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Grandes marées: réveil pénible dans l'est du Québec

Des dommages qui passeront à l'histoire

Les grandes marées se sont estompées dans le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie ainsi que la Côte-Nord et l’heure est venue d’évaluer les ravages causés par la hausse du niveau de l’eau.

Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, a indiqué aujourd’hui que les formulaires de réclamations, pour les citoyens sinistrés, sont déjà disponibles. Un programme d’urgence mis en oeuvre par Québec est réservé aux biens essentiels et aux résidences principales. Les indemnisations, a assuré le ministre, seront accordées rapidement.

Les dommages causées par les marées s’apparentent à des inondations et ils ne sont habituellement pas couverts par les compagnies d’assurance.

Ces dommages passeront à l’histoire, affirme déjà Pêches et Océans Canada. Selon Denis Lefaivre, responsable de l’océanographie opérationnelle pour le Québec, une conjugaison de facteurs a déchaîné les éléments. M. Lefaivre parle d’une situation étonnante, liée à un faible volume de glace pour cette période de l’année, des marées très fortes et une tempête d’importance.

En vertu d’un appareil d’enregistrement des niveaux de l’eau situé à Pointe-au-Père, l’océanographe a été en mesure de comparer les données de 2010 avec celles des autres lectures, recueillies dans le passé.

«Le plus haut niveau enregistré à Rimouski a été de 5,3 mètres en 1914. Nous venons d’y atteindre la marque de 5,5 mètres, ce qui bat le record historique. Si on fait l’analyse statistique, un tel niveau arrive une fois aux 200 ans», a indiqué M. Lefaivre.

Les régions les plus affectées par cette montée exceptionnelle des marées sont la Gaspésie, le Bas-Saint-Laurent et la Côte-Nord. Des dégâts ont aussi été rapportés au Saguenay et dans la région de la Capitale-Nationale.

«Pour ces deux autres régions, quelques routes ont été touchées et des dommages ont été rapportés pour quelques résidences», a indiqué Annik Bouchard, conseillère en sécurité civile.

Selon elle, l’heure est maintenant aux diverses opérations de nettoyage, après trois jours de dégâts.

«L’important est de s’assurer et de mettre en place des mesures pour protéger la population et venir en aide, au niveau financier, en aidant les sinistrés à réclamer selon les pertes engendrées», a encore précisé Mme Bouchard.

Les réclamations ne manqueront pas. Depuis dimanche, de nombreuses municipalités ont subi la crue surprenante de ces grandes marées. Des maisons ont été démolies et d’autres le seront.

Faire des choix


Le ministre de la Sécurité publique du Québec, Robert Dutil, a indiqué que «dans une société où les ressources sont restreintes et les besoins infinis, il faut faire des choix». Accordant la priorité aux résidences principales, il a refusé de donner un quelconque espoir aux personnes désireuses d’être indemnisées pour des résidences secondaires ou récréatives.

Le ministre Dutil, qui se trouvait alors à Sainte-Luce, effectue une tournée du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie afin de constater «de visu» l’état de la situation.

La chef de l’opposition officielle, Pauline Marois, s’est rendue quant à elle à Sainte-Flavie pour mesurer à son tour l’ampleur des dégâts.

«Il faut envoyer un message de solidarité et d’appui, d’abord aux citoyens, mais aussi à ceux et celles qui en prennent soin et ceux qui interviennent pour aider les gens», a indiqué la chef péquiste, soulignant l’importance du travail de première ligne.

Mme Marois a insisté sur la nécessité de préparer déjà les suites, notamment en ce qui concerne les travaux de réparations qui s’annoncent déjà nombreux.

La région était prête

Les autorités de la sécurité civile et celles des services sociaux ont été mobilisées. Les habitudes de coordination prises au cours des dernières années ont grandement contribué à répondre efficacement aux demandes. René Dumont, directeur des communications à l’Agence de la santé et des services sociaux du Bas Saint-Laurent, soutient que la région était prête.

«Il y a déjà des habitudes pour faire face à des événements, notamment avec les inondations printanières, alors nous étions préparés à une telle situation», a-t-il affirmé.

Le rôle de l’Agence de la santé consiste principalement à prêter assistance, en rendant disponibles des ressources humaines pour soutenir les sinistrés.

«Nous nous impliquons auprès des personnes qui ont quitté leur résidence pour se retrouver dans des centres d’hébergement. Il y a parfois des gens démunis, d’autres qui n’ont pas leurs médicaments parce qu’ils ont quitté rapidement, d’autres sont stressés», a mentionné M. Dumont.

Dans le Bas-Saint-Laurent, Rimouski, Matane, Sainte-Luce, Sainte-Flavie, Notre-Dame-du-Portage et Saint-André sont des municipalités particulièrement touchées. D’autres municipalités de la Gaspésie, dont Gaspé, pourraient demander de l’aide gouvernementale.

Les évaluations des biens endommagés se poursuivent, mais déjà, certaines autorités disent vouloir retenir des leçons de ce système météorologique. Les normes de construction pour les habitations sises le long des rives du fleuve Saint-Laurent pourraient être revues.

La problématique d’érosion des berges, redoutée depuis plusieurs années et identifiée comme une préoccupation sociale au terme d’un colloque régional tenu en 1999, a été une fois de plus propulsée à l’avant-scène avec ces marées dévastatrices venues gruger les plages et les rives.

Selon Radio-Canada, les dommages causés au réseau routier par les marées s’élèveraient à près de 4 millions. Radio-Canada a également appris que le site d’histoire maritime de Pointe-au-Père a été particulièrement touché: le musée aurait perdu 90% de ses archives à cause d’une importante infiltration d’eau dans un de ses bâtiments.

 
 
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  • France Marcotte - Abonnée
    8 décembre 2010 16 h 01
    Un plus un égale portrait global de la situation
    "La problématique d’érosion des berges, redoutée depuis plusieurs années...a été une fois de plus propulsée à l’avant-scène avec ces marées dévastatrices venues gruger les plages et les rives".
    Je suppose que, connaissant la suite dans les idées dont font preuve politiciens et journalistes, on fera le lien entre ce phénomène et cet autre, relaté aujourd'hui même par Manon Cornellier dans sa chronique, en rapport avec les changements climatiques toujours plus ou moins niés par le gouvernement fédéral:
    "En hiver, la glace fige les berges plus tard chaque année, les rendant vulnérables aux grandes marées et aux tempêtes hivernales".
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  • Daniel Berube - Abonné
    16 décembre 2010 11 h 36
    Comment se fait-il que?...
    Je me pose certaines questions, à savoir: comment se fait-il que les municipalités impliquées n'aient pas reçus d'avertissements ? Il est difficile à croire que les gens de météo canada ou tout autre groupe tel les aéroports (il en a un (aéroport) à moins d'un k.m. de Ste-Flavie !) n'aient pas eu la possibilité de lancer un signal d'alarme: tout les facteurs influents se regroupent et auront éventuellement de gros impacts sur les rives du St-Laurent ! Ce point important sera a placer sur l'ordre du jour des prochaines réunions, et a corriger...

    Les municipalités et les pompiers n'ont appris la chose que quand les citoyens ont commencé à téléphoner pour demander de l'aide !
    La protection civile et les services incendies sont présentement en développement important dans la Mitis, voir même dans certains domaines innovateurs et pouvant servir de modèle aux MRC avoisinnantes, comme l'a mentionné le responsable provincial de la protection civile en visite dans ce secteur dans les jours suivants l'évènement. Il ne faut pas se décourager, il y a toujours place à l'amélioration!

    Grandes félicitations aux équipes de pompiers ainsi que de la protection civile pour leurs travaux, leurs soutients et... chose importantes: leur solidarité... versus l'entente signé entre municipalités de la Mitis pour un soutient mutuel en cas de situations urgentes nécéssitant une intervention "collective"... Chapeau!
    Et j'aimerais rappeller ici les critiques émisent par un certain nombre de contribuables, concernant les investissements importants sur les services de sécurités (incendies / protection civile ) depuis quelques années: comme vous pouvez le constater, ce n'était pas de "mauvais placements", et surtout, rappellons-nous que des phénomènes semblables seront éventuellement de plus en plus fréquent... tant que les efforts pour combattre les changements climatiques mondiaux resteront comme quelque chose de... secondaire...

    Daniel Bérub
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