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    Climat - Un bras de fer entre Washington et Pékin est prévisible à Cancun

    25 novembre 2010 |Agence Reuters - Reuters | Actualités sur l'environnement
    La Chine a reconnu cette semaine être le plus important producteur de GES.<br />
    Photo: Agence Reuters La Chine a reconnu cette semaine être le plus important producteur de GES.
    Oslo — La communauté internationale, qui se réunira du 29 novembre au 10 décembre à Cancun pour débattre du changement climatique, cherchera à éviter que cette conférence de l'ONU soit paralysée par le bras de fer entre la Chine et les États-Unis, les deux plus gros pollueurs.

    La plupart des pays participants nourrissent peu d'espoirs quant au succès de cette conférence des ministres de l'Environnement dans la station balnéaire mexicaine depuis l'incapacité du sommet de Copenhague, l'an dernier, à produire un traité pour lutter contre le réchauffement de la planète.

    La conférence de Cancun servira de test à la faculté des Nations unies de réconcilier les intérêts de la Chine et des États-Unis, les deux puissances qui émettent le plus de gaz à effets de serre (GES), avec ceux des 192 autres participants, qui disposent tous d'un droit de veto.

    «Nous devrons prendre quelques mesures pour avancer, ou les gens vont perdre foi dans le système des Nations unies», souligne Rajendra Pachauri, chef de la commission des spécialistes climatiques de l'ONU.

    «Je suis un peu déprimé au sujet de Cancun», confie l'ancien vice-président américain Al Gore, militant écologiste de premier plan. «Le problème ne s'éloigne pas, il a plutôt tendance à s'aggraver», ajoute celui qui a partagé en 2007 le prix Nobel de la paix avec le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) pour leur contribution commune à la lutte contre le réchauffement climatique.

    Les négociateurs de Cancun s'efforceront de s'entendre sur des blocs d'accord» par exemple un fonds vert pour canaliser l'aide vers les pays pauvres, un mécanisme pour partager les nouvelles technologies énergétiques dites propres et une entente sur la protection des forêts tropicales, qui absorbent les GES.

    Les espoirs d'un accord global contraignant se sont évanouis en partie en raison de l'incapacité de Washington et de Pékin au cours de cette année de s'entendre sur de nouvelles actions et des réticences du Sénat américain de ratifier un traité dans les années qui viennent.

    «Il y a une impasse totale aux États-Unis, ce qui veut dire que la Chine ne va pas faire de geste», prédit Johan Rockstrom, directeur de l'Institut d'Environnement de Stockholm. Une telle inaction augmente les risques de changement climatiques abrupts comme la fonte de la calotte polaire ou du permafrost.

    Le monde a conclu l'actuelle convention des Nations unies sur le climat en 1992. Mais, pour l'actualiser, la Chine estime que le président Barack Obama doit aller au-delà de sa proposition de réduire d'ici 2020 les émissions de GES de 17 % de moins que leurs niveaux de 2005. Washington rétorque que la Chine doit, elle, durcir son plan «volontaire» de réduction d'émissions de carbone de 40 % à 45 % d'ici à 2020, par rapport à 2005. Ce bras de fer éclipse les autres sujets de tension entre pays riches et pauvres.

    Pour Alden Meyer, de l'Union des savants concernés, le monde a sous-estimé les obstacles aux États-Unis, où Barack Obama risque de perdre en 2012 sa majorité démocrate au Sénat, même s'il est réélu. Pour ratifier un traité international, il faut le vote de 67 sénateurs sur 100. «C'est probable que ce sera plus dur encore après 2012.»

    Un niveau sans précédent

    Tous les pays industriels, sauf les États-Unis, soutiennent le Protocole de Kyoto, qui prévoit de réduire avant 2008-12 de 5,2 % les niveaux d'émission de CO2 par rapport à 1990. Avant l'échéance de la fin 2012, ils devront décider quelle suite à donner au Protocole. Beaucoup d'espoirs reposent maintenant sur un accord au Sommet de la Terre prévu à Rio de Janeiro en 2012.

    Soulignant l'urgence d'une action résolue, l'Organisation météorogique mondiale a annoncé hier que les concentrations des principaux GES dans l'atmosphère ont atteint leur niveau le plus élevé depuis l'aube de l'Ere industrielle.

    Les concentrations de dioxyde de carbone, de méthane et de protoxyde d'azote ont continué d'augmenter en 2009 — dernière année d'observation prise en compte — malgré la crise économique mondiale, a souligné l'OMM, qui dépend de l'ONU, dans son dernier bulletin sur les GES. L'augmentation des quantités de GES dans l'atmosphère y provoque une hausse des radiations, ce qui réchauffe la surface de la Terre et provoque des changements climatiques.

    Il faudra un siècle environ pour que le CO2 disparaisse de l'atmosphère en cas d'arrêt total des émissions de GES.












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