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Climat - La Chine tente un compromis à Cancún

L'annonce de nouvelles réductions de GES serait reportée d'un an, à la conférence de Durban

Conférence de Cancún<br />
Photo : Agence Reuters
Conférence de Cancún
Le Devoir à Cancún - Profitant de l'arrivée d'une quarantaine de ministres de l'Environnement à la conférence de Cancún, la Chine a avancé hier un compromis politique pour tenter de briser la «prise en otage» du protocole de Kyoto et le blocage des négociations par le Japon et ses alliés canadiens, russes et australiens.

Le chef de la délégation chinoise, Su Wei, a déclaré hier à Cancún à l'agence Bloomberg que la Chine serait prête à accepter que les pays industrialisés n'annoncent pas de nouvelles réductions de gaz à effet de serre (GES) cette année s'ils prennent l'engagement formel de le faire l'an prochain à la conférence de Durban en Afrique du Sud.

La Chine, comme beaucoup de pays du G77 qui regroupe les pays en développement, est inquiète du blocage politique des négociations de Cancún depuis l'annonce par le Japon que ce pays ne s'engagerait pas dans un nouveau plan de réductions après 2012.

Ce blocage, que la présidente de la conférence, Christina Figueres, a assimilé à une «prise en otage de Kyoto» hier, se situe essentiellement au niveau politique. En effet, entre-temps, les échanges diplomatiques se poursuivent, et la présidente Figueres a présenté aux 40 ministres samedi soir, lors d'un souper diplomatique, les deux textes sur lesquels elle entend faire travailler tout le monde dans la semaine qui vient. L'un est rédigé comme un prolongement de la convention de Rio sur le climat, qui engage les États-Unis. L'autre porte sur la poursuite du protocole de Kyoto après 2012. Pour la présidente de la commission, les deux voies sont ouvertes et ne s'excluent pas.

Elle s'est par ailleurs engagée à ne pas lancer de proposition venue de nulle part, comme l'avait été l'an dernier l'Entente de Copenhague, qui avait fait fi des mois de préparation par l'ensemble de la communauté internationale.

La proposition de la Chine renvoie la balle dans le camp des quatre pays dissidents de Kyoto, le Japon, le Canada, la Russie et l'Australie, qui risquent de devoir assumer la responsabilité d'une rupture sans précédent entre le Nord et le Sud. Les pays en développement, comme le soulignaient hier plusieurs pays d'Amérique latine, n'accepteront pas de s'engager activement dans un plan de réductions si les 36 pays liés par des plans de réduction en vertu de Kyoto n'augmentent pas leurs efforts pour la période 2012-2020.

Pour la nouvelle bande des quatre dissidents de Kyoto, il faut en venir à un traité unique dans lequel tout le monde prendrait des engagements.

Cela équivaut à biffer de la Convention sur les changements climatiques, signée à Rio en 1990, le principe de la «responsabilité commune mais différenciée». Ce principe a été repris dans le protocole de Kyoto. C'est ce qui explique que seulement 36 des 190 pays qui ont ratifié Kyoto se soient engagés juridiquement, dont le Canada, à réduire leurs émissions globales de 5 % de 2008 à 2012. Ces pays rejettent ensemble 30 % des émissions d'origine humaine.

Ce pourcentage peut sembler faible, et il l'est. Mais il apparaissait comme un objectif ambitieux en 1997 à Kyoto, car les États-Unis adhéraient alors au protocole. Ils ajoutaient ainsi leurs émissions, qui correspondent à environ 25 % du total général.

La Chine, qui rejette un peu plus de GES que les États-Unis depuis deux ans, refuse de se lier de son côté à un traité contraignant, car elle estime, comme les pays en développement, qu'elle a eu un faible impact historique sur le développement du réchauffement climatique et qu'elle aussi a le droit de se développer.

Des pays discrets

Les États-Unis font présentement peu de vagues à Cancún. Leur discrétion est d'autant plus de mise que leur position traditionnelle, soit de voir les pays émergents se lier en priorité à un plan de réductions contraignantes, est maintenant défendue par d'autres, comme le Japon et le Canada.

De son côté, l'Union européenne se fait aussi discrète pour l'instant et en appelle à l'esprit de coopération. Elle n'élimine, comme à Copenhague, aucune hypothèse pour débloquer une impasse qui dure en réalité depuis plusieurs années. Mais elle doit y aller doucement, car ses nombreux alliés dans les pays en développement exigent le prolongement de Kyoto. L'Europe, pour sa part, serait prête à s'engager sous Kyoto ou en vertu d'un autre traité dans la mesure où il permettrait de stabiliser la hausse du climat.

Pour les groupes écologistes, expliquait hier Patrick Bonin, de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, on assiste à une surenchère à la baisse. On a coupé, dit-il, toute référence dans les textes soumis aux ministres à l'objectif plus ambitieux de stabilisation du climat autour de 1,5 °C. Tous les textes sont muets sur le fait qu'il faut atteindre des émissions globales maximales de 44 milliards de tonnes en 2020 pour stabiliser le climat à 2 °C. Et on ne fait plus une seule référence à des réductions globales de 25 à 40 % en dessous du niveau de 1990, soit la cible définie par les scientifiques pour stabiliser le climat.

Du côté québécois, on notait hier l'arrivée du premier ministre Jean Charest et de son ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand.
Conférence de Cancún<br />
Une manifestante contre la déforestation, hier, à Cancún<br />
 
 
 
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  • Richard Larouche - Inscrit
    6 décembre 2010 06 h 48
    Mieux que le Canada...
    Cette prise de position de la Chine est insuffisante, mais c'est quand même mieux que l'attitude de sabotage du pétro-gouvernement canadian et de ses trois complices.
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  • Yvan Dutil - Inscrit
    6 décembre 2010 07 h 09
    La Chine pense plus loin que le bout de son nez.
    Il semble que la Chine, contrairement à la plupart des pays du monde, a beaucoup de scientifiques et d'ingénieurs dans les cercles du pouvoir. Cela a pour conséquence que bien des décisions sont guidées par la raison, plutôt que pas les lobbys. D'autre part, la Chine millénaire a naturellement une facilité culturelle plus grande à penser à long terme. Ces simples faits font qu'elle est capable de prendre des décisions qui ne sont pas une constante gestion de la panique. Ainsi, la Chine investit massivement dans les énergies renouvelables avec un budget qui est le double de celui des États-Unis.

    Si la Chine est un gros pollueur, ce n'est pas de gaité de coeur, car elle en est la première victime.
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  • Daniel Berube - Abonné
    6 décembre 2010 12 h 10
    Sceptique...
    Oui, et il est difficile d'être autrement...

    Tant et aussi longtemps que le tout sera "scruté" d'un oeil capitaliste, n'espérons pas grand changement, car le contexte environnemental est contre le capitalisme, et il est presque impossible de mettre les deux dans le même panier sans qu'il n'y ait de chicanne...

    Le pays qui entreprendra les démarches les plus efficaces devra faire face a des conséquences négatives pour un certain laps de temps, car les investissements faient pour contrer les effets polluants de l'industrialisation représenteront des coûts auquels les pays non participants n'auront pas à faire face, donc: rentabilité supérieur de ses marchés = investisseurs satisfaits... en d'autres termes, le capitaliste veut tuer la poule, et profiter de ce qu'elle peut rapporter immédiatement; l'environnementaliste veut conserver l'oeuf, le mettre en incubateur pour avoir une nouvelle productrice d'oeufs pour lui est les générations à venir. Le mot d'ordre du capitaliste face aux générations à venir est: J'ai réussi a me débrouillé, qu'ils se débrouillent eux autres aussi... Ouais... peut-être serait-il a prendre en considération que les problèmes ne sont pas tout à fait du même ordre...

    Attendons-nous a voir changer le canada quand les coûts d'impacts environnementaux seront supérieur aux coûts nécessaires pour résoudre le dit problème environnemental; ce qui rend l'efficacité difficile à mettre en place: le capitalisme / politique voit à court terme / l'environnement du peuple voit à long terme...
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  • Fernand Trudel - Abonné
    6 décembre 2010 19 h 11
    Quand on arrêtera la facture ???
    Le Canada a assez gaspillé de nos taxes dans un mythe anthropique qui est si marginal et dont les actions sont dispendieuses sans espoirs de succès.

    Comment croire que 0.0387 % de l'atmosphère dirige le 99.9613% de l'air de la planète. Et encore l'homme est responsable que d'une fraction de ce 0.0387 % et on lui demande de dépenser des milliers de milliards pour éliminer 6% de cette infime influence. Ouù on est tombé sur la tête, où le party "around the world" continue allant de Copenhague à Cancun vers Rio en 2012. C'est risible mais nous les payeurs de taxes ont en fait les frais.

    L'Europe a voulu donner l'exemple et s'est empêtré dans les déficits astronomiques sans précédents. Le Canada a une position raisonnable actuellement, le party vert est fini...

    Au de gaspiller des fonds monétaires à lutter contre ce que nous ne contrôlerons jamais, pourquoi pas essayer de sauver les humains qui crèvent de faim, de manque d'eau potable, de manque de soins adéquats intensifiant les épidémies (exemple: le Choléra à Haïti et le SIDA en Afrique) larvées par un manque évidents d'hygiène. Ces milliards seraient plus utiles à ces causes que de lutter contre les océans, le soleil, le vent, les volcans et les tremblements de terre. On doit les subir baisse de CO2 ou pas...
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  • SusanK - Abonné
    6 décembre 2010 19 h 39
    Et la surpopulation?
    Tant et aussi longtemps que le problème de l'accroissement de la population ou la surpopulation de la planète n'est pas adressé, ça ne donne rien d'adresser les GES, l'industrialisation etc.

    Il faut s'attaquer à la base.

    Avant, j'étais comme plusieurs, une victime du discours 'vert'. Ce n'est que lorsque j'ai réalisé les coûts reliés à une immigration de plus en plus importante et comment cette immigration pollue quatre fois plus que le Canadien d'origine, je me suis alors réveillée.

    On ne diminue pas notre empreinte écologique en produisant de plus en plus d'enfants comme les pays en développement le font actuellement. Pensez-y!
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  • Raymond T - Inscrit
    6 décembre 2010 21 h 48
    Les pays dévelopés ont aussi le droit de maintenir leur standard de vie
    Le refus de la Chine de réduire ses émisssions de GES de crainte de nuire à son developement montre bien que les couts de réduire les GES sont élevés et que pour la Chine le dévelopement économique est plus important que les conséquences hypothétique d'un réchauffement catastrophique. Si les dirigeants chinois pensaient variment qu'un réchauffement catastrophique était une vraie menace ils réduiraient leur GES quelque soient les émissions des autres pays. La Chine investit massivement dans les énergies renouvelables pour pouvoir vendre des éoliennes et panneaux solaires aux pays dévelopés et aussi parce qu'elle manque de resources. La Chine n'as pas de dettes comme les pays dévelopés et d'ailleurs son économie n'est pas celle de libre marché. Le livre de Roger Pielke Jr (Climate Fix) décrit bien la difficulté de réduire les GES sans nuire à l'économie.
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  • P. Boutet - Abonné
    6 décembre 2010 23 h 23
    J'acquiesse
    J'endosse l'opinion de monsieur Yvan Dutil à la différence près que la Chine a rejoint l'Organisation Mondiale du Commerce et son développement est désormais basé sur le capitalisme. Selon moi la croissance continue que nécessite le capitalisme est en opposition avec les écosystèmes qui sont, eux, en équilibre.

    Ce pays demeure intéressant à regarder aller.

    À une question demandant à un haut placé chinois concernant son opinion sur la démocratie, il aurait répondu: Il est difficile de répondre à cette question...ça ne fait pas assez longtemps que ça existe!

    Si tant est qu'elle ait déjà commencé à vraiment exister!
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