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    Gaz à effet de serre - L'enjambée du Québec

    Rarement voit-on les représentants des groupes écologistes applaudir à chaudes mains leurs vis-à-vis gouvernementaux. C'est pourtant cette scène inhabituelle qui a eu lieu mercredi, alors que Québec dévoilait un ambitieux et volontaire programme de réduction des gaz à effet de serre confirmant l'activité d'une Bourse du carbone.

    Plutôt adeptes de la critique que de l'éloge, Équiterre et l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique ont salué l'audace du Québec qui, avec la mise en oeuvre de ce plan de réduction des GES, porte la fière étiquette de précurseur, à l'échelle canadienne. Il s'agit en effet d'un pas de géant.

    L'enjambée est majeure, particulièrement lorsqu'on la juxtapose aux sauts de puce effectués par le Canada. Depuis que celui-ci s'est agrippé à l'immobilisme américain, il recule. Heureusement, des États américains et des provinces canadiennes affichent une volonté qui contraste avec l'intransigeance et la couardise des fédérations. La Californie est devenue le symbole de la mise en place d'une Bourse du carbone, un engagement des gouvernements subnationaux membres de la Western Climate Initiative, dont le Québec fait partie. À la manière californienne, le Québec n'attend pas du Canada qu'il lève le petit doigt.

    Le projet de règlement dévoilé mercredi lance les bases réglementaires d'une Bourse du carbone assortie d'un plafond d'émissions de GES les ramenant à 20 % sous la barre de 1990. À la manière européenne, qui expérimente un tel marché depuis 2005, le mécanisme de permis négociables issu de Kyoto permet de fixer des quotas d'émissions au-delà desquels les entreprises fautives devront acheter des crédits aux industries ayant fait bonne figure et émis moins de GES que le niveau permis.

    De quoi réjouir les écologistes, car s'articule ici enfin, après deux décennies de tergiversations, le support d'une action nécessaire. Toutefois, soumis à l'épreuve du réel, ce plan pourrait se heurter à certains obstacles. Les entreprises récalcitrantes pourraient ainsi choisir de transporter leur production dans des marchés où la réglementation est inexistante — les terrains vierges abondent. En outre, le marché pourrait être moins lucratif que l'on ne le croit — le dernier rapport de la Banque mondiale révèle une première baisse en 2010, après cinq ans de hausses constantes. Enfin, on passera le véritable test lorsqu'en 2015 le secteur lié au transport — le nerf de la guerre — sera touché. Sans un plan de transport en commun solide, les cibles prendront du plomb dans l'aile.

    En attendant de vérifier si la pratique sera à la hauteur des projets de règlement, célébrons l'audace du Québec et espérons qu'elle inspirera... le Canada.
     
     
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