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Gaz de schiste - L'industrie n'est pas un adversaire, dit le ministre de l'Environnement

La rafale d'avis d'infraction remis à des entreprises spécialisées dans l'exploration des gaz de schiste a fait dire au ministre de l'Environnement hier que les fuites «apparaissent quand même nombreuses» et que les inspecteurs vont continuer de surveiller la situation.

Même si Québec refuse de parler d'un moratoire sur l'exploration, le ministre Pierre Arcand a dit que le gouvernement exige de ces entreprises qu'elles «fassent en sorte que la situation soit corrigée le plus rapidement possible». Prié de dire lors d'un point de presse si ces cas donnaient du poids à la demande que font certains concernant le décret d'un moratoire sur l'exploration, il a toutefois été prudent.

«La situation évolue. On a des inspecteurs qui surveillent ce qui se passe. Les industries ne sont pas des adversaires. On doit cependant être très vigilant. Nous aurons à la fin février le rapport du BAPE et on verra par la suite», a-t-il dit.

Le ministre s'est exprimé hier matin en marge d'une annonce de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) selon laquelle celle-ci est devenue carboneutre.

M. Arcand réagissait ainsi aux manchettes du Devoir et de La Presse concernant des avis d'infraction transmis à certaines compagnies. Notre journaliste Louis-Gilles Francoeur a appris que Québec en a envoyé pas moins de six, dont un à la société albertaine Talisman, car elle a été incapable de colmater son puits de Leclercville.

Deux heures plus tard, M. Arcand a prononcé une allocution devant la CCMM. Au cours des 30 prochaines années, le Québec devra miser sur les énergies renouvelables et il doit dès maintenant réduire ses émissions de gaz à effet de serre de manière considérable, a-t-il dit.

Lançant un appel au milieu des affaires pour s'inspirer d'entreprises qui ont adopté des façons de faire écologiques pour rompre avec la méthode du passé, le ministre a ajouté que dans un monde où toute compagnie aura intérêt à se conformer, «polluer et payer des amendes ne sera plus rentable».

Sur la question des puits de gaz de schiste, M. Arcand a rappelé lors de son point de presse que les employés du ministère de l'Environnement ont effectué environ 70 inspections depuis le mois d'octobre. Au total, le Québec compte une trentaine de puits. «Encore aujourd'hui, je suis toujours préoccupé par la situation et j'exige que ceux qui ont eu ces infractions fassent en sorte que la situation soit corrigée le plus rapidement possible», a ajouté M. Arcand.

«Les représentants de l'industrie ont passé des mois à affirmer que les choses se feraient correctement, que ce que l'on voyait aux États-Unis ne se produirait pas au Québec, tout en traitant d'alarmistes ceux et celles qui manifestaient une inquiétude légitime et posaient trop de questions, a écrit Steven Guilbeault, coordonnateur général adjoint d'Équiterre. L'industrie ne maîtrise pas du tout la situation et a perdu sa crédibilité.»
 
 
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  • Jean-Louis Chabot - Inscrit
    29 janvier 2011 11 h 53
    Pas un adversaire, mais pas un partenaire non plus
    L'industrie n'est pas un adversaire mais elle considère comme adversaires tous ceux et celles qui posent des questions et voudraient une réglementation plus respectueuse de l'environnement et du développement durable.

    Elle n'est pas un partenaire, elle aimerait plutôt définir quelle réglementation devrait s'appliquer à elle (la moins exigeante possible) et souhaiterait être responsable de son application.

    Qu'on trouve prématurés des avis d'infraction après plusieurs mois de contravention à la réglementation minimale actuelle a de quoi surprendre. Il s'agirait bien d'Avis d'infraction et non de Constats d'infractions. L'avis d'infraction est une invitation sérieuse à mettre en oeuvre les mesures nécessaires pour que cessent les infractions qui durent depuis plusieurs mois avant que des constats d'infractions ne soient signifiés.
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  • perro blanco - Inscrit
    29 janvier 2011 17 h 20
    Enfin le vrai visage!
    On peut se comporter en adversaire sans en être un; ainsi, ce qu'on reproche aux entreprises qui exploitent la gaz, ce n'est pas d'oeuvrer dans le domaine du gaz, car nous reconnaissons tous l'importance des hydrocarbures dans notre économie et nos vies quotidiennes, depuis des décennies et encore pour des décennies à venir.
    Ce que l'on reproche à ces entreprises, donc, est de se comporter en cow-boys sans foi ni loi. Voilà. Elles briment par les droits qu'on leur a consentis les droits les plus fondamentaux de la propriété privée et le droit à un environnement sain.
    C'était donc des plus inutile pour M. le ministre Arcand de nous lancer cette grande vérité de la Palisse. Ça frise l'insulte.
    Ce faisant, cependant, il a démontré que le gros méchant qui a monté le ton, soi-disant, et montré les dents, a ravalé son dentier et n'a plus le moins du monde l'air d'un Croc Blanc susceptible de faire peur à quiconque. C'était et c'est toujours de la frime, tout ça, car au fond, la majorité aura compris que l'industrie, à la tête de laquelle on retrouve une ribambelle de petits amis du parti, n'a abbbbsolument rien à craindre... à moins que les citoyens lèvent le ton à leur tour, mais sérieusement, eux, qui n'ont aucun intérêt à faire du théâtre étant donné les enjeux.
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  • AML - Inscrit
    29 juin 2011 23 h 46
    Au Québec, pas comme aux États-Unis ???
    Les compagnies gazières nous ont dit qu'elles ne feraient pas comme aux États-Unis ? Josh Fox nous l'a clairement dit : Les compagnies gazières ont commencé à le faire à un endroit et ont fait de gros ravages, ensuite elles se sont implanté ailleurs en disant que cette fois ça irait, pour, encore une fois, faire les mêmes ravages, et ce, à tout pleins d'endroits aux États-Unis. À chaque fois c'est la même histoire qui se répète.

    Elles feront mieux au Québec ? Je ne le crois pas du tout et Josh Fox non plus. Les seuls que j'ai réussi à trouver qui semble dire qu'il serait possible de contenir ces fuites, eh bien ce sont les compagnies gazières (ou leurs amis).
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