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    Un projet de mini-centrale hydroélectrique menace un rare site mycologique

    La construction d'une minicentrale hydroélectrique de 1,8 mégawatt dans les chutes que protège le parc régional de Sainte-Ursule, en Mauricie, pourrait menacer une des plus importantes colonies de champignons du Québec, qui abrite plusieurs espèces rares, voire uniques.

    C'est ce qu'a écrit en fin de semaine au ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, le président du Cercle des mycologues de Montréal (CMM), Raymond McNeil. Ce professeur de biologie de l'Université de Montréal, présentement à la retraite, est une sommité dans ce domaine avec, notamment, deux livres à son crédit.

    Dans sa lettre au ministre, M. McNeil demande une «intervention immédiate pour suspendre, du moins temporairement, le projet, le temps d'en évaluer les retombées environnementales» sur ce que le CCM qualifie de «richesse collective», notamment au moyen d'une audience publique.

    La réglementation québécoise fixe à au moins 5 mégawatts la puissance installée des centrales qui doivent passer par le test de l'étude d'impacts et de l'audience publique. Pour de plus petits projets, le ministère de l'Environnement se contente généralement d'une étude plus modeste, appelée «étude de répercussions environnementales» qui n'est pas rendue publique et ne fait pas l'objet d'audiences à moins que le ministre ne l'ordonne en vertu de ses pouvoirs d'enquête.

    Le site des chutes de Sainte-Ursule, situé à quelques kilomètres à l'intérieur des terres à la hauteur de Louiseville, est un site «d'une valeur considérable à l'échelle régionale, mais aussi à l'échelle nationale», écrit le président du cercle montréalais, qui compte près de 1000 membres. Le CMM, qui organise deux ou trois visites par année à cet endroit avec ses membres depuis 35 ans, y a dressé des inventaires comme il en existe peu au Québec pour d'autres sites.

    Espèces rares et uniques

    Ces inventaires, précise Raymond McNeil dans sa lettre, «font état pour le parc d'une richesse et d'une diversité fongiques considérables. L'occurrence au parc des chutes d'espèces rares ou uniques (c'est-à-dire présentes au Québec ou au Canada, mais trouvées uniquement audit parc), probablement favorisée par les brumes générées par les chutes, confère à ce dernier un caractère d'unicité et une valeur patrimoniale inestimables en tant que réservoir de la biodiversité fongique.»

    La direction du parc et la municipalité de Sainte-Ursule projettent de turbiner en moyenne environ cinq mètres cubes d'eau à la seconde pour rentabiliser leur projet. C'est à peu près le débit moyen de la rivière Maskinongé à cet endroit en août et septembre, ce qui pourrait assécher totalement cette chute de plus de 40 mètres, d'où la crainte des scientifiques de voir ce microclimat altéré irréversiblement. Ni la municipalité ni son consultant, la firme BPR, n'ont divulgué le débit réservé projeté pour la chute, au pied de laquelle on retrouve des sites importants pour les maskinongés et même des tortues des bois, une autre espèce rare qui profite des brumes permanentes générées par la chute.

    La municipalité prévoit emprunter 10 millions pour ce projet grâce à un règlement d'emprunt sur lequel les citoyens pourront se prononcer en référendum si le registre ouvert jeudi recueille les 141 voix (10 %) exigées par la réglementation.












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