phénomène est toujours aussi présent, selon ce qu'a constaté Le Devoir.
Le changement de stratégie de communication opéré par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) a en bonne partie fait disparaître cet épineux dossier de la place publique. Le virage est survenu après que le sujet eut fait les manchettes pendant des semaines au cours de l'été 2007, suscitant de vives inquiétudes dans la population. Au ministère, certains avaient alors qualifié la chose de «panique médiatique». Cette année-là, selon les données mises à jour du ministère, un total de 156 cours d'eau ont été affectés par des cyanobactéries, communément appelées algues bleues ou algues bleu-vert.
Et selon ce qu'il a été possible de constater après avoir obtenu du ministère la liste des cours d'eau affectés au cours des dernières années, ces infestations toxiques ne diminuent pas d'intensité. «Le nombre de plans d'eau touchés est relativement semblable», reconnaît d'ailleurs le MDDEP dans son rapport-bilan sur le sujet daté de 2010.
Ainsi, en 2009 et en 2010, un total de 150 cours d'eau ont été envahis chaque année à différents niveaux par des cyanobactéries. Il s'agit presque exclusivement de lacs, dont plusieurs sont utilisés pour des activités de villégiature ou comme source d'eau potable. En 2008, la présence de ces cyanobactéries a été détectée dans 138 plans d'eau, un léger ralentissement qui pourrait être attribuable au fait que l'été avait été particulièrement pluvieux.
Par ailleurs, en 2010, 13 régions administratives ont été frappées par cette espèce invasive. Les régions des Laurentides, de Lanaudière et de l'Outaouais l'ont été davantage, avec respectivement 32, 21 et 17 cours d'eau. Pour certaines, le problème était particulièrement présent. C'est le cas du bassin-versant de la rivière L'Assomption, au nord de Montréal. Selon le rapport du MDDEP, «55 % des échantillons contenaient au moins un genre de cyanobactérie présentant un potentiel de production toxique».
Au total, quelque 53 des cas de cyanobactéries recensés au Québec en 2010 étaient de nouveaux cas, selon ce qu'on peut lire dans le rapport du ministère. Le gouvernement a consacré 343 884 $ pour l'analyse des 968 échantillons recueillis dans un total de 229 plans d'eau.
Nouvelle méthode de calcul
Les experts du ministère ont également noté «d'importantes fleurs d'eau [plus de 100 000 cellules par millilitre] dans 87 % des plans d'eau, et ce, au moins une fois au cours de l'année». Fait à noter, le gouvernement a changé sa méthode de calcul des cyanobactéries en 2008. Il fixe désormais à 20 000 cellules par millilitre le seuil minimal pour qu'un cours d'eau soit inscrit sur la liste. En raison de ses modifications, le nombre de cas recensés en 2007 a été revu de 200 à 156.
C'est également en raison des changements dans les méthodes de calcul du ministère que le nombre de plans d'eau où le MDDEP a décrété des «restrictions d'usages» a décliné entre 2007 et 2010, passant de 28 à 6. Québec a justifié sa décision en disant s'inspirer des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé pour fixer ses normes.
Pour l'année 2009, 47 des 150 cours d'eau infectés l'ont été pour la première fois. Pas moins de 52 bassins versants ont été touchés, dans 14 régions administratives. Les Laurentides ont connu 35 cas cette année-là. La facture des analyses en laboratoire s'était élevée à 656 840 $.
Lorsqu'elle était ministre de l'Environnement, Line Beauchamp avait reconnu que le phénomène n'était pas près de se résorber, d'autant plus qu'il est souvent le résultat d'une lente et longue accumulation de phosphore et d'autres oligo-éléments dans les sédiments. «L'amélioration va se faire sentir à long terme. On a toujours dit que dans le cas de la problématique d'éclosion d'algues bleues, c'est un phénomène qui résulte de générations de comportements pas bien adaptés à la réalité de nos lacs. Ça ne changera pas en un an ou deux», avait expliqué la ministre.
Au début de l'été 2008, le MDDEP avait toutefois décidé de ne pas informer, comme dans les années précédentes, les citoyens sur la présence de cyanobactéries au fur et à mesure qu'elles apparaissaient dans les lacs de leur région à moins d'un danger justifiant une mise en garde. Des groupes environnementaux ont d'ailleurs dénoncé un «manque de transparence» de la part de Québec dans le dossier des cyanobactéries. Selon eux, si cette information n'avait pas été disponible en 2007, Québec n'aurait pas pris des mesures pour s'attaquer à la prolifération de ces invasions toxiques.
Après que le sujet eut fait la manchette pendant des semaines au cours de l'été 2007, le gouvernement Charest avait en effet organisé un sommet consacré au problème des cyanobactéries. Celui-ci a débouché sur le plan d'action 2007-2017, qui prévoit différentes initiatives pour s'attaquer à ce problème de santé publique. On a notamment prévu du financement pour des travaux de recherche sur la toxicité des cyanobactéries, des projets-pilotes et de l'aide aux municipalités aux prises avec le problème et qui voulaient passer à l'action.
