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    Écocité 2011 - Montréal accueillera en août les acteurs du changement

    «Chaque ville doit être développée d'une manière différente»

    Édifice de La Tohu dans le complexe écologique Saint-Michel
    Photo : Source Ville de Montréal Édifice de La Tohu dans le complexe écologique Saint-Michel
    Le 9e Sommet mondial Écocité se tiendra cette année à Montréal, du 22 au 26 août. Des experts issus de tous les domaines et de tous les pays y exploreront de nouvelles avenues afin de mieux concilier l'humanité, l'écologie et l'urbanité. Avant-goût de cette conférence qui se déroulera au bon endroit au bon moment.

    Alors qu'elles émettent près de 70 % des gaz à effet de serre (GES) sur la planète et accueillent plus de 50 % de la population mondiale, les villes sont pressées de revoir leur urbanisme. De l'avis de Jane Engle-Wranick, coprésidente du Sommet mondial Écocité 2011, la venue de cette conférence internationale à Montréal tombe à point. «Les initiatives reliées au sommet sont mûres, mais, en même temps, les choses n'avancent pas assez rapidement et parfois reculent, dit-elle, en allusion, entre autres, au controversé plan de réfection de l'échangeur Turcot. On est au moment où bientôt la ville devra lancer des initiatives pour ses projets de développement. Le moment de la tenue de ce sommet est donc idéal.»

    Des gens en provenance des quatre coins du globe convergeront ici pour réfléchir sur l'écocité. Cette conception d'une ville dédiant ses priorités à l'écologie et aux résidants ne s'impose pas comme un canevas rigide. «Souvent, les gens croient que la notion d'écocité est inspirée d'un seul modèle, alors que c'est plutôt le contraire, parce que chaque ville doit être développée d'une manière différente.» N'empêche, on dénombre plusieurs similitudes dans les problèmes rencontrés par les grandes métropoles d'aujourd'hui: étalement urbain, autoroutes tranchant des quartiers, congestions automobiles, quantité astronomique de matières résiduelles, îlots de chaleur, etc.

    Montréal, ville nordique

    Comme Montréal constitue la première ville au climat nordique qui reçoit ce sommet, une attention particulière sera portée aux politiques, à l'aménagement et au design d'une écocité qui doit faire face aux rigueur de l'hiver. «Sur la question du verdissement et du jardinage, on a de la neige et il faut s'ajuster, prend pour exemple Luc Rabouin, président du Centre d'écologie urbaine de Montréal et coprésident du Sommet mondial Écocité 2011. Même chose pour le transport en commun, le vélo, le déneigement, les piétons, la cohabitation des différents modes de transport: il y a des enjeux particuliers, mais il y a plusieurs endroits où il se produit des innovations intéressantes, notamment en Suède et en Norvège. On peut s'inspirer de ça pour aussi faire avancer les choses à Montréal.»

    D'ailleurs, la métropole québécoise profitera du passage de cette manne d'experts internationaux pour organiser des ateliers créatifs, nommés Charrettes de design, qui se colleront à des projets concrets. Par exemple, la Société de développement Angus (SDA) consultera des spécialistes à propos de l'usage du dernier terrain vacant du Technopôle Angus. Lors du dernier sommet, tenu à Istanbul en 2009, le ministre de l'Environnement de la Turquie avait d'ailleurs sauté sur l'occasion pour valider son projet de lutte contre les GES.

    Pays émergents, nouvelles stratégies


    Ce sommet représente, à chaque édition, une occasion pour les pays émergents d'imaginer un développement différent de celui, dommageable, qui a été adopté lors de l'expansion des métropoles occidentales. La variété des sujets abordés durant le sommet sera donc colossale. Les changements climatiques, l'écomobilité, les espaces publics, l'économie, la santé, l'environnement bâti, la biodiversité, l'agriculture urbaine et la gouvernance seront aussi à l'ordre du jour, toujours dans une perspective citadine.

    «Depuis 15 ans, tout le monde se spécialise et s'isole dans son champ de compétence, mais on ne peut pas continuer de cette façon pour résoudre les problèmes les plus vastes, explique Kirstin Miller, directrice de l'organisme californien Ecocity Builders, qui a lancé ce sommet en 1990. Un défi et une responsabilité de cette série de conférences, c'est de ramener tous ces gens à une table, parce qu'une ville, c'est vraiment complexe.»

    Participant au Sommet mondial Écocité depuis l'édition de 2000, tenue à Curitiba, au Brésil, elle se réjouit de voir le mouvement s'élargir. «On cons-tate beaucoup d'intérêt dans de multiples domaines qu'on ne croisait pas auparavant quand ça ne préoccupait que des urbanistes et des designers. Maintenant, il y a des gens du milieu de la santé ou des arts qui viennent. Il y a plusieurs disciplines qui se soucient de leur ville et de la façon de l'améliorer.» Interrogée par Le Devoir lors d'un bref passage à Montréal au début du mois d'avril, Kirstin Miller assure que le sommet de cet été s'annonce «sur papier» pour devenir «la plus grande édition».

    Engagement citoyen


    Au reste du monde, Montréal exhibera ses chantiers et ses réussites: les pistes cyclables, le complexe écologique Saint-Michel, le parc du Mont-Royal et la Maison du développement durable fraîchement inaugurée. «On ne peut pas dire que Montréal est un leader en tant que ville écologique, tempère Luc Rabouin. Par contre, on voit à Montréal une masse d'initiatives locales dans les quartiers. Il y a un engagement des citoyens dans leur ville qu'on ne trouve pas partout.» Le Centre d'écologie urbaine accorde beaucoup d'importance à ce phénomène et a décidé d'y consacrer un important volet lors du sommet. «Plus les citoyens vont pouvoir influencer les décisions, plus les changements vont se faire rapidement, parce que les citoyens sont en avance sur les dirigeants», soutient avec certitude Luc Rabouin.

    Kirstin Miller juge tout de même, par expérience, que «c'est vraiment difficile d'obtenir avec succès l'implantation d'un grand projet sans que le maire en soit le meneur ou que quelqu'un dans un gouvernement en prenne l'initiative». Aussi, les villes possèdent une faible marge de manoeuvre, étant peu consultées et appuyées par les gouvernements fédéraux au moment d'appliquer des solutions pour l'environnement. «On espère que cette conférence, en exposant les initiatives locales, va leur livrer un message. Après tout, c'est dans les villes que les gens vivent. C'est de là que proviennent les émissions de GES», souligne-t-elle.

    «C'est vrai que les villes ont des pouvoirs limités, reconnaît Luc Rabouin, mais elles en ont. Décider d'aménager les rues ou les quartiers, donner priorité à la marche ou au vélo, ça ne dépend d'aucun autre palier.» Il rappelle aussi que, durant le règne du gouvernement Bush, insensible aux changements climatiques, près de 1000 municipalités américaines se sont alliées pour atteindre les objectifs de Kyoto.

    Jayne Engle-Warnick ajoute que «les leaders politiques sont importants, mais les acteurs de changement le sont aussi, à tous les niveaux, dans toutes les disciplines et toutes les professions. Ces acteurs de changement sont ceux qu'on désire voir lors de la conférence.» Luc Rabouin abonde dans le même sens. «Le changement ne peut pas venir de nulle part. Les professionnels qui travaillent dans les villes à un haut niveau feront des recommandations, qui seront parfois acceptées par des élus.» Kirstin Miller résume ainsi la démarche: «On veut des leaders politiques, mais on n'attend pas qu'ils bougent.»
     
     
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