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Les détracteurs du nucléaire veulent en finir avec l'atome

«Il faut fermer progressivement les réacteurs et ne pas en construire de nouveaux», a dit Greenpeace

Au nord du Japon, à Nihonmatsu, le passage au détecteur de particule radioactive était de mise, après que la centrale nucléaire Fukushima eut été ébranlée par le séisme de vendredi.<br />
Photo : Agence Reuters Yuriko Nakao
Au nord du Japon, à Nihonmatsu, le passage au détecteur de particule radioactive était de mise, après que la centrale nucléaire Fukushima eut été ébranlée par le séisme de vendredi.
Alors que le monde a les yeux rivés sur la centrale japonaise de Fukushima, endommagée par le séisme, les détracteurs du nucléaire de partout dans le monde multiplient communiqués et interventions pour expliquer que preuve est faite qu'il faut en finir avec l'atome, qui attire pourtant de plus en plus de pays.

«Continuer le nucléaire avec ce que l'on sait, ça relève clairement de l'inconscience!», s'énerve Jean-Marie Brom, ingénieur atomique, membre de l'organisme Français Réseau Sortir du Nucléaire.

«À Tchernobyl, on pouvait se cacher, même si c'est un mensonge, derrière le "ce n'est pas possible chez nous, les Russes ne savent pas de quoi ils parlent", mais là, on ne peut plus le dire. Les Japonais sont aussi forts que nous en technologie», poursuit ce directeur de recherches au Centre national de la recherche scientifique.

Chaîne humaine de dizaines de milliers de personnes en Allemagne, manifestation prévue à Paris, appels à la fin du nucléaire des partis et associations écologistes de l'Italie à l'Australie... la mobilisation prend forme et les ONG veulent se faire entendre.

«Il faut fermer progressivement les réacteurs et ne pas en construire de nouveaux», insiste Greenpeace. «Malédiction de l'atome», renchérissent les Amis de la Terre.

«Ça fait un moment qu'on tirait la sonnette d'alarme, et on déplore qu'il faille en arriver là pour que les autorités puissent se poser des questions, et on n'est même pas sûr qu'elles le fassent», déclare à l'AFP Sofia Majnoni de Greenpeace France. Pour elle, la «catastrophe» en cours au Japon «va mettre un terme à 25 ans de discours sur la sécurité nucléaire».

Avant le séisme japonais, le nucléaire civil se portait plutôt bien dans le monde sur fond de cherté du pétrole. Il avait subi un coup d'arrêt après les catastrophes de Three Miles Island (États-Unis) en 1979, et de Tchernobyl, en 1986.

440 réacteurs

Aujourd'hui, il y a environ 440 réacteurs répartis dans une trentaine de pays, principalement les États-Unis, la France et le Japon, qui fournissent environ 15 % de l'électricité mondiale. Fin 2009, une soixantaine d'autres étaient en construction.

Le nucléaire est une énergie qui émet très peu de CO2, l'un des principaux gaz à effet de serre à l'origine du changement climatique. Elle est particulièrement prisée des grands pays émergents, comme la Chine ou l'Inde, mais elle a aussi retrouvé les faveurs de certains dirigeants en Europe.

Fukushima portera-t-elle le coup de grâce, tant attendu par les anti-atomes, au développement du nucléaire?

L'Autriche a exigé dès hier la réalisation de tests de résistance des centrales nucléaires en Europe pour vérifier notamment si elles étaient «sûres en cas de tremblement de terre». Ce pays, dont les écologistes réclament régulièrement la fermeture des centrales proches en Slovénie et Slovaquie, est fortement opposé à l'énergie nucléaire.

Pour Sofia Majnoni de Greenpeace, il «paraît impensable qu'il n'y ait pas une prise de conscience après une catastrophe de ce type...».

Pas de craintes au Canada et aux États-Unis

Les États-Unis ne devraient pas connaître de «niveaux nocifs» de radiations émises par les centrales nucléaires japonaises accidentées lors du séisme de vendredi dans l'archipel, a estimé hier la Commission nucléaire de régulation américaine.

«Toutes les informations disponibles indiquent que les conditions météorologiques ont permis d'évacuer en mer, loin des zones habitées, les faibles émissions émanant des réacteurs de Fukushima», a indiqué la NRC dans un communiqué.

«Compte tenu de la distance géographique entre nos deux pays, Hawai, l'Alaska et la côte ouest des États-Unis ne devraient pas connaître de niveaux de radiactivité nocifs.»