Le changement de stratégie de communication opéré par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) a en bonne partie fait disparaître cet épineux dossier de la place publique. Le virage est survenu après que le sujet eut fait les manchettes pendant des semaines au cours de l'été 2007, suscitant de vives inquiétudes dans la population. Au ministère, certains avaient alors qualifié la chose de «panique médiatique». Cette année-là, selon les données mises à jour du ministère, un total de 156 cours d'eau ont été affectés par des cyanobactéries, communément appelées algues bleues ou algues bleu-vert.
Et selon ce qu'il a été possible de constater après avoir obtenu du ministère la liste des cours d'eau affectés au cours des dernières années, ces infestations toxiques ne diminuent pas d'intensité. «Le nombre de plans d'eau touchés est relativement semblable», reconnaît d'ailleurs le MDDEP dans son rapport-bilan sur le sujet daté de 2010.
Ainsi, en 2009 et en 2010, un total de 150 cours d'eau ont été envahis chaque année à différents niveaux par des cyanobactéries. Il s'agit presque exclusivement de lacs, dont plusieurs sont utilisés pour des activités de villégiature ou comme source d'eau potable. En 2008, la présence de ces cyanobactéries a été détectée dans 138 plans d'eau, un léger ralentissement qui pourrait être attribuable au fait que l'été avait été particulièrement pluvieux.
Par ailleurs, en 2010, 13 régions administratives ont été frappées par cette espèce invasive. Les régions des Laurentides, de Lanaudière et de l'Outaouais l'ont été davantage, avec respectivement 32, 21 et 17 cours d'eau. Pour certaines, le problème était particulièrement présent. C'est le cas du bassin-versant de la rivière L'Assomption, au nord de Montréal. Selon le rapport du MDDEP, «55 % des échantillons contenaient au moins un genre de cyanobactérie présentant un potentiel de production toxique».
Au total, quelque 53 des cas de cyanobactéries recensés au Québec en 2010 étaient de nouveaux cas, selon ce qu'on peut lire dans le rapport du ministère. Le gouvernement a consacré 343 884 $ pour l'analyse des 968 échantillons recueillis dans un total de 229 plans d'eau.
Nouvelle méthode de calcul
Les experts du ministère ont également noté «d'importantes fleurs d'eau [plus de 100 000 cellules par millilitre] dans 87 % des plans d'eau, et ce, au moins une fois au cours de l'année». Fait à noter, le gouvernement a changé sa méthode de calcul des cyanobactéries en 2008. Il fixe désormais à 20 000 cellules par millilitre le seuil minimal pour qu'un cours d'eau soit inscrit sur la liste. En raison de ses modifications, le nombre de cas recensés en 2007 a été revu de 200 à 156.
C'est également en raison des changements dans les méthodes de calcul du ministère que le nombre de plans d'eau où le MDDEP a décrété des «restrictions d'usages» a décliné entre 2007 et 2010, passant de 28 à 6. Québec a justifié sa décision en disant s'inspirer des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé pour fixer ses normes.
Pour l'année 2009, 47 des 150 cours d'eau infectés l'ont été pour la première fois. Pas moins de 52 bassins versants ont été touchés, dans 14 régions administratives. Les Laurentides ont connu 35 cas cette année-là. La facture des analyses en laboratoire s'était élevée à 656 840 $.
Lorsqu'elle était ministre de l'Environnement, Line Beauchamp avait reconnu que le phénomène n'était pas près de se résorber, d'autant plus qu'il est souvent le résultat d'une lente et longue accumulation de phosphore et d'autres oligo-éléments dans les sédiments. «L'amélioration va se faire sentir à long terme. On a toujours dit que dans le cas de la problématique d'éclosion d'algues bleues, c'est un phénomène qui résulte de générations de comportements pas bien adaptés à la réalité de nos lacs. Ça ne changera pas en un an ou deux», avait expliqué la ministre.
Au début de l'été 2008, le MDDEP avait toutefois décidé de ne pas informer, comme dans les années précédentes, les citoyens sur la présence de cyanobactéries au fur et à mesure qu'elles apparaissaient dans les lacs de leur région à moins d'un danger justifiant une mise en garde. Des groupes environnementaux ont d'ailleurs dénoncé un «manque de transparence» de la part de Québec dans le dossier des cyanobactéries. Selon eux, si cette information n'avait pas été disponible en 2007, Québec n'aurait pas pris des mesures pour s'attaquer à la prolifération de ces invasions toxiques.
Après que le sujet eut fait la manchette pendant des semaines au cours de l'été 2007, le gouvernement Charest avait en effet organisé un sommet consacré au problème des cyanobactéries. Celui-ci a débouché sur le plan d'action 2007-2017, qui prévoit différentes initiatives pour s'attaquer à ce problème de santé publique. On a notamment prévu du financement pour des travaux de recherche sur la toxicité des cyanobactéries, des projets-pilotes et de l'aide aux municipalités aux prises avec le problème et qui voulaient passer à l'action.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

