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    Cancún - Chacun pour soi

    Après une première semaine de discussions entre experts, c'est aujourd'hui que débutent les négociations sérieuses entre les représentants des 194 pays réunis à Cancún pour la 16e conférence des Nations unies sur le climat. Contrairement à Copenhague, personne n'entretient l'espoir d'un accord historique. Pour cause, puisque chacun reste campé sur ses positions, seulement préoccupé d'enjeux à court terme.

    Le Canada, le Japon et la Russie n'ont pas attendu l'arrivée de leurs ministres respectifs pour exprimer leur opposition à toute forme d'accord qui prolongerait les engagements du protocole de Kyoto au-delà de 2012. Dès la semaine dernière, ces trois pays ont fait savoir que tout nouvel accord devrait aussi inclure des objectifs contraignants pour les pays en développement, telle la Chine qui est devenue la première émettrice de gaz à effet de serre de la planète.

    De leur côté, les États-Unis exigent aussi que les milliards qui seront transférés sous forme d'aide à la transition des pays du Nord vers ceux du Sud soient gérés par une autre organisation que l'ONU — la Banque mondiale, par exemple — et soumis à des contrôles extérieurs.

    Or, le groupe des 77 pays en développement, auquel appartiennent la Chine et l'Inde, refuse depuis toujours d'être soumis à des engagements contraignants. Encore moins à des contrôles externes! Seuls les pays riches doivent être tenus responsables du réchauffement climatique causé par leurs pratiques depuis 200 ans.

    L'an dernier, l'élection de Barack Obama avait fait naître l'espoir d'un dialogue plus ouvert. Malheureusement, malgré plusieurs tentatives de rapprochement, tout le monde est resté sur ses positions. Depuis la victoire républicaine à la Chambre des représentants, le scénario est redevenu aussi déprimant que sous le règne de George W. Bush.

    De ce côté-ci de la frontière, ce revirement de situation est venu conforter le gouvernement Harper dans sa tentative d'empêcher la reconduction d'un protocole international contraignant qu'il n'a jamais eu l'intention de respecter, de toute façon.

    Il n'y a pas que les environnementalistes pour exprimer leur pessimisme en ce début de semaine de négociations politiques à Cancún. Un signe très évident du peu d'espoir d'en arriver à une entente est l'absence quasi totale de chefs d'État, premiers ministres et présidents confondus.

    Pour le Canada, c'est le ministre de l'Environnement, John Baird, qui est présent à Cancún. Et hier, avant son départ d'Ottawa, M. Baird a réitéré le credo conservateur avec une conviction visiblement renforcée par la perspective d'un échec des négociations. Le Canada fait déjà beaucoup pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, a-t-il dit. Pourtant, toutes les données prouvent que notre pays n'a pratiquement rien fait. À tel point que même l'industrie pétrolière se plaint de l'absence d'objectifs clairs pour planifier les investissements qui seront nécessaires à moyen terme.

    À moins d'un revirement de situation bien improbable, tout porte à croire que cette semaine se terminera comme elle a commencé sur les plages de Cancún: sous un soleil radieux! Pour le reste, il faut se rendre à l'évidence: le monde traverse une ère de protectionnisme économique prononcée dont l'environnement, la sécurité et la guerre des devises ne sont que les champs de mines les plus évidents.

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    j-rsansfacon@ledevoir.com
     
     
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