Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Plan Nord - Québec paiera la grosse part d'une route pour une mine de diamants

    Les actionnaires de Stornoway Diamond Corporation, par exemple, ont de quoi se réjouir de l'annonce du prolongement de la route 167, qui ouvre la voie à l'exploitation de la première mine de diamants au Québec.
    Photo: Source Stornoway Diamond Corporation Les actionnaires de Stornoway Diamond Corporation, par exemple, ont de quoi se réjouir de l'annonce du prolongement de la route 167, qui ouvre la voie à l'exploitation de la première mine de diamants au Québec.
    DOSSIER DU DEVOIR SUR LE PLAN NORD
    Le gouvernement Charest injecte des dizaines de millions de dollars pour faciliter le boom minier dans le cadre de son Plan Nord. C'est en effet l'État québécois qui assumera la plus grande part des coûts du prolongement de la route 167, un nouveau tronçon qui facilitera la mise en exploitation de la première mine de diamants de la province. Un gisement dont la valeur brute pourrait dépasser les 5 milliards de dollars.

    Selon les prévisions budgétaires rendues publiques hier, la construction de cette route de 243 kilomètres coûtera 331,6 millions de dollars, soit 1,4 million du kilomètre. Le gouvernement assumera la majeure partie de la facture en investissant pas moins de 287,6 millions de dollars dans le projet, soit 8 millions de plus que ce qui était inscrit dans le document présentant les investissements en infrastructures dans le cadre du Plan Nord.

    De son côté, la minière Stornoway Diamond Corporation s'engage à injecter 44 millions dans le projet sur une période de 10 ans, et ce, à partir de juillet 2015. L'entreprise de Vancouver a aussi accepté d'«effectuer une contribution maximale de 5000 $ le kilomètre, soit 1,2 million par année, pour l'entretien de la route pendant son utilisation». Selon ce qu'a dit hier le ministre délégué aux Transports, Norman MacMillan, Stornoway paiera la totalité des coûts d'entretien de cette route gravelée pendant 10 ans. Impossible, pour le moment, de savoir à qui cette responsabilité incombera par la suite.

    Mais la minière — qui a trois lobbyistes inscrits dont le mandat comprend le dossier du prolongement de la route 167 — a aussi posé ses conditions. Dans le communiqué qu'elle a diffusé hier, elle précise que la «contribution» de 44 millions de Stornoway «sera notamment conditionnelle à la construction de la route dans les délais prévus, à l'obtention de toutes les approbations des organismes de réglementation pour la construction du projet diamantifère Renard et à l'obtention du financement pour le projet Renard».

    Québec négocie

    Même si cette entente fait en sorte que le trésor public assume, pour le moment, la plus grosse partie de la facture, le ministre MacMillan s'est voulu rassurant. Le gouvernement souhaiterait, au final, récupérer environ 50 % des coûts. Pour le moment, 85 % de la facture devra être payée à même les fonds publics. Mais selon ce qu'a fait valoir le ministre, Québec négocie avec deux autres sociétés minières qui souhaitent développer des projets dans la même région que le projet diamantifère, situé à 350 kilomètres au nord de Chibougamau. Ces entreprises pourraient éventuellement débourser une partie des coûts, mais rien n'a jusqu'ici été précisé. Et le gouvernement compte lancer les travaux cet automne, pour les compléter d'ici 2015.

    Le premier ministre Jean Charest a également vanté l'entente négociée par Québec. «Il s'agit d'une première dans le cadre du Plan Nord. Cette participation du secteur privé à la mise en place d'infrastructures publiques de transport au profit d'un projet de développement économique concrétise de belle façon notre vision du développement durable du Québec nordique. En plus de donner accès à un territoire difficilement accessible auparavant et de permettre un partage des coûts d'implantation et d'entretien de cette infrastructure, l'entente signée aujourd'hui pour le prolongement de la route 167 ouvre la voie au développement d'autres projets, tant dans le domaine minier que dans les domaines forestier, faunique, énergétique ou récréotouristique», a-t-il dit au cours d'un point de presse à Chibougamau. L'annonce a d'ailleurs été bien accueillie dans la région.

    En tout, le gouvernement Charest compte investir 1,2 milliard d'ici 2016 dans le développement des infrastructures dans le cadre du Plan Nord, que le premier ministre Jean Charest a qualifié de «chantier d'une génération». Ces investissements devraient atteindre 33 milliards d'ici 25 ans. Difficile toutefois de savoir quelle sera la part payée par les entreprises. Chose certaine, ces investissements profiteront largement au secteur minier, qui s'intéresse à plusieurs gisements majeurs dans le nord québécois.

    Les actionnaires de Stornoway Diamond Corporation, par exemple, ont de quoi se réjouir de l'annonce du prolongement de la route 167, qui ouvre la voie à l'exploitation de la première mine de diamants au Québec. Selon ce qu'a indiqué hier son président et chef de la direction, Matt Manson, l'entreprise pourrait en tirer plus de 30 millions de carats sur une période de 25 ans. À une valeur moyenne de 180 $ le carat, on parle d'une valeur brute de plus de 5,4 milliards de dollars.

    Dans ses prévisions financières, Québec prévoit que le Plan Nord générera des revenus de 14 milliards sur 25 ans, soit 560 millions par année. Plusieurs projets miniers d'envergure sont en effet en développement. Par exemple, dans le cas du projet aurifère de l'entreprise Goldcorp, situé près de la baie James, on prévoit extraire près de quatre millions d'onces d'or en 15 ans. Au prix actuel, soit 1500 $ l'once, on parle donc d'une valeur brute de près de 6 milliards de dollars. L'entreprise a d'ailleurs une douzaine de lobbyistes à son service. Ceux-ci ont notamment pour mandat de plaider pour un «soutien financier gouvernemental» au développement de la mine.
     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel