Nucléaire - Risque incontrôlé
Le risque nucléaire n'est pas une phobie d'écologistes excentriques qui rêvent de revenir au temps des chandelles. Après Tchernobyl et Three Mile Island, on nous disait pouvoir construire des centrales à toute épreuve. Ce qui est en train de se produire à Fukushima confirme que les plus grands experts du nucléaire ne sont pas en mesure d'assurer la sûreté de cette technologie.
Au cours des dernières années, la plupart des gouvernements ont remis la table pour l'industrie nucléaire. Même à l'échelle d'une courte vie humaine, deux accidents graves comme ceux de Three Mile Island (1979) et Tchernobyl (1986) n'ont donc pas suffi pour convaincre les décideurs des risques qu'ils font courir à leurs semblables. La mémoire humaine étant faite pour oublier, il aura donc suffi d'une quinzaine d'années sans incident majeur pour mettre fin au moratoire quasi international sous prétexte de combattre un autre problème de nos sociétés industrielles, celui du réchauffement climatique.
Nous sommes encore loin de connaître le dénouement de la catastrophe qui secoue le Japon. Si le coeur d'un ou de plusieurs réacteurs venait à fondre, qui peut prédire ce qui arriverait? De même, que se passera-t-il si les 40 années de déchets radioactifs entassés sous la centrale s'enflamment à cause de la panne du système de refroidissement qui les aura laissés à découvert? Un scénario plausible, mais si épouvantable que personne n'ose l'envisager pour le moment.
Toutes les activités humaines comportent un certain niveau de risque, cela s'entend. C'est le cas du secteur de l'énergie comme du reste. Mais le nucléaire appartient à une classe à part.
Il s'agit, en effet, d'un type d'énergie dont même les plus spécialistes sont incapables de prédire toutes les conséquences dans un environnement qui ne serait pas parfaitement contrôlé. Et c'est le cas présentement à la centrale de Fukushima Daiichi.
La technologie nucléaire est la réponse la plus facile à la croissance exponentielle de la demande en électricité dans le monde. Mais il s'agit d'une réponse à très court terme à l'échelle de la vie malgré les risques à très long terme qu'elle fait peser sur la planète et les êtres vivants. Risques créés par les catastrophes naturelles imprévisibles, mais aussi par les erreurs humaines, le fanatisme politique ou religieux, ou, plus simplement, par l'accumulation de milliers de tonnes de déchets qui resteront radioactifs pendant des siècles et qu'aucun pays ne sait encore éliminer en toute sûreté.
Le problème vaut pour tous les pays du monde, y compris le Canada et les États-Unis. Et que dire des centrales elles-mêmes et des réacteurs qu'il faudra démanteler d'ici quelques années, ou bétonner pour les siècles à venir?
À la veille de décider si les contribuables canadiens financeront la construction de deux CANDU de dernière génération pour l'Ontario et la poursuite des travaux de mise à niveau des réacteurs de Pointe Lepreau (NB) et de Gentilly, les Canadiens, les Ontariens et les Québécois auraient raison de s'inquiéter et d'exiger des gouvernements qu'ils réévaluent la pertinence pour les générations à venir d'investir encore des milliards dans cette filière.
***
j-rsansfacon@ledevoir.ca
Au cours des dernières années, la plupart des gouvernements ont remis la table pour l'industrie nucléaire. Même à l'échelle d'une courte vie humaine, deux accidents graves comme ceux de Three Mile Island (1979) et Tchernobyl (1986) n'ont donc pas suffi pour convaincre les décideurs des risques qu'ils font courir à leurs semblables. La mémoire humaine étant faite pour oublier, il aura donc suffi d'une quinzaine d'années sans incident majeur pour mettre fin au moratoire quasi international sous prétexte de combattre un autre problème de nos sociétés industrielles, celui du réchauffement climatique.
Nous sommes encore loin de connaître le dénouement de la catastrophe qui secoue le Japon. Si le coeur d'un ou de plusieurs réacteurs venait à fondre, qui peut prédire ce qui arriverait? De même, que se passera-t-il si les 40 années de déchets radioactifs entassés sous la centrale s'enflamment à cause de la panne du système de refroidissement qui les aura laissés à découvert? Un scénario plausible, mais si épouvantable que personne n'ose l'envisager pour le moment.
Toutes les activités humaines comportent un certain niveau de risque, cela s'entend. C'est le cas du secteur de l'énergie comme du reste. Mais le nucléaire appartient à une classe à part.
Il s'agit, en effet, d'un type d'énergie dont même les plus spécialistes sont incapables de prédire toutes les conséquences dans un environnement qui ne serait pas parfaitement contrôlé. Et c'est le cas présentement à la centrale de Fukushima Daiichi.
La technologie nucléaire est la réponse la plus facile à la croissance exponentielle de la demande en électricité dans le monde. Mais il s'agit d'une réponse à très court terme à l'échelle de la vie malgré les risques à très long terme qu'elle fait peser sur la planète et les êtres vivants. Risques créés par les catastrophes naturelles imprévisibles, mais aussi par les erreurs humaines, le fanatisme politique ou religieux, ou, plus simplement, par l'accumulation de milliers de tonnes de déchets qui resteront radioactifs pendant des siècles et qu'aucun pays ne sait encore éliminer en toute sûreté.
Le problème vaut pour tous les pays du monde, y compris le Canada et les États-Unis. Et que dire des centrales elles-mêmes et des réacteurs qu'il faudra démanteler d'ici quelques années, ou bétonner pour les siècles à venir?
À la veille de décider si les contribuables canadiens financeront la construction de deux CANDU de dernière génération pour l'Ontario et la poursuite des travaux de mise à niveau des réacteurs de Pointe Lepreau (NB) et de Gentilly, les Canadiens, les Ontariens et les Québécois auraient raison de s'inquiéter et d'exiger des gouvernements qu'ils réévaluent la pertinence pour les générations à venir d'investir encore des milliards dans cette filière.
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