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    Rapport du BAPE sur le développement durable de l'industrie des gaz de schiste - Un temps d'arrêt bien accueilli

    Le ministre Pierre Arcand a rendu public hier le rapport très attendu du BAPE sur les gaz de schiste.<br />
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le ministre Pierre Arcand a rendu public hier le rapport très attendu du BAPE sur les gaz de schiste.
    Les groupes écologistes applaudissent à la décision du ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, d’effectuer une évaluation environnementale stratégique (EES) avant d’autoriser la poursuite des opérations
    de forage et de fracturation hydraulique. En revanche, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), elle, hue ce choix.

    La FCCQ assimile la proposition principale du rapport du Bureau d’audiences publiques
    sur l’environnement (BAPE), qu’a fait sienne M. Arcand, à un «moratoire de facto». «Le gouvernement, en donnant suite aux recommandations du BAPE, impose un moratoire de facto, rendant hautement hypothétique l’exploitation de cette filière prometteuse», a déploré la présidente-directrice générale de la FCCQ, Françoise Bertrand.

    «Ce temps d’arrêt nous permettra de nous demander si cette filière s’inscrit dans une vision du développement durable pour le Québec et si elle permettra de faire du Québec un leader dans la lutte contre les changements climatiques», rétorque Sidney Ribaux, d’Équiterre.

    «Le gouvernement n’a pas été capable de contredire le BAPE qui a dit aux citoyens: “Vous aviez bien raison de vous inquiéter”, affirme Françoise David, la porte-parole de Québec Solidaire. C’est une victoire citoyenne.»

    Exprimant un avis plus tranché, Greenpeace Québec fait valoir que le gouvernement devrait faire une croix sur le développement de la filière gazière. «Malgré toutes les précautions du monde, exploiter une énergie fossile nouvelle, c’est contribuer un peu plus à la crise climatique», fait valoir Virginie Lambert Ferry, responsable de la
    campagne Climat-Énergie de Greenpeace Québec.

    Plus nuancé que la FCCQ, le Conseil du patronat exhorte le gouvernement à faire en sorte que la réalisation de l’EES ne s’éternise pas, puisqu’une telle situation «entraînerait des conséquences économiques importantes pour l’ensemble des Québécois».

    Pas de moratoire

    L’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) déplore l’entêtement du gouvernement de Jean Charest à ne pas imposer un moratoire sur l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste malgré des «risques bien réels». «Le
    ministre est allé aussi loin qu’il pouvait aller», croit le président de l’AQLPA, André Bélisle.

    Avec seulement 31 puits au Québec, dont 18 où il y a eu une fracturation hydraulique, de nombreux problèmes ont fait surface. Ceux-ci doivent être réglés avant tout, fait valoir l’AQLPA.

    À cet égard, le président de Maîtres chez nous, Daniel Breton — qui estime que le rapport du BAPE constitue un camouflet pour la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau — se réjouit de la tenue d’une EES, mais il déplore que «l’on continue à faire du forage et de la fracturation».

    La volonté du gouvernement de mener des consultations publiques avant de donner le feu vert aux projets d’exploitation, tout en prenant en compte l’opinion des élus régionaux, est qualifiée de «pas dans la bonne direction » autant par l’Union des municipalités du Québec (UMQ) que par la Fédération québécoise des municipalités (FQM).

    «Pour nous, le fait que le BAPE recommande que des pouvoirs soient accordés aux municipalités afin d’encadrer le développement du gaz de schiste, comme elles le
    font pour toutes les autres industries, est certainement un pas dans la bonne direction», a déclaré le président de l’UMQ, Éric Forest. «La participation des municipalités
    et des MRC au développement de cette filière est une condition essentielle pour l’avenir
    », ajoute le président de la FQM, Bernard Généreux.

    Les municipalités pressent le gouvernement de maximiser les retombées de l’exploitation des gaz de schiste et soulignent qu’elles veulent aussi leur part du gâteau. «[Les communautés devront toucher] des redevances substantielles, car il n’est pas question de se contenter de simples compensations pour réparer les chemins», met en garde M. Généreux.

    L’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ) se refuse, pour l’instant, à tout commentaire sur le rapport du BAPE. «Nous analyserons le rapport et en discuterons avec nos membres avant de prendre position ou de réagir à son contenu. L’impact de ce
    rapport sur le développement de l’industrie pétrolière et gazière du Québec est important et nous prendrons le temps nécessaire pour en évaluer tous les aspects», s’est contenté d’affirmer, par voie de communiqué, le président du conseil d’administration de l’APGQ, Lucien Bouchard.












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