De leur côté, les autorités de la province canadienne de Colombie-Britannique, sur la côte Pacifique, ont tenu elles aussi des propos rassurants. «Santé Canada nous a informés qu'à l'heure actuelle, l'activité radiologique présente dans la centrale japonaise ne devrait pas poser de risque sanitaire à la population de la Colombie-Britannique», a déclaré le ministre provincial de la Sécurité, Rich Coleman.

***

Avec Reuters et Associated Press
Au nord du Japon, à Nihonmatsu, le passage au détecteur de particule radioactive était de mise, après que la centrale nucléaire Fukushima eut été ébranlée par le séisme de vendredi.<br />
Le Japon compte 17 centrales nucléaires, pour un nombre total de 55 réacteurs.<br />
 
 
 
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  • Jean Rage - Inscrit
    14 mars 2011 05 h 12
    la bombe a t omique
    Il me semble qu'après Hiroshima, courtoisie des USA, si j'avais été Japonais, j'aurais tout fait pour qu'aucune technologie nucléaire que ce soit n"aborde les îles de ce pays industrieux, qui parti de près de rien était devenu la 2ième puissance industrielle du monde.

    Le nucléaire tue et il n'est pas à l'abri de la nature, des guerres ou des erreurs.
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  • Pierre Vaillancourt - Abonné
    14 mars 2011 07 h 12
    Des vents favorables ?
    Un accident nucléaire survient au Japon et on rassure les gens de la Colombie britannique ... en employant le conditionnel : les vents auraient été favorables et devraient continuer de l'être, du moins faut-il l'espérer, comme il faut aussi espérer que le réacteur 3 de la centrale de Fukushima n'explosera pas lui aussi.

    Avec 440 réacteurs répartis sur la planète, dont une bonne partie aux États-Unis, pouvons-nous vraiment nous considérer à l'abri d'un éventuel accident nucléaire ? Peut-on réellement garantir une gestion sécuritaire des résidus radio-actifs de ces 440 centrales nucléaires pendant 100 000 ans et plus ?

    Qu'est-ce qu'on attend pour fermer définitivement Gentilly 2, dont nous n'avons nullement besoin ?
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  • Jean Peupu - Inscrit
    14 mars 2011 07 h 52
    pis nous au quebec on renove la notre meme si on a pas besoin du nucleaire
    a grand frais pour très peu de gains et q' hydro a des surplus et de plus il vend déjà aux autres perte. mais supposément pour avoir l expertise ils veulent continuer dans le nucléaire de toutes façon s il ont des problèmes c est pas grave qu ils disent ils vont donner des pilules d iode !
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  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    14 mars 2011 07 h 59
    Nocif pendant des dizaines de milliers d'années
    Comment pouvez-vous garantir qu'il n'y aura aucune panne d'électricité pendant des dizaines de milliers d'années ? C'est impossible à garantir. Donc on a 440 bombes à retardement qui vont toutes exploser un jour ou l'autre.

    Serge Grenier
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  • André Michaud - Inscrit
    14 mars 2011 09 h 44
    Alternative réaliste?
    Certains pays qui n'ont pas la chance d'avoir nos rivières et qui n'ont pas de pétrole doivent utiliser le nucléaire pour fournir aux citoyens l'énergie exigée dans les société modernes.

    Ce n'est pas le solaire ou les éoliennes qui peuvent fournir l'énergie nécessaire au Japon!!! Soyons sérieux!

    Grace à Robert Bourassa nous avons beaucoup d'hydroélectricité. Vous souvenez-vous que le PQ disait que c'était une erreur et que les pays modernes allaient vers le nucléaire? Avec le PQ , nous aurions plein de centrales nucléaires au Québec..

    Ceux qui veulent empêcher la construction du projet de la Romaine, si ils réussissaient nous pousseraient vers le nucléaire tôt ou tard. Aucun pays ne peut vivre avec seulement les énergies vertes et la demande en énergie croit sans cesse..

    Les verts ont une grosse job à faire; convaincre leurs concitoyens d'être moins énergivores. Tant qu'ils n'auront pas accompli cette tâche, nous aurons besoin de beaucoup d'énergie...
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  • Matemiste - Abonné
    14 mars 2011 09 h 59
    Une question économique?
    on ne peux pas blâmer le Japon d'avoir voulu essayer de démystifier "la bête" qui lui est tombée dessus. J'accorde mon plus grand respect aux courageux japonais qui irons faire le ménage.

