Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Biocarburants - Une stratégie de nouvelle génération qui est source d'espoir

    18 août 2011 |Warren Mabee et Donald L. Smith | Actualités sur l'environnement
    Aux quatre coins du monde, le prix de l'énergie et des denrées alimentaires est à la hausse, à l'instar du niveau de dioxyde de carbone dans l'atmosphère. Les biocarburants évolués peuvent régler tous ces problèmes. Et le Canada, avec ses vastes réserves de biomasse — l'ensemble des matières organiques pouvant être converties en énergie — et sa faible population, est bien placé pour devenir un chef de file mondial dans la production de biocarburants de deuxième génération issus de la biomasse.

    Les biocarburants traditionnels sont actuellement remis en question dans le monde entier. Depuis le début de juin, plusieurs organismes internationaux ont réclamé que l'on cesse de subventionner la production d'éthanol, dans l'espoir d'atténuer les pressions exercées sur les réserves alimentaires mondiales et de réduire la volatilité des prix. Le Sénat américain, dont les membres ont traditionnellement pris fait et cause pour l'industrie des biocarburants aux États-Unis, a voté pour la suppression des subventions. Le prix mondial du maïs (et, dans une moindre mesure, d'autres céréales) — la principale matière de base pour la production d'éthanol — affiche une hausse constante, ce qui rétrécit les marges bénéficiaires des producteurs de biocarburants.

    Un compte-rendu publié dans la revue Science indique que la production mondiale de maïs et de blé aurait baissé au cours de la dernière décennie en raison des changements climatiques. Par conséquent, des pénuries sont envisageables, ce qui met en doute la viabilité d'une stratégie énergétique reposant sur ces denrées. Or, la hausse des coûts énergétiques entraînant une hausse du prix des aliments, le déploiement de sources d'énergie de remplacement est nécessaire.

    La biomasse comme matière de base


    Il reste que la production de biocarburants et un approvisionnement alimentaire suffisant ne sont pas incompatibles. Nous croyons que le Canada doit adopter une stratégie relative aux biocarburants de deuxième génération, utilisant la biomasse — et non des denrées alimentaires — comme matière de base. Le bois provenant des forêts, la paille et le fourrage produits par les exploitations agricoles, des cultures spécialisées telles que celle du panic raide ou du peuplier (ne nécessitant pas une terre agricole de premier choix) et de nouvelles possibilités à exploiter, dont l'utilisation d'algues, constituent autant d'options pouvant mener à une expansion des biocarburants dans l'ensemble du pays, exempte de conséquences néfastes pour l'agriculture.

    La mise en valeur de biocarburants issus de la biomasse pourrait créer une nouvelle ressource importante en combustibles renouvelables. La production d'une plus grande proportion du carburant que nous consommons pour le transport, au moyen de sources locales renouvelables et durables, nous protégera des aléas du marché mondial du pétrole — les fluctuations de ce marché ont fait grimper le prix de l'essence de près de 30 % au cours de la dernière année. L'effet conjugué de la hausse de la demande dans des pays en développement comme la Chine et l'Inde et du déclin de la production mondiale de pétrole consécutif au pic pétrolier propulsera encore les prix à la hausse, peut-être radicalement. Il est impératif que nous investissions dans une solution de rechange locale.

    Des efforts à investir

    Une stratégie relative aux biocarburants de deuxième génération constituerait une politique environnementale judicieuse. Nous ne prétendons pas que les biocarburants sont la solution au rétablissement de l'ère préindustrielle, mais nous affirmons que l'utilisation accrue des biocarburants et des bioproduits peut nous aider à tenir en bride la concentration de gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère. Le remplacement des carburants classiques par des biocarburants permettrait de réduire la charge des GES associée à l'utilisation des combustibles fossiles. De plus, des données de l'Agence de protection environnementale des États-Unis ont démontré que les biocarburants de deuxième génération sont considérablement plus performants que ceux produits à partir de maïs ou de soja.

    Pour que le Canada soit aux premières lignes de l'exploitation de ces technologies nouvelles et qu'il tire profit de sa vaste biomasse forestière et agricole ainsi que de ses capacités d'innovation en biotechnologie, des efforts doivent être investis en recherche et en formation de même qu'à l'égard des technologies. Ces efforts doivent également intégrés en un tout cohérent orienté vers le marché.

    Nous avons besoin d'une stratégie relative aux biocarburants de deuxième génération pour en arriver là, et ce, dès maintenant.

    ***

    Warren Mabee - Professeur adjoint à l'École d'étude sur les politiques de l'Université Queen's et directeur par intérim de l'Institut des sciences énergétiques et environnementales

    Donald L. Smith - Professeur titulaire d'une chaire James McGill, directeur du Réseau de recherche stratégique des cultures vertes et du Réseau d'innovation en matière de biocarburants et de bioproduits de l'Université McGill
     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel