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    Des abeilles et des pesticides

    Les apiculteurs mettent en garde contre les semences enrobées d'insecticides

    Le taux de mortalité des polulations d’abeilles oscille aujourd’hui entre 25 et 30 %. <br />
    Photo: Agence Reuters Michael Kooren Le taux de mortalité des polulations d’abeilles oscille aujourd’hui entre 25 et 30 %.
    Une fédération de l'Union des producteurs agricoles (UPA), soit celle des apiculteurs, sonne l'alarme sur la généralisation de l'usage des semences «enrobées» d'insecticides, ce qui pourrait avoir des impacts cumulatifs sur les pollinisateurs en déclin, dont les abeilles.

    «Nous n'accusons pas les producteurs agricoles de compromettre l'avenir de l'agriculture en menaçant les pollinisateurs. Souvent, ils ne savent pas ce qu'ils achètent. Mais on a décidé d'élever la voix avant que l'utilisation des insecticides systémiques se généralise sans évaluation de cette pratique sur les pollinisateurs, qui sont un maillon essentiel pour la reproduction des plantes naturelles et agricoles», expliquait hier au Devoir Jean-Pierre Chapleau, porte-parole de la Fédération des apiculteurs du Québec.

    Cette fédération doit, comme le reste de l'Amérique et de l'Europe, composer avec des taux de mortalité de 25 à 30 % de ses populations d'abeilles. Le phénomène est difficile à expliquer en raison des multiples causes qui peuvent agir en synergie. On craint cependant que le déclin des pollinisateurs nuise à la productivité agricole à cause de l'insouciance des agriculteurs eux-mêmes envers cette question.

    Récemment, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) faisait état d'une diminution des quantités d'insecticides utilisées au Québec. On serait ainsi passé de 629 946 kg en 2007 à 524 205 kg d'ingrédients actifs l'année suivante, soit une réduction de 16,7 %.

    Mais, indique M. Chapleau, cette diminution pourrait masquer une augmentation des surfaces traitées avec des pesticides, car les chiffres du ministère ne tiendraient pas compte des «pesticides systémiques», soit ceux dont on enrobe les graines afin de faciliter leur absorption dans les liquides internes de la plante. Selon M. Chapleau, la quasi-totalité des semences de maïs qu'on introduira dans les champs du Québec sera des semences enrobées d'insecticide. Le portrait global pourrait être fort différent, dit-il, s'il comptabilisait les «surfaces» traitées, quelle que soit la méthode.

    Selon M. Chapleau, les anciennes méthodes exposaient moins les abeilles, car sauf si elles touchaient un insecticide peu de temps après les arrosages, elles avaient moins de chances d'être contaminées par la suite. Maintenant, dit-il, avec les semences systémiques, les abeilles sont exposées durant toute la saison de culture.

    Il critique aussi les méthodes de l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) dans le cas, par exemple, du Poncho 600, un insecticide réputé pour ses effets aigus sur les abeilles et incomplètement évalué par le producteur, Bayer Crop Science. L'ARLA, dit-il, l'a homologué «temporairement» il y a des années sans exiger qu'on approfondisse ses impacts sur les systèmes nerveux et immunitaires des pollinisateurs.












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