    Tous rapidement apprendre et corriger notre politique envers les couts réel du nucléaire et de la place que l'on accorde à l'économie de libre marché pour solutionner les vrais problèmes que l'humanité éprouvera à retrouver l'équilibre durable avec son environnement et renouer avec les valeurs désirables mais oubliées par la nécessité du profit de l'oligarchie actuelle.
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  • Jean Peupu - Inscrit
    14 mars 2011 11 h 23
    J' oubliais
    Ca coute combien réellement le KWH d une centrale nucléaire .si on considère ?
    1-le cout de construction
    2-le cout d entretien
    3-le cout de la rénovation
    4-le cout démolitio
    5-les autre couts comme la protection du site ,la sécurité, etc, etc,
    Y A T -il DE VRAIE CHIFFRES ?
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  • P. Boutet - Abonné
    14 mars 2011 13 h 04
    L'Autriche
    "L'Autriche a exigé dès hier la réalisation de tests de résistance des centrales nucléaires en Europe pour vérifier notamment si elles étaient «sûres en cas de tremblement de terre»."

    Et comment on fait des tests de résistance sur une centrale nucléaire?
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  • Paul Gavazzi - Abonné
    14 mars 2011 16 h 26
    On ment
    à P. Boutet, c'est simple on ment!

    Comme on ment sur les vents favorables, les fusions sécuritaires, les seulement 1000 morts, etc. pour pas apeurer le peuple en plus du malheur des tremblements de terre.

    C'est toujours une question de rassurer les populations pour qu'elles retournent dormir devant leur internet et télévision.
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  •  
  • Denis Laforme - Inscrit
    14 mars 2011 17 h 19
    Mise au point.
    Nous avons tous entendu parler des défaillances reliées au fonctionnement des réacteurs nucléaires depuis l'acident de 1986. Ça fait trois en moins de 25 ans, c'est trop...beaucoup trop (un seul serait déjà trop). L'accident joponais s'est produit au moment ou beaucoup de pays se préparaient à embarquer dans le nucléaire. J'espère qu'ils vont réfléchir sérieusement avant de faire le saut. La seule alternative consiste à développer progressivement les énergies renouvelables tout en diminuant notre consommation reliée aux combustibles fossiles.
    http://denis-laforme.over-blog.com
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  •  
  • Sebastian Sajaroff - Inscrit
    15 mars 2011 22 h 54
    Les energies renouvelables?
    Bonsoir,

    Je me demande si on pourrait satisfaire notre mode de vie moderne
    en utilisant juste les energies renouvelables.

    Pour le Canada, je crois que la réponse est OUI (grâce a sa faible
    population et à son abondance de ressources hydroélectriques)

    Mais... pour le reste de la planète?

    Si on supprime le pétrole, le gaz, le charbon et le nucléaire;
    est-ce que les énergies renouvelables pourraient fournir aux
    besoins énergetiques des sociétés comme l'Europe Occidentale,
    le Japon, les États-Unis ou la Chine?

    Ou bien, on doit plutôt penser à changer radicalement notre
    mode de vie en tant que société planétaire?
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  •  
  • Vladislav Kivepe - Inscrit
    16 mars 2011 06 h 04
    Le nucléaire se manipule avec précaution
    Concernant le nucléaire, on assiste à un colportage d'argumentaires :
    ● il faut "raison garder"
    ● il ne faut pas "réagir à chaud"
    ● il faut organiser un débat « nationnaaaaal »
    ● on ne peut pas se passer du nucléaire
    ● notre nucléaire national est un des plus fiable au monde,
    ● refuser le nucléaire est une récupération politique,etc..

    Tout cela n’est que de la dialectique fabriquée par les perroquets médiatiques pour servir l’intérêt financier des industries nucléaires et de leurs actionnaires au détriment des populations.

    La poursuite du nucléaire n'est plus une question de récupération politique ou de maintien des intérêts économiques de la France, c'est devenu une question de survie aujourd’hui et à terme de l'humanité et pas seulement à cause des radiations.

    Combien faudra-t-il de victimes pour l’admettre ?

    Après Tchernobyl, faudra-t-il constater l'évacuation d'une métropole comme Tokyo pour arriver à ce que l’élite dirigeante internationale décide un abandon du nucléaire : certainement.

    Alors attendons ce n’est malheureusement qu’une question de jour.

    Il y a une décision à prendre : c'est de mettre en œuvre une façon différente de produire, de transporter et d’utiliser l’énergie au sens large et dans le cas d’espèce cela concerne l’énergie électrique.

    Il devient indispensable de décider d'abandonner progressivement et définitivement la production d’électricité d’origine nucléaire.

    Les preuves de la nocivité, des risques et des conséquences sont patentes et l’entêtement dont fait preuve l’oligarchie politico-financière et ses relais médiatiques est plus du domaine du déni de réalité que du bons sens affiche dans le discours.
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